Germinal a été publié à l’origine sous forme de roman-feuilleton de novembre 1884 à février 1885. Il a sera publié dans son intégralité en mars 1885. Ce roman est le treizième des vingt romans de la série Les Rougon-Macquart, qui se concentre sur l’influence de l’hérédité dans deux branches d’une famille sous le Second Empire.
Considéré comme l’un des meilleurs romans de Zola, le livre étudie la façon dont les gens sont le produit à la fois de forces intérieures et de leur environnement. Le roman se déroule dans une ville fictive du nord de la France, Montsou, et suit le voyage d’Étienne Lantier. Étienne est un jeune mineur de charbon qui mène ses « camarades » dans une grève contre la « Compagnie » oppressive, dont le style de vie luxueux des actionnaires est rendu possible par le travail éreintant des pauvres.
Tout au long de Germinal, Zola utilise la métaphore du printemps et de la croissance pour représenter la prise de conscience progressive du peuple. En offrant des exemples d’avidité et d’altruisme, de bravoure et d’ambition, le roman crée une image de l’esprit humain indomptable. Suivez-nous à travers ce résumé et cette analyse !
Résumé court de Germinal
Comme le note Dominique Jullien, traductrice, Germinal tente de s’élever au-dessus des conditions de vie misérables et immédiates des ouvriers et de leur offrir l’occasion d’assumer des rôles sociaux et politiques pour offrir une meilleure vision de l’avenir. Bien que la mine échoue et que les ouvriers se trouvent dans une situation pire qu’avant, le sens accru de la conscience qu’ils acquièrent de leur travail leur inculque une éthique de la politique. Zola suit Etienne, un jeune travailleur migrant qui arrive à Montsou et conduit les mineurs à faire grève. Sa colère et son égoïsme accru lorsqu’il devient le chef de la résistance conduisent à sa chute.
Il se rapproche des Maheus, une famille composée de Maheu (le père), Maheude (la mère), Bonnemort (le grand-père) et de sept enfants vivant dans la colonie de la fosse. Il développe une attirance passionnée mais maladroite pour la fille aînée des Maheus, Catherine. L’échec de la grève, prolongée et sanglante, laisse la colonie dans un état de désespoir.
Maheu et deux de leurs enfants meurent en chemin. La colonie s’effondre et Souvarine, un mécanicien et anarchiste russe avec qui Étienne se lie d’amitié, sabote l’entrée de la fosse et laisse Étienne et sa compagnie sous terre. Tandis qu’Étienne s’échappe, Catherine meurt. Étienne finit par quitter la colonie et se rend à Paris pour rejoindre Pluchart, un membre haut placé d’un syndicat international de travailleurs qui lutte pour des causes socialistes.
Résumé long de Germinal
Partie 1
L’histoire s’ouvre sur un ciel sombre sans étoiles. Le protagoniste, Étienne Lantier, marche de Marchiennes à Montsou, la ville fictive où se déroulent les principaux événements de l’histoire. Il marche toute la nuit dans un froid glacial, et tombe sur trois poêles allumés en plein air. Il hésite d’abord, mais ne peut résister au besoin de se réchauffer les mains un instant. En s’approchant de la lumière, il se rend compte qu’elle se trouve dans une fosse de mine. Il voit des ouvriers et croise un vieil homme à qui il demande s’il y a du travail pour un mécanicien comme lui. L’homme répond qu’il n’y en a pas. Mais qu’il y a une colonie près de la fosse, qui s’appelle Voreux.
Le vieil homme se plaint des difficultés dans la mine, qui quelques années plus tôt était en plein essor. Il se présente formellement sous le nom de Bonnemort. Il travaille à la mine depuis l’âge de huit ans (il en a maintenant cinquante-huit), comme trameur, puis comme ferrailleur, et comme piquier. En raison de son âge avancé et de sa santé déclinante, il a été affecté au remblayage. Il tousse soudainement violemment puis crache les morceaux de résidus de charbon qui s’accumulent dans son poumon depuis des années.
Zola décrit ensuite les Maheu et leurs sept enfants. Zacharie, l’aîné, Jeanlin, Lénore et Henri, Catherine, Alzire, et Estelle. Ils vivent avec leur grand-père, Bonnemort, et leurs parents Maheu et Maheude.
Etienne descend de la plateforme et entre dans le Voreux pour demander du travail. Monsieur Dansaert, le capitaine en chef de la fosse, affecte Etienne à l’équipe de Maheu, qui se compose de Maheu lui-même et de ses piquiers : Zacharie, Levaque et Chaval. Catherine roule le charbon et fait également partie de l’équipe. Etienne trouve le travail difficile. Les mines sont sombres et humides, et la longue descente terrifiante.
Après une longue journée de travail, tous remontent à la surface. Une partie des membres partent au Volcan, un café-concert de Montsou. Catherine propose à son père d’emmener Etienne à l’auberge-taverne A l’Avantage. Après quelques échanges, Rassaneur, le propriétaire de l’auberge, prête à Etienne une chambre et deux semaines de crédit.
Rassaneur est un ancien mineur, licencié trois ans auparavant à cause d’une tentative de grève.
Partie 2
La famille Grégoire se compose de Monsieur et Madame Grégoire et de leur fille Cécile. Leur fortune, environ quarante mille francs par an, est entièrement investie dans une action des mines de Montsou. L’origine de cette fortune remonte à la création même de la Compagnie. Les Grégoire vivent une existence bien réglée. Les quarante mille francs sont dépensés tranquillement. Les parents satisfont tous les caprices de Cécile et la comblent d’affection.
Au dîner, ils sont rejoints par Monsieur Deneulin, un cousin de Monsieur Grégoire. Deneulin a hérité d’un denier dans les mines de Montsou. Néanmoins, il n’est pas doué pour la gestion de l’argent et demande un prêt à Grégoire. En voyant les visages troublés des Grégoire face à cette demande, il fait mine de plaisanter. Madame Grégoire révèle également que Négrel, le neveu de M. Hennebeau (directeur de la mine de Veroux), est sur le point d’épouser Cécile.
De leur côté, les Maheus se réveillent pour prendre leur maigre petit-déjeuner et partent au travail. Maheude part avec Lénore et Henri chez Maigrat, qui possède une épicerie. Maigrat était autrefois contremaître au Voreux. La clientèle considérable des colonies lui a permis de vendre moins cher et d’accorder des crédits plus longs.
Maheude vient lui demander plus de crédit et explique que la grève l’a empêchée de rembourser le crédit précédent. Maigrat refuse. Maheude s’en va furieuse et va retrouver les Grégoire.
Cécile offre à Henri et à Lénore une brioche, et Maheude retourne chez Maigrat. Elle le supplie avec tant d’insistance qu’elle finit par emporter du pain, du café, du beurre et même une pièce de cinq francs.
Plus tard dans la journée, tandis que Maheude fait des courses et bavarde avec d’autres femmes, Madame Hennebeau amène des visiteurs au coron. M. Hennebeau les emmène ensuite chez les Maheus. Alzire a rangé les lieux. Les visiteurs, bien que mal à l’aise, offrent des compliments à Maheude et à ses enfants. Trois heures sonnent. Les ouvriers se mettent en route et rentrent chez eux.
Après avoir déposé Etienne chez Rasseneur, Maheu rentre chez lui.
Chez Rasseneur, Etienne entre dans la petite chambre sous le toit. Il est accablé de fatigue, s’endort et se réveille dans la pénombre. Il sort prendre l’air et se promène au hasard dans le hameau. Là, il voit Zacharie demander de l’argent à sa maîtresse Philomène pour le dépenser au Volcan. Philomène lui donne de l’argent en échange d’une promesse de mariage.
Etienne tombe alors sur le Réquillart, où rôdent toutes les filles de Montsou avec leurs amants. C’est le rendez-vous commun, le lieu reculé et désert où les brigands viennent faire l’amour. Un gardien du nom de Moque vit également au Réquillart avec sa famille. Catherine et Chaval viennent aussi à Réquillart, mais Catherine hésite et résiste. Elle se hâte de reprendre le chemin du village. Chaval continue de tenter de la charmer. Ils finissent par se rendre à la boutique de Maigrat pour acheter le bonnet de Catherine. Les voir ensemble rend Maigrat furieux.
Partie 3
Le lendemain et les jours suivants, Etienne continue son travail à la fosse. Il s’y habitue et sa vie se règle sur ce travail qui lui paraissait d’abord si dur. Comme ses camarades, il se lève à trois heures, boit son café et emporte le déjeuner que lui prépare Madame Rassenuer. Maheu tient Etienne en haute estime et le respecte pour le travail qu’il fait. Il y a d’abord une certaine rivalité entre Zacharie et Etienne, mais le premier est vite apaisé par l’amitié du second. Levaque est aussi en bons termes avec Etienne. Le seul envers qui Etienne éprouve une profonde hostilité, c’est Chaval.
Catherine travaille, soumise à Chaval dont elle reçoit maintenant ouvertement les caresses. Le printemps arrive et Etienne ne surprend plus les amants lors de ses longues promenades. Chaque soir, quand l’auberge se vide, Etienne reste pour discuter avec Souvarine, un émigré russe, mécanicien à la mine. Rassenuer, Etienne et Souvarine discutent de nouveaux avenirs possibles : augmentation des salaires, révolutions, anarchie et syndicats. Absorbé par le besoin de savoir, Etienne emprunte un livre français sur les sociétés coopératives et lit régulièrement un journal auquel Souvarine est abonné, Combat, une revue anarchiste publiée à Genève.
Les mois passent. Le dernier dimanche de juillet, la colonie célèbre la fête de Montsou. Peu à peu le village se vide. Il ne reste que les mères pour s’occuper des enfants.
Maheu, Rassenuer et Etienne conversent à l’auberge. Etienne donne de longues explications à Maheu sur la nécessité pour les mineurs de Montsou de créer une Caisse de Prévoyance. Chaval et Catherine se promènent et profitent de la foire. Le soir, la foire se termine dans la salle de bal du Bon-Joyeux. On y danse de cinq heures du soir jusqu’au petit matin.
Les Maheus apprennent que Zacharie et Philomène se marient et emménagent ensemble. Maheude décide de prendre Etienne comme locataire, tandis qu’Etienne lui-même cherche à convaincre Pierron de créer une Caisse de Prévoyance. Vers la mi-août, Etienne s’installe chez les Maheus. Il se sent d’abord gêné par la présence de Catherine. Il doit s’habiller et se déshabiller près d’elle, et la voir se déshabiller. Au bout du premier mois, Etienne et Catherine semblent ne plus se voir lorsque le soir, avant de souffler la bougie, ils circulent dans la chambre, dévêtus. Ils s’habituent l’un à l’autre.
C’est à ce moment qu’Etienne commence à comprendre les idées qui bourdonnent dans son cerveau à propos de la révolution. Il lit des livres empruntés à Souvarine. Il éprouve une certaine fierté maintenant lorsqu’il se sent penser. Chaque soir, Etienne parle avec passion aux Maheu de l’injustice et de la nécessité de la révolte. Au début, Maheude refuse de l’écouter. Mais peu à peu, le charme de l’espoir et du changement agit sur elle aussi.
Au cours de ces conversations, les voisins interviennent également, dont les Levaque et les Pierron. Chaval dégage une certaine jalousie inavouée, une peur de se faire voler Catherine. L’influence d’Etienne augmente, et peu à peu il révolutionne toute la colonie. En septembre, il crée sa Caisse de Prévoyance. Il est nommé secrétaire et reçoit un petit salaire pour ses services de commis. Etienne commence à devenir plus raffiné.
La Compagnie annonce qu’elle appliquera un nouveau mode de paiement pour l’extraction du charbon. Elle paiera le bois séparément, et le prix du tonneau de charbon diminuera naturellement. En d’autres termes, le paiement global diminuera. Maheu et ses collègues mineurs se rendent vite compte qu’ils ne pourront jamais compenser les dix centimes prélevés sur le wagonnet de charbon. Lorsque Maheu va toucher son paiement, le commis lui dit que le secrétaire général désire le voir. Le secrétaire lui reproche de s’être mêlé de politique. Maheu part furieux après avoir tenté en vain de convaincre le secrétaire de ses intentions bienveillantes. Maheu rapporte une maigre paye et Maheude pleure. Les Levaque sont furieux de la baisse de salaire. Le soir, à l’Avantage, la grève est décidée.
Une semaine se passe. Un jour au travail, alors que Jeanlin tente de pousser son train dans la mine, un glissement de terrain l’engloutit. Jeanlin est sous les décombres. On n’entend pas un souffle. De chaque côté, un groupe de mineurs attaque le glissement de terrain avec une pioche et une pelle. Ils creusent, trempés de sueur. On retrouve Jeanlin inconscient, les deux jambes cassées et respirant encore. Un mineur fait venir un médecin et Jeanlin est placé dans la chambre du capitaine.
Trois semaines passent et le médecin trouve possible d’éviter l’amputation. Jeanlin garde ses deux jambes mais reste boiteux. Après enquête, la Compagnie donne cinquante francs. Chaval quitte brusquement le Voreux et trouve du travail à Jean-Bart, la mine de M. Deneulin. Catherine le suit comme ferrailleuse. Ils continuent cependant à vivre à Montsou.
Partie 4
Ce lundi-là, les Hennebeau invitent les Grégoire à déjeuner. Négrel prévoit d’emmener les dames à la mine de Saint-Thomas. C’est un prétexte, car le déjeuner et le voyage à la mine sont le plan de Madame Hennebeau pour hâter le mariage de Cécile et de Paul. Mais la grève éclate le même jour. M. Hennebeau tente de convaincre sa femme d’annuler le déjeuner, mais sans succès.
Bien que les Hennebeau soient mariés depuis de nombreuses années, une irritation croissante a détaché Madame Hennebeau de son mari, qui ne gagne difficilement qu’un petit salaire. Paul Negrel, le neveu de M. Hennebeau, travaille comme ingénieur à Voreux. M. Hennebeau soupçonne que Negrel et sa femme ont une liaison (il s’avère qu’ils en ont une, mais M. Hennebeau ne trouve de preuves concrètes que plus tard dans l’histoire).
Les Grégoire arrivent, M. Grégoire étant déjà au courant de la grève et plutôt indifférent à celle-ci. Un Deneulin affligé arrive également chez les Hennebeau et est invité à rester pour le déjeuner. Les invités et les hôtes rient, et tentent globalement de garder la conversation loin du sujet de la grève. Les hommes commencent à parler des salaires et de la lente croissance des affaires.
Hennebeau pense que les hommes seront de retour dans quelques jours et que la Caisse de Prévoyance ne leur suffira pas longtemps. Sa seule inquiétude, c’est sa propre disgrâce si les directeurs lui imputent la responsabilité de la grève. Depuis quelque temps, il a le sentiment de perdre de sa popularité. Un groupe de délégués représentant les grévistes frappe à la porte. Hennebeau dit à la femme de chambre de les conduire au salon.
La veille, Etienne avait réussi à recruter Maheu et à en faire le porte-parole de la délégation, au grand dam de Maheude. En sortant, ils appellent Pierron et Levaque et avec une délégation de vingt personnes, ils se dirigent vers la maison d’Hennebeau. Lorsqu’ils arrivent chez lui et entrent dans le salon, il y a d’abord un moment de silence. Maheu décrit la misère qui leur est commune à tous. Il exige une augmentation des salaires. Hennebeau refuse, et après une confusion où tous parlent en même temps, Etienne prend la parole. A partir de ce moment, la lutte continue entre M. Hennebeau et Etienne comme si les autres mineurs n’étaient plus là. Hennebeau dit avoir les mains liées. Il parle d’une force cachée (les investisseurs de Paris) derrière lui qui lui donne les ordres. Le débat ne sert à rien. Les mineurs s’en vont, accablés de découragement.
Quinze jours passent. Le lundi de la troisième semaine, les listes envoyées aux directeurs montrent une nouvelle diminution du nombre des mineurs descendus. Cela surprend les directeurs. Le Voreux, Crèvecœur, Mirou et Madeleine sont tous fermés. L’obstination des mineurs du Voreux se répand ailleurs et inspire une grève générale. Etienne a déjà divisé la Caisse de Prévoyance, et toutes les ressources de la colonie sont épuisées. Les mineurs n’ont plus d’argent pour soutenir la grève. Étienne devient le chef incontesté. Il passe ses nuits à lire et reçoit un nombre croissant de lettres. Sa popularité ne cesse de croître à mesure que la grève se poursuit.
Un jour, Catherine se présente chez les Maheu. Sa mère commence immédiatement à l’insulter. Elle se défend en disant que Chaval est violent, et qu’elle a dû se plier à ses exigences. Chaval entre et donne un coup de pied à Catherine, en l’accusant d’être revenue à la maison pour coucher avec Étienne. Finalement, il attrape Catherine par le poignet et tente de la faire sortir. Après une confrontation avec Étienne, Catherine convainc Chaval de partir.
Le jeudi suivant, une réunion privée est organisée au Bon-Joyeux par les grévistes pour recevoir Pluchart, un syndicaliste. Une dispute éclate entre Etienne et Rasseneur, ce dernier déclarant qu’Etienne devient beaucoup trop radical. Etienne accuse Rasseneur d’être jaloux de lui. Rasseneur riposte : tout ce qu’Etienne veut, c’est être à la tête de la grève.
Pluchart arrive dans l’après-midi. Rasseneur tente de convaincre les mineurs de la misère que la poursuite de la grève entraînera et s’en prend à l’Association internationale des travailleurs (que Pluchart représente). Pluchart se lève alors pour prononcer un discours sur la révolution et la libération, qui excite les grévistes encore plus que celui de Rasseneur. La veuve Désiré (à qui appartient le Bon-Joyeux) entre en criant que des gendarmes viennent disperser la réunion. Les gendarmes tentent de défoncer la porte, mais la veuve parvient à la maintenir fermée assez longtemps pour que les mineurs puissent s’échapper par une ruelle. Le commissaire part pour préparer un rapport.
Pluchart part et envoie quatre mille francs pour soutenir les grévistes. Deux semaines passent encore, et janvier apporte des vents impitoyables. Etienne fait fréquemment des promenades autour de la colonie.
Jeanlin est maintenant en bonne santé et peut marcher. Avec ses amis Bébert et Lydie, il terrorise la campagne et pille les champs d’oignons, les vergers et les magasins. Les gens commencent à accuser les mineurs en grève. Un jour, Jeanlin oblige Lydie à voler sa mère.
Etienne revient à Réquillart et voit Jeanlin disparaître dans un trou. À son insu, Etienne le suit. Il atteint une partie de la galerie souterraine parfaitement conservée. Le fond est transformé en une confortable demeure, avec un tas de foin servant de canapé moelleux, une table, des pommes de terre, du pain et même du gin. Étienne surprend Jeanlin, qui lui demande de se joindre à lui pour le dîner. Après un dîner copieux, Étienne part en promenade et rencontre une Catherine affligée.
Près de trois mille mineurs se rassemblent dans la clairière. Une querelle éclate. Rasseneur veut procéder à l’élection des officiers. Maheu étouffe les protestations de Rasseneur, et Etienne soulève la foule, assumant moins un rôle de secrétaire que celui de chef. Etienne n’a pas la capacité naturelle de Rasseneur à parler. Il est faible avec les mots et fait sans cesse appel aux bas salaires, à la justice, à l’esclavage et à d’obscures questions de droit. Malgré tout, les acclamations de la foule lui parviennent des profondeurs de la forêt.
Rasseneur tente de parler, mais la foule refuse de l’entendre. Etienne prêche et la présence de Catherine dans la foule le revigore encore plus. Celui qui ne veut plus faire grève est considéré comme un traître et un lâche. La foule crie : « Tuez les lâches ! » On se bouscule. Maheude se retrouve près de Maheu. Etienne leur dit que demain ils iront à la mine Jean-Bart et tueront tous ceux qui travaillent.
Partie 5
Deneulin est réveillé à quatre heures du matin. On lui dit que les mineurs de Jean-Bart se révoltent. La moitié d’entre eux ne travaille pas et ne laisse pas l’autre moitié descendre dans la mine. Chaval a réussi à convaincre ses collègues mineurs de suivre les mineurs du Voreux. Deneulin arrive et tente de mieux comprendre pourquoi les mineurs sont en colère. Chaval prend la parole et exige une augmentation de salaire. Deneulin explique ses propres fardeaux financiers. La foule refuse de céder et Deneulin appelle Chaval pour discuter.
Chaval se rend vite compte que s’il continue à faire grève, il sera, au mieux, le lieutenant d’Etienne. En travaillant avec Deneulin, il a une chance de gravir les échelons. Il promet de calmer ses camarades et après quelques allers-retours, Chaval les convainc de descendre. Aussitôt, le mouvement reprend dans la fosse. Plus tard dans la matinée, Madame Hennebeau, Négrel et Cécile arrivent en calèche pour prendre les filles de Deneulin, Lucie et Jeanne, pour un déjeuner avec le directeur des Forges et une visite des ateliers et des verreries voisines. Négrel leur sert de guide.
A Jean-Bart, Catherine, Chaval et leurs camarades mineurs travaillent déjà depuis une heure. Dans la chaleur ardente du fourneau de la mine, Catherine s’évanouit. Chaval parvient à lui baigner le visage dans l’eau et elle reprend ses esprits. Alors qu’ils commencent à déjeuner, un capitaine leur dit que les hommes de Montsou coupent les câbles. Tous les mineurs se précipitent vers les échelles. Après une ascension pénible de plusieurs centaines de mètres, Catherine et Chaval parviennent à sortir.
Ce matin-là, à neuf heures, les mineurs partent pour Jean-Bart. Deneulin voit la foule approcher et Etienne en sort pour demander à Deneulin de remonter les ouvriers. Deneulin refuse et la foule tente de le tuer. Il se barricade dans la salle des capitaines. Les mineurs se rendent à la chaudière, éteignent les incendies et coupent les câbles qui retenaient les cages qui faisaient descendre les ouvriers dans la mine. Des hommes commencent à remonter. Etienne s’étonne de voir tant d’ouvriers descendus et réprimande aussitôt Chaval lorsqu’il sort de terre, pour l’avoir trahi. Il force Chaval à rejoindre la foule dans les autres mines. En deux minutes, Jean-Bart est vidé.
Étienne prenant le commandement de la foule. Celle-ci s’éloigne de Jean-Bart. Ces six semaines l’ont laissée affamée. Étienne garde la tête froide, et un piquier Vandame qui a rejoint la bande convainc la foule d’aller à la mine Gaston-Mirou. Mais un vieux mineur respecté, le Père Quandieu, refuse de faire monter les mineurs. Étienne s’empare de Chaval alors qu’il tente de s’échapper. Ils se rendent dans différentes mines, et à la Victoire ils détruisent les équipements et les infrastructures.
La foule arrive à Gaston-Marie et détruit tout. On rallume les feux, on vide les chaudières et on démolit les bâtiments. On insulte Chaval ; une femme lui tire les oreilles ; une autre lui jette une poignée de crottin. Etienne leur dit d’arrêter et Catherine est terrifiée. Elle traite les agresseurs de Chaval de lâches et leur ordonne de la tuer aussi. Elle se plante devant Chaval pour le défendre. Aussitôt Chaval s’éloigne et Catherine galope derrière lui.
Danseart arrive chez M. Hannebaeu pour lui donner des nouvelles. La grève, qui n’aurait dû durer que deux semaines, dure depuis deux mois. A cinq heures du soir, Hennebeau entend les grévistes réclamer du pain devant sa maison. Juste à ce moment, à deux kilomètres de là, Madame Hennebeau et les jeunes filles voient passer la foule.
Les jeunes filles se dirigent vers une petite ferme au bord de la route. Négrel voit qu’il est trop tard pour monter dans la voiture et rejoindre Montsou. Elle ordonne au cocher de faire rentrer la voiture dans la cour de la ferme, où elle pourra rester cachée derrière un hangar. Elles attendent que la foule passe et se mettent en route. Les Grégoire reçoivent une lettre de menaces mais n’y prêtent aucune attention. Ils voient Maigrat en train de barricader sa boutique. Les truands insultent Hennebeau, qui pense à la misère de sa propre vie. Il pleure et traite à plusieurs reprises les truands d’idiots.
Personne n’obéit plus à Etienne. La foule continue à jeter des pierres sur les maisons de Montsou. Elle s’arrête brusquement en voyant les Grégoire arriver chez Hennebeau. Celui-ci les reçoit froidement et leur dit que les dames ne sont pas encore revenues. Cela inquiète les Grégoire. Ils s’assoient pour dîner et Maigrat arrive aussi. Il entend la foule l’appeler par son nom.
À la ferme, alors que Négrel pousse les dames vers la porte d’entrée, Cécile est prise par erreur par la foule (qui la prend pour Madame Hennebeau). Etienne tente de contraindre la bande à la lâcher, et les distrait en leur disant d’aller chez Maigrat, où il y a du pain. Deneulin arrive à cheval et sauve Cécile.
Maigrat quitte le hall de la maison d’Hennebeau et se réfugie d’abord dans la cuisine avant de sortir voir ce que les truands font à sa propriété. Lui et sa femme recouvrent les sacs de leurs corps plutôt que d’abandonner un seul pain. La foule aperçoit Maigrat sur le toit de son hangar. Soudain, ses deux mains lâchent. Il rebondit sur le bord de la route, et son crâne se brise sur l’angle d’un pilier de pierre. Il est mort.
Aussitôt les huées reprennent. Elles mutilent son corps avec férocité, lui arrachent le pénis, le mettent sur un bâton et le brandissent en signe de victoire sur les abus sexuels de Maigrat sur les femmes de la colonie. Ni Etienne ni Maheu n’ont le temps d’intervenir. Le reste de la foule regarde, horrifié. Catherine vient les prévenir de l’arrivée des gendarmes. C’est une débandade générale.
Partie 6
Nous sommes à la mi-février. Montsou est sous la surveillance de policiers armés. On n’entend dans les rues que le lent mouvement des patrouilles. Nulle part le travail n’a repris. La grève s’est étendue à Crèvecœur, Mirou et Madeleine. L’effroyable mutilation du cadavre de Maigrat est déjà entourée de légende. Le nouveau curé, l’abbé Ranvier, défend les grévistes et s’en prend violemment aux bourgeois, en rejetant sur eux toute la responsabilité.
Etienne habite sous terre, dans le terrier de Jeanlin, au fond de Réquillart. Il reste des heures étendu sur le foin dans l’obscurité. Au début de la deuxième semaine, Jeanlin dit à Etienne que les policiers pensent qu’il est parti pour la Belgique. Etienne sort de son trou à la nuit tombée.
La neige et le froid ont particulièrement touché Alzire qui est en train de mourir. Chaque jour, des querelles éclatent à cause des commérages incessants des femmes.
Maheu veut que la grève cesse, mais Maheude, furieuse, menace de le frapper. Étienne est choqué. Maheude est tellement changée qu’il ne reconnaît plus la femme qui était autrefois si raisonnable. Le docteur Vanderhagen arrive et leur dit qu’Alzire va mourir. La Maheude pleure, réclamant à plusieurs reprises la mort. Le dimanche suivant, Étienne arrive chez Rasseneur. Celui-ci lui dit que l’association des ouvriers est lentement détruite par une lutte interne entre vanités et ambitions.
Souvarine lui fait valoir avec colère que tout gréviste qui n’est pas anarchiste veut simplement devenir lui-même bourgeois. Pendant que Souvarine fulmine, Catherine et Chaval entrent dans la taverne. Après s’être lancés quelques insultes, Chaval et Étienne se disputent physiquement. Catherine est immobile contre le mur, et Rasseneur tente d’intervenir mais est arrêté par sa femme. Chaval sort un couteau, mais Étienne parvient à le saisir. Il maintient Chaval sous son genou et menace de lui trancher la gorge. Pourtant, quelque chose en Étienne l’arrête et il le lâche. Chaval quitte la taverne et lorsque Catherine essaie de le suivre, il lui dit de rester avec Étienne.
Quand ils sortent de chez Rasseneur, Étienne et Catherine continuent leur chemin en silence. Le passé leur revient lentement, y compris leurs anciens désirs l’un pour l’autre. Catherine retourne chez Chaval et Étienne ne trouve aucun argument pour la convaincre de rester avec lui. Alors qu’Étienne s’éloigne de chez Chaval, il voit Jeanlin traquer une sentinelle. Jeanlin saute soudain sur les épaules de la sentinelle et lui enfonce son grand couteau dans la gorge. Étienne est choqué et court vers Jeanlin, lui demandant pourquoi il a tué la sentinelle. Jeanlin répond qu’il ne sait pas. Etienne commence à réfléchir à l’endroit où il va jeter le corps et devient de plus en plus inquiet. Ils finissent par l’enterrer avec son fusil dans une galerie de l’ancienne fosse.
La roche cède, et ils ont à peine le temps de ramper sur les coudes et les genoux. Jeanlin se retire dans son antre, ainsi qu’Etienne, qui pleure pendant que Jeanlin dort profondément. Depuis minuit, Catherine erre dans la colonie après avoir été chassée par Chaval.
Elle revient finalement à la fosse. Le son d’une trompette la fait sursauter. Elle voit les gardes du Voreux prendre les armes. Etienne arrive en courant, et une bande d’hommes et de femmes sort de la colonie, gesticulant de colère. Toutes les entrées du Voreux sont fermées. Les soixante soldats barrent la seule porte restée libre. Un nouveau flot de grévistes arrive bientôt, et tous se précipitent. Etienne doit les arrêter.
Il s’approche du capitaine avec un visage désespéré et résolu, essayant de le convaincre de rejoindre la cause des grévistes. Le capitaine refuse de bouger. Etienne entend les grévistes crier et appeler à la mort, et se retire désespéré dans la foule. Les femmes se mettent à insulter les soldats. Levaque saisit trois baïonnettes. Les soldats reçoivent l’ordre strict de ne pas faire usage de leurs armes sauf en dernier recours. La tension monte alors que les soldats sont adossés au mur, leurs fusils chargés. Les grévistes courent tous vers le tas de briques qui se trouve à proximité et la bataille commence.
Le capitaine Richomme se place entre les soldats et les mineurs. Au moment où le capitaine s’apprête à leur dire de tirer, les coups partent d’eux-mêmes. Bébert et Lydie sont tués. Le capitaine Richomme est accidentellement atteint dans le dos par une balle. Mouquet meurt, ainsi que Mouquette, qui sauve Catherine en sautant devant elle et en prenant une balle. Maheu est frappé au cœur et meurt sur le coup.
Partie 7
Pendant quatre jours, tous les journaux d’opposition parlent des atrocités commises au Voreux. Levaque devient un héros. La Compagnie recherche également la sentinelle disparue et déclare officiellement qu’il a déserté son groupe de patrouille. Après la bataille, la Maheude permet à Etienne de ramener Catherine.
Les jours passent comme avant, toujours sans pain et aussi sans espoir. Rien n’a changé, sauf l’absence de Maheu. Etienne ressent un sentiment d’animosité de la part des mineurs alors qu’il se promène dans la colonie. Il se sent dégoûté de son impuissance à les dompter à nouveau. Il sort en courant du coron et rencontre Chaval qui lui lance des insultes et des pierres. Rasseneur l’entraîne dans sa taverne et convainc les mineurs de l’importance des approches modérées pour le changement. Les mineurs se montrent enthousiastes à son égard et crient des hourras en son nom. Le même jour, un grand dîner a lieu à la Piolaine, où les Hennebeau et les Grégoire fêtent les fiançailles de Négrel et Cécile.
Ce dimanche-là, Etienne s’échappe du coron à la nuit tombée. Il a la surprise de voir Souvarine sur son chemin et tous deux se dirigent vers Marchiennes. Le lendemain matin, la Compagnie pardonne aux grévistes, même aux plus impliqués. Petit à petit, les mineurs retournent à la mine. Souvarine choque Etienne en lui annonçant qu’il a demandé son certificat de travail et qu’il s’en va. En longeant la berge du canal, il s’arrête au Voreux. Il constate rapidement l’état des récentes réparations (suite aux dégâts causés par les grévistes).
Souvarine découvre un défaut très grave dans un frottement du tubage et dévisse les équerres qui empêchaient l’eau de pénétrer. Il sabote également les guides en chêne sur lesquels coulissent les ascenseurs. Etienne n’arrive pas à dormir, et Catherine se réveille vers trois heures pour se rendre à la fosse pour travailler. Etienne la suit. Souvarine se tient près de L’Avantage et regarde les charbonniers qui retournent au travail. Il est choqué de voir Etienne et lui dit de rentrer chez lui. Etienne refuse. Il ne peut rien faire pour convaincre Etienne. Il le laisse partir et lui dit adieu.
Chaval, Catherine et Etienne descendent tous avec la même équipe. Après quelques heures de travail, les ouvriers commencent à entendre des bruits étranges et des ruissellements lointains. Les cuves commencent à tomber, puis une masse d’eau se précipite vers le bas. Dansaert propose de remonter mais avant qu’il ne le puisse, des ouvriers de toutes les galeries accourent, essayant de prendre les cages d’assaut. Une cage est détruite et l’autre est secouée à tel point que le câble est sur le point de se briser. Dansaert et certains des capitaines remontent. Avant que Negrel ne puisse fermer le puits, les ouvriers qui ont réussi à sortir se rendent au campement pour prévenir les familles. Les femmes accourent vers Negrel et lui demandent les noms de ceux qui sont encore dans le puits.
Une opération de sauvetage doit être entreprise cependant, craignant que le puits ne s’effondre, Hennebeau retarde l’opération. Bientôt, un lac d’eau boueuse occupe l’emplacement du Voreux. Sur le talus ébranlé, Souvarine se lève et reconnaît la Maheude et Zacharie, qui pleurent. Il jette sa dernière cigarette et s’en va sans se retourner.
Dansaert est immédiatement renvoyé dans les jours qui suivent et Negrel est nommé chef des opérations de sauvetage. Negrel et ses hommes, dont Zacharie, passent des jours sous terre à essayer de déterrer les survivants. Mais le neuvième jour, Zacharie, irrité par le manque de lumière dans le tunnel, ouvre sa lampe et laisse échapper par inadvertance des fumées inflammables dans le passage non ventilé. Les sauveteurs à la surface entendent un grondement de tonnerre et une gerbe de flammes jaillir.
Tout s’enflamme. L’air s’embrase comme de la poudre, d’un bout à l’autre de la galerie. Zacharie meurt, ainsi qu’un capitaine et deux autres ouvriers.
Au fond des fosses, Catherine et Etienne tentent de trouver la sortie. Alors qu’ils sont coincés ensemble dans un couloir, Chaval tente d’abuser de Catherine. Le besoin de tuer s’empare irrésistiblement d’Etienne, qui saisit une lourde plaque d’ardoise dans le mur. Des deux mains, il l’abat sur le crâne de Chaval. Ils passent les jours suivants sans nourriture, assis sur une partie surélevée du tunnel face à la montée des eaux. Ils voient le corps de Chaval flotter et le repoussent. Peu de temps après, Catherine meurt.
L’équipe de secours retrouve Etienne. Il apparaît décharné. Les gens se détournent et frissonnent devant lui. La Maheude pleure. Elle reçoit trente sous car elle a commencé à travailler chez Jean-Bart. Levaque est toujours en prison. Etienne part pour Paris, où il aspire à rencontrer Pluchart et rêve de faire des discours et de se battre pour la cause ouvrière.
Germinal : Analyse des personnages
Étienne Lantier
Le protagoniste Étienne Lantier est un mécanicien de 21 ans qui commence à travailler chez Le Voreux après avoir été renvoyé de son emploi de cheminot pour avoir frappé son patron. Lorsqu’il arrive pour la première fois au Voreux, Étienne est bouleversé par l’obscurité de la fosse et consterné par les mauvaises conditions de travail et le faible salaire. Bien que tenté de démissionner, préférant mourir de faim que de travailler dans ces conditions, il décide de rester. Il est inspiré par la discussion sur la rébellion qu’il entend lors de sa première nuit à la taverne de Rasseneur. Et aussi par la vision de Catherine, pour laquelle il développe un intérêt précoce.
Au fil du temps, Étienne commence à planifier une grève. Avec à la fois patience et passion, il explique la théorie au peuple, l’incitant progressivement à se détacher de la hiérarchie socio-économique qui l’opprime et le convaincant de se révolter. Bon travailleur, il gagne en respect et en popularité. À mesure que sa propre condition s’améliore, il est de plus en plus révolté par la pauvreté. Bientôt son désir d’aider le peuple se mêle inextricablement à son ambition personnelle.
Rasseneur
Rasseneur est le propriétaire de la taverne L’Avantage et un ancien mineur. Il accueille d’abord Étienne et devient finalement un opposant virulent à la politique radicale d’Étienne, prônant plutôt une négociation et une approche plus modérées de la grève.
Vincent « Bonnemort » Maheu
Vincent est le patriarche des Maheu qui travaille dans les mines depuis plus de cinquante ans. Il est souvent silencieux, mais c’est la première personne qu’Étienne rencontre lorsqu’il arrive à la mine.
Toussaint Maheu
Toussaint est un mineur respecté et travailleur dont les tendances non combatives et les manières diplomatiques font de lui une figure de proue et le principal négociateur de la grève. Il apprécie et se soucie beaucoup de sa famille et, à leur service, répond aux revendications des grévistes.
Maheude
Maheude est l’épouse de Maheu. C’est une femme résiliente et dure qui deviendra plus tard la plus fervente et la plus féroce défenseure de la grève, même lorsque Étienne commence à douter de sa durabilité.
Catherine Maheu
Catherine est la fille aînée des Maheu. Elle est l’exemple parfait de l’équilibre entre tradition et autorité. Elle est incroyablement mature et travailleuse. Après avoir travaillé pendant la grève (et y avoir finalement participé), elle meurt de faim et d’épuisement après avoir été piégée dans la mine.
Les Levaque
Les Levaque sont les voisins des Maheu. Levaque fait partie de l’équipe de la mine de Maheu.
Chaval
Chaval est un mineur et plus tard l’amant de Catherine. Il la traite avec mépris, jaloux et méfiant envers Etienne. Dans un accès de rage, Etienne se dispute avec Chaval et finit par le tuer lorsqu’ils sont coincés dans la mine.
Paul Negrel
Paul est le neveu d’Hennebeau et un mécanicien au Voreux.
Jeanlin Maheu
Jeanlin est un garçon de onze ans qui sème le chaos parmi les habitants de la ville pendant la grève, volant de la nourriture et d’autres biens tout en les cachant dans un endroit sûr sous terre avec l’aide de ses amis (qu’il manipule et abuse) Bébert et Lydie.
Souvarine
Souvarine est un émigré russe révolutionnaire et anarchiste qui travaille comme mécanicien dans la mine.
Monsieur Grégoire
Monsieur Grégoire est un riche investisseur et propriétaire du Voreux.
Deneulin
Deneulin est le propriétaire de la mine Jean-Bert et le cousin de Monsieur Grégoire, bien que moins aisé que les Grégoire. Il est dans une situation financière instable.
Monsieur Hennebeau
Monsieur Hennebeau est le directeur de la mine. Il est généralement déprimé, a des problèmes avec sa femme et est troublé par la grève.
Madame Hennebeau
Madame Hennebeau est l’épouse de Monsieur Hennebeau. Elle est abusive, contrôlante et a une liaison avec Negrel.
Pluchart
Pluchart est un leader révolutionnaire et socialiste de haut niveau qu’Etienne admire beaucoup. Il finit par connecter les mineurs au parti communiste international.
Maigrat
Maigrat est un épicier radin et dur. Il demande souvent des faveurs sexuelles aux femmes de Montsou en guise de paiement pour ses prêts.
Germinal : citations
- On m’a retiré trois fois de là-dedans en morceaux, une fois avec tout le poil roussi, une autre avec de la terre jusque dans le gésier, la troisième avec le ventre gonflé d’eau comme une grenouille… Alors, quand ils ont vu que je ne voulais pas crever, ils m’ont appelé Bonnemort, pour rire.
- Le puits dévorateur avait avalé sa ration quotidienne d’hommes, près de sept cents ouvriers, qui besognaient à cette heure dans cette fourmilière géante, trouant la terre de toutes parts, la criblant ainsi qu’un vieux bois piqué des vers. Et, au milieu du silence lourd, de l’écrasement des couches profondes, on aurait pu, l’oreille collée à la roche, entendre le branle de ces insectes humains en marche, depuis le vol du câble qui montait et descendait la cage d’extraction, jusqu’à la morsure des outils entamant la houille, au fond des chantiers d’abattage.
- Le brigand est le vrai héros, le vengeur populaire, le révolutionnaire en action, sans phrases puisées dans les livres. Il faut qu’une série d’effroyables attentats épouvantent les puissants et réveillent le peuple.
Analyse de Germinal
Le système de classes
L’écart entre les riches et les pauvres est la force motrice de Germinal. Zola dresse un tableau saisissant de la vie des pauvres dès le premier chapitre, lorsque les mineurs se lèvent tôt et luttent pour trouver de la nourriture avant de partir travailler dans l’obscurité totale de la mine. Le travail lui-même est physiquement atroce. Les mineurs doivent supporter des températures extrêmes pendant qu’ils creusent ou poussent des bacs de charbon. Zola représente la vie des pauvres à travers les Maheus, qui vivent dans l’une des nombreuses maisons numérotées fournies par la Compagnie. Les pauvres survivent jusqu’au jour de la paie, rationnant leur pain et mendiant auprès des commerçants pour obtenir du crédit.
Les enfants pauvres grandissent vite, car non seulement ils travaillent dans les mines avec leurs parents, mais ils sont sexuellement conscients dès leur plus jeune âge. En vivant à proximité les uns des autres dans des maisons précaires, les enfants entendent les activités sexuelles de leurs parents et même de leurs voisins. Le fait de vivre si près les uns des autres signifie qu’ils ont largement l’occasion de se livrer eux-mêmes à des activités sexuelles.
L’espoir
Sans espoir, les personnages principaux n’auraient pas pu survivre, du moins au niveau psychologique. Les conditions de travail dangereuses, le froid glacial, les salaires irréguliers et bas, et le manque d’accès à des soins de santé adéquats sont des obstacles importants à la qualité de vie à laquelle aspirent de nombreux travailleurs. Rien ne garantit que la grève inaugurera une nouvelle ère de relations et de conditions de travail. Mais comme toute révolution ou tout mouvement de résistance, il faut une rhétorique constante et cohérente de victoire… Ce qu’Etienne, et plus tard Maheude, fournissent.
La famille
Ce que les mineurs et leurs femmes font pour leurs enfants et les uns pour les autres peut en grande partie s’expliquer en termes de parenté. Malgré les conditions qui peuvent permettre un comportement illicite et irresponsable, étonnamment, de nombreux personnages s’abstiennent de voler ou de se faire du mal pour se nourrir. Il y a un étrange sentiment de diplomatie au sein d’une population qui se trouve dans les affres d’une bataille prolongée avec sa propre existence. Une existence dont la base dépend de la nourriture, de l’hygiène et de la sécurité. Cela pourrait être le cas parce qu’un ennemi plus grand se profile : l’élite qui possède les fosses. L’antagonisme et l’hostilité existent, mais la volonté d’exécuter la colère tarde à se mettre en place. C’est Étienne qui note cette colère et la canalise efficacement.
L’oppression
À plusieurs reprises dans l’histoire, les riches tentent de convaincre les autres (on ne sait pas s’ils se sont convaincus eux-mêmes) des difficultés et des épreuves qu’ils rencontreront s’ils choisissent d’augmenter les salaires des ouvriers. Ils ont réussi à s’éloigner psychologiquement des conditions de travail inhumaines des mineurs, même s’ils passent toute leur journée à voir de leurs propres yeux les atrocités et les dangers auxquels ces mineurs sont confrontés. Dans un certain sens, on pourrait soutenir que la distanciation psychique est un mécanisme de défense contre la culpabilité qu’ils pourraient ressentir.
Pourtant, les Grégoire tentent de justifier leur propriété de la mine sur la base de leur ascendance et du dur labeur de leurs ancêtres. Les Grégoire ne ressentent aucun sens du devoir d’aider les pauvres. C’est précisément leur passivité qui les rend oppressifs. Même s’ils ne négocient pas les salaires, ne tirent pas sur la foule qui proteste ou ne refusent pas de nourriture aux mineurs et à leurs familles, ils approuvent néanmoins implicitement tout ce qui se fait. Tant que la productivité de leur mine n’est pas compromise.
La renaissance
Le printemps symbolise ce moment de rajeunissement et d’émergence de la froide stérilité de l’hiver. Il représente la capacité d’essayer de vivre à nouveau. Les personnages du roman ont une capacité indomptable à résister. Le temps est également une sorte de personnage à part entière, avec ses humeurs et ses tendances aléatoires, parfois violentes et fatales. Il est prometteur et joyeux au printemps, mais punitif et hostile pendant l’hiver.
Le cycle du temps représente la mort et la renaissance, effaçant en quelque sorte complètement les malheurs des saisons passées et indifférent aux dures réalités que vivent les mineurs. La graine de la révolution, en revanche, est plutôt décevante. Au lieu de pousser, elle meurt avant de germer. Il y a eu des luttes, une lueur d’espoir au bout du tunnel et le juste salaire des mineurs et des propriétaires de la mine. Mais au bout du compte, les graines n’ont pas germé correctement.
Germinal et Les Rougon-Macquart
Germinal est le treizième roman de la série de vingt romans de Zola, collectivement appelés Les Rougon-Macquart. La série suit deux familles qui naviguent sur le terrain tumultueux du Second Empire français (1852-1870). Plus tard dans la série, Étienne a une fille. Le naturalisme de Zola joue un rôle démesuré dans les romans, et il choisit d’explorer le rôle que l’environnement a sur le développement des Français à une époque d’industrialisation rapide et d’expansion impériale. En même temps, il analyse l’impact que les gènes et l’hérédité peuvent avoir sur un individu, notamment dans Germinal à travers les maniérismes violents auxquels Étienne est enclin lorsqu’il est ivre. L’héritage d’une tendance familiale plus large dont il hérite par ses gènes.
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En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.
J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.
J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.
Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.
Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !



