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Résumé du livre « Le Rouge et le Noir » par Stendhal

Le Rouge et le Noir est un roman historique en deux volumes de Marie-Henri Beyle, plus connu sous le nom de plume de Stendhal, publié en 1830. Le Rouge et le Noir suit l’ascension et la chute de Julien Sorel, jeune homme brillant et ambitieux mais à bien des égards naïf, issu d’une famille modeste, qui décide de gravir les échelons de la société. Une tâche difficile dans la France hautement stratifiée de la Restauration des Bourbons (1815-1830).

Le cadre de l’histoire donne à Stendhal une grande marge de manœuvre pour critiquer et satiriser cette société. Le Rouge et le Noir est remarquable comme l’une des premières œuvres du genre réaliste.

Parcourons ensemble ce résumé et cette analyse !

Le Rouge et le Noir : résumé court

M. de Rênal, maire de la ville de Verrières, engage Julien Sorel comme précepteur de ses enfants. Julien n’est que fils de charpentier, mais il rêve de suivre les traces de son héros, Napoléon. Bien qu’il se prépare à devenir prêtre, Julien décide de séduire la femme du maire, Mme de Rênal. Ils deviennent amants, mais M. Valenod, l’adversaire politique du maire, apprend la liaison et commence à répandre des rumeurs. M. de Rênal est profondément embarrassé, mais sa femme le convainc que les rumeurs sont fausses. M. Chélan, curé de la ville et mentor de Julien, l’envoie au séminaire de Besançon pour éviter tout nouveau scandale.

Julien réussit très bien au séminaire, mais seulement parce qu’il veut faire fortune et réussir dans la société française. Les autres prêtres du séminaire ne sont pas conscients de l’hypocrisie de Julien. Mais ils sont jaloux de son intelligence. M. Pirard, dégoûté par l’implication politique de l’Église, démissionne. Son bienfaiteur aristocratique, le marquis de la Mole, veut qu’il soit son secrétaire personnel à Paris, mais M. Pirard lui dit d’engager Julien à la place.

Julien est à la fois fasciné et repoussé par la société parisienne. Il essaie de s’intégrer parmi les nobles, mais ils le traitent comme un inférieur social. Cependant, la fille du marquis, Mathilde, tombe amoureuse de Julien et ils deviennent amants. Lorsque Mathilde tombe enceinte et raconte au marquis sa liaison, il est furieux, mais anoblit bientôt Julien pour que Mathilde puisse l’épouser. Julien a finalement le titre aristocratique qu’il a toujours voulu. Alors Mme. Mme de Rênal envoie une lettre au marquis, dénonçant Julien comme un coureur de jupons uniquement préoccupé de faire fortune.

Le marquis refuse que Mathilde épouse Julien, qui revient furieux à Verrières et tire sur Mme de Rênal. Elle survit, mais Julien est condamné à mort. Mme de Rênal pardonne à Julien et meurt d’amour trois jours après son exécution.

 

Le Rouge et le Noir : résumé par chapitres

Partie 1 : Chapitres 1-3

M. de Rênal est maire et riche propriétaire de la clouterie du petit village de montagne de Verrières, dans la province orientale de Franche-Comté. Situé au-dessus du Doubs, le village doit la prospérité de sa population paysanne aux scieries et à la fabrication de la calicot. L’arrivée soudaine de M. Appert, envoyé par M. de La Mole à Paris pour inspecter l’hospice municipal et la prison administrés par M. Valenod, adjoint au maire, bouleverse l’existence jusqu’alors paisible du village.

Le village, microcosme de Paris et de toute la France à cet égard, est politiquement divisé en deux camps. Les royalistes comme le maire, et les libéraux mécontents de la Restauration. L’abbé Chélan, janséniste et curé de village depuis de longues années, fait visiter à M. Appert l’hospice et la prison, désobéissant ainsi aux vœux de M. Valenod, qui risque d’être accusé de malversations, étant donné les conditions pitoyables qui règnent dans ces institutions.

Plus tard, lors d’une conversation avec sa femme, Rênal propose d’engager Julien Sorel, élève du curé de Chélan, comme précepteur de leurs enfants. Une démarche destinée à augmenter son propre prestige social, puisqu’elle fera l’envie des libéraux propriétaires de filatures. Le père de Julien, un rusé scieur, a déjà, par le passé, dupé Rênal dans une transaction foncière.

Partie 1 : Chapitres 4-5

Le lendemain, M. de Rênal propose à Sorel de venir habiter avec eux et de donner des cours particuliers à leurs enfants. Le vieux Sorel médite les conditions mais refuse de répondre avant d’avoir consulté son fils Julien. De retour à sa scierie, Sorel trouve Julien en train de lire, assis à califourchon sur une poutre au-dessus de la scie qu’il devrait entretenir. Furieux, Sorel jette brutalement le livre dans le ruisseau.

Julien est attristé par la perte de ce livre, un bien précieux issu de l’héritage que lui avait laissé son ami chirurgien militaire. Son père exige une explication de l’étrange offre de Rênal, mais Julien est incapable de lui en rendre compte. Il décide que, plutôt que de se soumettre à l’humiliation de manger avec les domestiques des Rênal, il s’enfuira et s’enrôlera dans l’armée. Il abandonne aussitôt ce projet, car il lui faudrait renoncer à ses ambitions de sacerdoce, où le succès serait assuré.

Le lendemain, le marché est conclu. Sorel a encore trompé Rênal, obtenant le maximum pour les services de son fils. Julien, quant à lui, a confié ses biens (livres et décorations militaires) à son ami Fouqué. En route vers le château, Julien juge prudent de faire une halte à l’église. Il sent son courage faiblir, mais se rassure par un « Aux armes ! » napoléonien et part résolument au combat.

Partie 1 : Chapitres 6-7

Mme de Rênal reçoit Julien. Après un embarras mutuel, on l’habille d’un nouveau costume et on le présente aux enfants. Julien récite au hasard des passages entiers de la Bible en latin, gagnant le respect et l’admiration de tous.

Pendant les cinq semaines qui suivent, Julien s’engage dans des négociations mesquines en commençant son plan de réussite par l’hypocrisie. L’autosatisfaction que ressent cette société lui fait se sentir supérieur à elle, ce qui, à son tour, l’éloigne d’elle. Il convainc habilement Rênal de la nécessité de prendre un abonnement chez le libraire libéral, en présentant l’affaire de façon à ne pas heurter la vanité du royaliste.

Julien se méfie en revanche énormément de Mme de Rênal. Elle, au contraire, est de plus en plus attirée par ce jeune homme charmant et intelligent. Ignorant ce qu’est l’amour, elle ne réalise pas que son mari lui devient de plus en plus insupportable.

Partie 1 : Chapitre 8

La femme de chambre de Mme de Rênal, Elisa, a des vues sur Julien. Le père Chélan l’exhorte à considérer favorablement la possibilité d’un tel mariage et le décourage d’entrer dans le sacerdoce. L’ardeur brûlante de Julien fait craindre à Chélan pour son salut s’il poursuit une carrière dans l’Église.

Mme de Rênal sera finalement ravie d’entendre Elisa avouer en larmes que Julien l’a rejetée. Bientôt, elle se rend compte qu’elle est amoureuse de Julien.

Au printemps, la famille s’installe dans la maison d’été du village voisin de Vergy. La capture de papillons offre une nouvelle activité et un nouveau sujet de conversation. Mme de Rênal change de vêtements deux ou trois fois par jour, sans savoir cependant ce qui motive cet intérêt pour son apparence. L’arrivée de Mme Derville crée un trio heureux.

Les trois commencent à se réunir la nuit pour discuter. Un soir, dans sa gesticulation animée, Julien touche par hasard la main de Mme de Rênal. Un nouveau défi vient troubler sa paix.

Partie 1 : Chapitres 9-12

Julien, après bien des angoisses, prend la main de Mme de Rênal le soir suivant. Bien qu’elle se retire d’abord, il insiste et, finalement, elle la lui offre librement. Rênal offense Julien en l’accusant de négliger les enfants. Mais l’humeur maussade de Julien est soudainement changée par l’imminence d’une catastrophe. Rênal pourrait trouver son image cachée de Napoléon tandis que le maire et les domestiques changent le rembourrage du matelas.

Mme de Rênal sauve la mise de Julien. Rênal, de son côté, interprète à tort l’orgueil de Julien comme la ruse du paysan qui réclame plus de salaire. Lorsqu’il lui accorde une augmentation, ce dernier est déconcerté et méprise encore plus le maire pour tout mesurer en termes monétaires. Julien donne libre cours à la joie de la victoire dans la solitude des montagnes alors qu’il va rendre visite à Chélan.

La nuit suivante, Julien ose montrer son mépris pour Rênal en prenant la main de Mme de Rênal en sa présence, quoique sous le couvert de l’obscurité. Il la couvre de baisers passionnés. Julien médite contre ce méprisable bourgeois. Mme de Rênal est partagée entre sa jalousie et l’angoisse des premiers élans de culpabilité, s’imaginant être une femme déchue.

Partie 1 : Chapitres 13- 15

Alors elle se résout à traiter Julien froidement.

Julien s’offusque et ne lui confie pas son projet de partir pour un voyage de trois jours. Il s’arrête de nouveau dans la montagne pour jouir de sa liberté dans la solitude. Au cours de sa visite, Fouqué propose à Julien une association qui assurerait à ce dernier un succès financier. Après délibération, Julien rejette l’offre car le succès qu’il envisage doit être obtenu au prix de difficultés et accompli par le moyen de l’Église. Son amitié elle-même joue un rôle dans son refus. Il ne voudra pas trahir Fouqué plus tard, une fois ses études financées. Fouqué confie à Julien le récit de ses conquêtes amoureuses.

A son retour, Julien découvre que Mme de Rênal est amoureuse de lui. Il décide que son devoir lui impose d’en faire sa maîtresse. Il lui annonce qu’il doit partir car il l’aime éperdument. Cet aveu la met en extase. Julien commence maladroitement sa séduction.

Son absence, causée par un nouveau voyage à Verrières, où il assiste à la disgrâce dans laquelle Chélan est tombé, fait oublier ses maladresses de la veille. Il annonce assez brusquement à Mme de Rênal qu’il viendra la voir dans sa chambre à deux heures du matin. Là, il se jette aux pieds de Mme de Rênal. De retour dans sa chambre, Julien ne pense qu’à savoir s’il a bien joué son rôle.

Partie 1 : Chapitres 16-20

L’idylle amoureuse commence alors. La grande joie de Mme de Rênal n’est assombrie que par la crainte d’être trop vieille pour Julien. Elle prend un grand plaisir à éduquer Julien dans les bonnes manières et dans toutes les intrigues politiques qui règnent à Verrières, dont Julien est complètement ignorant.

La ville est honorée par la visite du roi. De son rôle d’officier fringant, Julien passe à celui de prêtre assistant de Chélan dans une cérémonie religieuse en l’honneur du saint local. D’autres personnages importants à la présence desquels son rôle lui donne accès sont le jeune évêque Agde, prélat officiant, et M. de La Mole, aristocrate parisien influent et puissant, pair de France, dans l’entourage du roi.

Lorsque l’un de ses fils tombe gravement malade, Mme de Rênal est convaincue que Dieu punit son adultère. Témoin de son angoisse et de ses tourments, Julien trouve de nouvelles raisons de l’aimer. Lorsque Stanislas se rétablit, son angoisse demeure néanmoins. L’expérience lui a fait prendre conscience de sa culpabilité. Leur amour devient plus profond, plus désespéré et plus sombre.

M. de Rênal reçoit une lettre anonyme dénonçant Julien comme l’amant de sa femme. Julien devine la nature de la lettre et prévient Mme de Rênal de ne pas venir dans sa chambre ce soir-là. Constamment inquiète que Julien ne cherche un prétexte pour l’abandonner, elle vient quand même mais n’est pas reçue. Elle écrit à Julien une longue lettre dans laquelle elle développe ses doutes et lui réitère son amour éternel.

Mais elle est en même temps capable de concevoir un plan au cas où la lettre anonyme existerait bien. Elle prétendra aussi avoir reçu une telle lettre et la remettra à son mari pour apaiser ses doutes.

Partie 1 : Chapitres 20- 22

M. de Rênal souffre d’orgueil blessé, de colère et d’apitoiement sur lui-même. Il ne peut se résoudre à prendre aucune mesure décisive. Sa femme arrive, lui remet sa lettre et demande aussitôt que Julien soit éloigné quelque temps jusqu’à ce que le scandale s’apaise. C’est la solution que Rênal voulait. Elle le dispense de rechercher la vérité puisqu’elle est un aveu d’innocence de sa part. Elle réussit magistralement à le mettre sur la mauvaise piste, sauvant ainsi les apparences et sa liaison avec Julien.

Pour prouver à la ville que tout va bien dans la maison des Rênal, Julien habite leur hôtel particulier. Il y reçoit la visite du sous-préfet, M. de Maugiron, qui, pour le compte d’autrui, sonde Julien sur la possibilité de quitter la maison des Rênal pour une nouvelle position.

Invité à dîner chez Valenod, Julien condamne intérieurement l’ostentation vulgaire et le mauvais goût de ses hôtes. Le jeune homme est invité partout. Il est tenu en estime comme un précepteur savant et talentueux.

Lorsque les Rênal viennent passer la journée à Verrières, la mère et les enfants forment avec Julien une joyeuse famille. Leur bonheur irrite le maire, qui interrompt la scène. Il a été contraint par la Congrégation de louer une propriété à un prix bien inférieur à celui qu’il aurait pu demander. Valenod, dont les ruses ont entraîné la chute de Chélan, a joué un rôle dans cette intrigue. Valenod est endetté auprès du vicaire Frilair de la Congrégation. En même temps il s’introduit auprès des libéraux au cas où M. de Rênal prendrait des mesures pour le déshonorer.

Partie 1 : Chapitre 23

La tristesse qui règne dans la maison des Rênal est momentanément dissipée par l’arrivée inattendue d’une chanteuse italienne, hautement recommandée à Rênal. Sa gaieté, son exubérance et son talent offrent un intermède bienvenu à la famille. Sa mission édifie encore plus Julien sur la façon dont l’influence assure la promotion et l’avancement personnel. En attendant, plusieurs facteurs précipitent le départ de Julien pour Besançon. La ville est scandalisée que M. de Rênal ait ignoré les rumeurs sur l’affaire dans sa maison. Par les machinations de Valenod, Elisa a raconté ce qui se passe entre Julien et Mme de Rênal.

M. de Rênal souhaite que Julien parte. Julien accepte l’ultimatum mais se porte volontaire, à la grande joie de Mme de Rênal, pour revenir au bout de trois jours pour un dernier adieu. Si Julien va à Besançon, il faut financer son éducation ; s’il reste, Valenod l’engagera comme précepteur.

Au début, Julien accepte l’argent comme un prêt. Mais finalement, à la joie du maire, il le refuse par orgueil.

Mme de Rênal, paradoxalement, ne vit que pour le rendez-vous de la dernière nuit avec Julien. Quand il arrive, elle est froide, anticipant le vide futur de sa vie. Julien part pour Besançon.

Partie 1 : Chapitre 24

Julien visite l’installation militaire de Besançon avant de se présenter au séminaire. Il s’arrête dans un café et tombe sous le charme de la serveuse, Armanda, qui reconnaît son embarras évident devant l’étrangeté de cette grande ville. L’arrivée d’un de ses amants incite presque Julien à le provoquer en duel. Mais sur l’insistance d’Armanda, Julien quitte le café. Il s’arrête dans une auberge pour laisser ses vêtements à la garde de la propriétaire, puis se met en route pour le séminaire.

Partie 1 : Chapitres 25-27

Julien est admis auprès du recteur, le père Pirard. Pirard accepte de lui accorder une bourse complète en reconnaissance de la recommandation de son cher ami Chélan. Julien impressionne évidemment favorablement Pirard par sa connaissance de l’Écriture et du latin et par la clarté et la perspicacité de ses réponses. Il est conduit dans sa cellule, où il tombe dans un profond sommeil.

Sa première rencontre avec Pirard lui a donné à croire que le séminaire est pris au sérieux par les étudiants. Mais Julien échoue lamentablement dans sa tentative de réussir par des réalisations brillantes. Il apprend que pour se distinguer et se faire accepter parmi ses confrères, il doit paraître stupide, matérialiste et docile.

Le jésuite Castanède a trouvé l’adresse d’Armanda dans les bagages de Julien et l’a dénoncé à Pirard. Confronté au recteur, Julien réussit à mentir et à se disculper. C’est la bassesse, la vulgarité et la laideur de ses condisciples séminaristes qui le font reculer dans sa lutte. Ses tentatives pour les conquérir sont sans succès.

La description de l’idéal qui attend les jeunes prêtres, prêché par le père Castanède, révolte Julien. Il consiste à être bien nourri, et à végéter dans une paroisse entourée de tout le confort matériel. Son éloquence se révèle être un autre motif d’aliénation pour ses confrères. Et il doit souvent se défendre contre les agressions physiques.

Partie 1 : Chapitres 28-29

Un prêtre se lie cependant d’amitié avec Julien : le père Chas-Bernard, maître des cérémonies de la cathédrale. Julien est choisi pour l’aider lors d’une cérémonie importante dans la cathédrale de Besançon. Il s’y distingue par ses prouesses physiques et son agilité dans la décoration des piliers. Julien est également aperçu par Mme de Rênal, qui s’évanouit aussitôt à sa vue. Lui aussi est violemment ému par cette rencontre.

Pirard charge Julien de transmettre sa lettre de démission à l’évêque. Julien apprend également de Pirard qu’il est nommé précepteur de l’Ancien et du Nouveau Testament. Un honneur insigne prouvant l’estime que Pirard lui porte.

Julien reçoit un sanglier de Fouqué, et ce cadeau lui apporte encore l’estime de ses confrères qui croient que les parents de Julien ont envoyé le sanglier. Et que, par conséquent, doivent être riches. Julien réussit brillamment ses examens. Mais Frilair le trompe en lui faisant étalage de sa connaissance des poètes latins, dont les œuvres sont interdites au séminaire.

En présence de Frilair, Julien engage une passionnante discussion sur les arts avec l’évêque de Besançon. En récompense, l’évêque lui fait don des œuvres complètes de Tacite. La nouvelle de ce don circule bientôt dans le séminaire et ajoute à la haute estime dans laquelle les autres tiennent désormais Julien.

Partie 1 : Chapitre 30

Pirard refuse de servir de secrétaire à Mole mais recommande Julien pour ce poste. Ce dernier est averti par Pirard de venir à Paris mais visite Verrières avant son départ. Chélan exige qu’il ne voie pas Mme de Rênal. Julien se procure cependant une échelle et se présente courageusement à la fenêtre de Mme de Rênal, ne sachant pas qui l’attend là ni comment il sera reçu.

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Elle l’admet à contrecœur d’abord puis s’offre avec une certaine gaieté, attitude qu’elle conserve le lendemain pendant qu’elle cache Julien dans sa chambre. L’arrivée de M. de Rênal, qui a découvert l’échelle, fait sauter Julien par la fenêtre. Il prend la fuite vers Paris pour éviter d’être pris.

Partie 2 : Chapitres 1-2

Le voyage de Julien à Paris est animé par la conversation de ses compagnons de voyage : un bonapartiste, ancien ami de M. de Rênal, et un libéral nouvellement formé, Saint-Giraud, qui fuit les mesquineries et les intrigues de la vie provinciale pour le calme de Paris. Ce dernier avait cherché la paix en province, mais parce qu’il refusait de prendre parti dans le grand débat entre ultras et libéraux, il fut persécuté par les deux.

La conversation reflète leurs vues politiques opposées. Saint-Giraud soutient que le désordre actuel est dû au désir de Napoléon de ressusciter la monarchie. Une argumentation aussi forte n’empêche pas Julien, à son arrivée à Paris, de faire un pèlerinage au palais de Napoléon à Malmaison.

Le chapitre 2 est consacré à l’arrivée de Julien et à ses quelques jours chez les Mole. Il est d’abord présenté au marquis, qui le fait habiller et juge nécessaire de lui faire prendre des leçons de danse. Invité à dîner au salon, Julien rencontre Mme de la Mole et Mathilde. Cette dernière lui paraît sans intérêt et peu attirante en comparaison avec Mme de Rênal. En revanche, il trouve Norbert, le fils du marquis, charmant. Il réussit à faire bonne impression par sa connaissance des écrivains classiques.

Partie 2 : Chapitres 3-4

Julien prend son poste de travail à la bibliothèque, où la vaste collection de livres l’éblouit et l’inspire. Mlle de la Mole entre pour faire sortir en fraude un exemplaire de Voltaire. Cette rencontre renforce l’impression que Julien a d’elle comme une femme froide et sans intérêt. Norbert, de son côté, continue à ravir Julien par sa gentillesse. Il accepte l’invitation de faire une promenade à cheval.

La cour chez les Mole rappelle fortement, par sa stérilité, la cour de Louis XVI. Il y règne un air de bienséance, de politesse et de cruauté. On ne discute que de choses insignifiantes. La stérilité de la conversation amène inévitablement des calomnies, des dérisions et des moqueries. Avouant à Pirard combien ces soirées lui déplaisaient, Julien est entendu par Mathilde, qui admire ce courage et cette sincérité.

Partie 2 : Chapitres 5-7

Après quelques mois, Julien a rendu ses services très précieux à M. de la Mole. Il s’applique inlassablement à son travail, et pour échapper au découragement que lui fait ressentir son exil. Il consacre tout son temps libre à l’escrime et à l’équitation. Norbert s’est éloigné de lui, et Mme de la Mole trouve l’impétuosité et la sensibilité de Julien répugnantes aux convenances.

Affaibli par la goutte, le marquis de La Mole découvre en Julien un homme d’idées et d’esprit vif. Le marquis fait cadeau à Julien d’un habit bleu, et lorsque Julien lui rend visite le soir en portant cet habit, le marquis le traite en égal. Julien introduit l’efficacité dans les affaires du marquis. Ses innovations sont tellement appréciées que le marquis veut le récompenser par un don d’argent. Julien décline, prétextant que le cadeau ruinerait la relation avec l’homme en bleu puisque c’est à cet homme et non à l’homme en noir qu’il est fait.

Reconnaissant la noblesse innée de Julien, le marquis élabore un plan pour lui conférer la croix de la Légion d’honneur, qui constituera une reconnaissance extérieure de la noblesse intérieure de Julien. Il envoie Julien en Angleterre, où il est présenté à divers notables des plus hautes sphères. À son retour, la décoration rend Julien plus confiant.

Une visite est rendue à Julien par Valenod, récemment fait baron. Valenod a remplacé Rênal comme maire de Verrières. Ironie du sort, Valenod était le candidat ultra, et Rênal le candidat des libéraux. Le marquis accepte de recevoir le maire et entend même encourager sa carrière politique.

Partie 2 : Chapitres 8-9

Julien retrouve Mathilde après une période de séparation. Elle lui ordonne d’aller à un bal avec son frère. Julien est ébloui par la magnificence de l’Hôtel de Retz et par l’éclat de l’aristocratie présente. Bien que Mathilde soit le centre d’attraction, elle s’ennuie du manque de couleur qui caractérise tous ses prétendants. Julien et Altamira, un libéral condamné à mort, sont les seuls hommes présents qui l’intriguent, et ils semblent indifférents à son charme, contrairement à Croisenois et aux autres de son acabit.

Par ennui et à cause de sa fascination pour le non-conformiste, l’excitant, l’insolite, Mathilde recherche la compagnie de Julien et d’Altamira, qui sont profondément absorbés dans une conversation sur l’opportunisme politique et l’idéalisme. Ils restent inconscients de sa présence. Piqué au vif, Mathilde se lance dans une joute verbale avec l’impertinent Fervaques, joute dont elle sort impitoyablement victorieuse. L’admiration de Julien pour Altamira est sans bornes. Le lendemain du bal, alors qu’il travaille à la bibliothèque, il est encore engagé dans un débat intérieur sans fin entre opportunisme et idéalisme. Mathilde apparaît et réapparaît, espérant attirer son attention. Lorsque Julien daigne répondre à sa question sur l’objet de ses pensées, il l’accable de ses réflexions. Mathilde se retire précipitamment.

Partie 2 : Chapitres 10-12

Lorsque l’ardeur de Julien s’apaise, il est capable de réfléchir à l’attitude de Mathilde à son égard, et il commence à la voir sous un jour nouveau. L’académicien raconte à Julien l’histoire de Boniface de la Mole, ancêtre de Mathilde, qui fut décapité en Grève pour avoir défendu ses amis, et dont l’amante était la reine Marguerite. Cette dernière récupéra héroïquement la tête de Boniface et l’enterra amoureusement. Mathilde vénère cet ancêtre et porte le deuil à l’anniversaire de sa mort.

Cette connaissance évoque l’admiration de Julien pour Mathilde. Dans les conversations ultérieures avec elle dans le jardin, il trouve qu’elle est intelligente et charmante. Se trouvant traité avec gentillesse par Mathilde, Julien se demande si elle l’aime. Mathilde, de son côté, a découvert qu’elle doit être amoureuse de Julien.

Partie 2 : Chapitres 13-15

Julien se retrouve amoureux de la beauté et du charme de Mathilde. Convaincu cependant qu’il va se faire duper, Julien prétexte un voyage d’affaires dans les domaines de Mole dans le Languedoc. Cette menace de départ pousse Mathilde à agir, et dans la déclaration d’amour qu’elle lui écrit, elle déclare qu’il serait au-dessus de ses forces d’être séparée de lui.

Julien est ravi de cet aveu. Il convainc Mole que les affaires de ce dernier en Normandie nécessitent un changement de plans et la présence de Julien à Paris. La joie de Mole face aux projets de Julien fait surgir un dilemme intérieur chez le jeune homme. Comment peut-il séduire la fille d’un homme qui a été si gentil et qui lui est si attaché ? Il fait taire ce scrupule et, toujours animé par sa méfiance envers ces aristocrates, élabore un plan.

Julien annonce son départ imminent de Paris.

Préparé au pire, Julien imagine les divers moyens dont disposent les conspirateurs pour le capturer, l’assassiner et le déshonorer. Il envoie à Fouqué des copies des lettres de Mathilde, accompagnées d’une dénonciation cachetée à faire circuler dans divers journaux en cas de catastrophe. Julien tente, en vain, de lire la trahison sur le visage des domestiques et de Mathilde pendant le dîner. Il se promène dans le jardin, souhaitant qu’elle apparaisse pour le rassurer. Il se reproche alors de s’être abaissé à une ingratitude qui compromettrait l’honneur d’une si noble famille. Très vite, il regrette d’avoir envoyé les lettres à Fouqué.

Partie 2 : Chapitre 16

Le soir, Julien grimpe à l’échelle jusqu’à la fenêtre de Mathilde. Leurs premiers moments de conversation sont forcés, et tous deux sont très mal à l’aise. Julien inspecte furtivement les lieux, à la recherche d’ennemis cachés. Finalement, il avoue ses soupçons à Mathilde. Ils cherchent désespérément des sujets de conversation. Après bien des hésitations, Mathilde décide qu’elle doit à Julien, qui a fait preuve de beaucoup de courage en se montrant, de se donner à lui. Mais ni l’un ni l’autre ne trouve de plaisir dans l’acte d’amour. Julien part avant l’aube, chevauchant vers les hauteurs de Meudon, où il trouve enfin le bonheur. Mathilde se demande si elle aime Julien après tout.

Partie 2 : Chapitres 17-18

Dans les jours qui suivent le rendez-vous, Mathilde se montre distante et froide envers Julien. Il est perplexe et découvre qu’il est éperdument amoureux d’elle. Un jour, en la confrontant à la bibliothèque, Julien lui demande directement si elle ne l’aime plus. Mathilde répond qu’elle est horrifiée de s’être donnée au premier venu. Désespéré, Julien annonce au marquis qu’il part en voyage d’affaires dans le Languedoc. Le marquis a d’autres projets pour Julien, qui est confiné dans ses quartiers pour être disponible à tout moment pour une mission importante.

Mathilde autorise Julien pendant une semaine à se promener avec elle dans le jardin pendant qu’elle lui parle avec passion de l’amour qu’elle a éprouvé autrefois pour ses rivaux. C’est un supplice pour Julien, qui souffre de tous les tourments de la jalousie et du malheur, se croyant non aimé. Lui criant son amour, Julien se retrouve à nouveau haï. Le cours des événements dépend de plus en plus du départ imminent de Julien pour la mission du marquis.

Partie 2 : Chapitres 19-20

Par un heureux hasard, Julien et Mathilde parviennent à un état d’esprit propice à un second rendez-vous de minuit. Mathilde commence à se reprocher d’avoir été si peu aimable, puis se laisse emporter par l’humeur et le sentiment que lui inspire un opéra. Julien, de son côté, est au plus profond du désespoir. Il songe au suicide en remontant l’échelle et en se présentant sans y être invité à la fenêtre de Mathilde. Leur second rendez-vous est moins étudié et plus réussi que le précédent. Mais peu après, Mathilde regrette d’avoir succombé et d’avoir coupé ses cheveux pour les offrir à Julien dans un geste de soumission.

Au dîner, Julien découvre qu’il a perdu la faveur de la cour. Il monte à cheval toute la journée jusqu’à l’épuisement physique. Alors qu’elle le confronte un matin dans la bibliothèque, Mathilde lui dit sans pitié qu’elle ne l’aime pas. Elle l’accable de sa véhémence. Julien casse accidentellement un vase japonais antique. Ses excuses à Mme de la Mole, faites en présence de Mathilde, laissent entendre que son amour, comme le vase, a été irrémédiablement brisé.

Partie 2 : Chapitres 21-23

Le marquis prépare Julien à son rôle de scribe et d’espion. Julien accompagnera le marquis à une réunion d’un groupe d’ultras, où il prendra des notes, les condensera et partira en mission à Londres. Sur le chemin de la réunion, Julien récite une page du journal au marquis pour démontrer sa mémoire photographique. Au lieu de rendez-vous, la salle se remplit peu à peu des conspirateurs. Julien aiguise de nombreuses plumes en attendant de nouveaux ordres.

Le marquis présente Julien aux conspirateurs. Julien leur démontre sa mémoire prodigieuse. Les douze conspirateurs cherchent des moyens de renforcer la position des ultras contre la menace toujours croissante du libéralisme, ou, comme on l’appelait, du jacobinisme. La question est de savoir s’il faut demander à l’Angleterre d’intervenir pour renforcer la monarchie ultra. Le marquis est d’avis que l’Angleterre ne pourra aider que si les Français galvanisent leurs partisans ultra à tous les niveaux de la société. Il recommande de restreindre sévèrement la liberté de la presse afin de contrôler l’opinion publique.

Un cardinal soutient la proposition du marquis, ajoutant la nécessité de s’appuyer sur le pouvoir de l’Église, dont les 50 000 prêtres ont l’oreille du peuple. Il suggère que le ministre du cabinet, M. de Nerval, démissionne car il compromet leur cause. La discussion s’échauffe et dure jusqu’à trois heures du matin.

Plus tard, Julien et le marquis éditent les notes, que Julien mémorise. Le lendemain matin Julien part en mission.

Arrivé à Londres, Julien réussit à rencontrer le duc de Wellington, à qui il récite le message dans le secret d’une auberge minable. Julien suit les instructions du duc pour se rendre à Strasbourg, puis revenir dans les douze jours. Julien arrive à Strasbourg, échappant aux jésuites vigilants.

Partie 2 : Chapitres 24-26

Épouvanté par l’amour, Julien ne parvient pas à s’amuser à Strasbourg. Il rencontre le prince russe Korasov, qui se lie d’amitié avec lui et entreprend de le réconforter. Le prince conseille à Julien de faire naître de la jalousie chez la femme qu’il aime, en en courtisant une autre. Le prince remet à Julien une série de lettres d’amour avec des instructions sur la manière et le moment de les remettre à la dame. Julien a l’intention de courtiser Mme de Fervaques, une belle veuve d’un maréchal de lignée bourgeoise, influente dans la Congrégation. Julien accepte le stratagème. En même temps, il refuse une offre faite par Korasov pour la main d’une cousine de ce dernier. Une union qui aurait facilité une glorieuse carrière militaire pour Julien en Russie.

Chez les Mole, Julien doit faire preuve de beaucoup de sang-froid. Civil mais peu attentif à Mathilde, il recherche Mme de Fervaques et passe la soirée à causer avec elle. Au théâtre, ses yeux restent fixés sur Mme de Fervaques. En revoyant Julien, Mathilde, qui avait juré de l’oublier, de revenir à la vertu et de hâter son mariage avec Croisenois, change maintenant de position, voyant en Julien son véritable mari.

Partie 2 : Chapitres 27-28

Mathilde est consternée par l’indifférence de Julien à son égard. Mme de la Mole regarde Julien d’un œil plus favorable car il semble s’intéresser à Mme de Fervaques. Au cours de ses conversations du soir, Julien se place de telle manière qu’il puisse observer Mathilde sans être vu. Mme de Fervaques est très favorablement impressionnée par Julien, dans l’éloquence, le penchant métaphysique et la préoccupation mystique de qui elle croit voir la formation d’un grand homme d’église.

Deux semaines et de nombreuses lettres plus tard, Julien reçoit une invitation à dîner chez Mme de Fervaques. Julien trouve le dîner, la conversation et les convives insipides. Tanbeau, son rival à l’hôtel de la Mole, l’encourage dans sa conquête de Mme de Fervaques.

Un soir à l’opéra, Mme de Fervaques laisse entendre que quiconque l’aime ne doit pas aimer Napoléon. Julien interprète cela comme l’aveu d’un certain succès dans son plan. Mathilde croit à sa stratégie. Le mariage de Mathilde avec Croisenois est imminent, et Julien pense à nouveau au suicide.

Partie 2 : Chapitres 29-30

Mme de Fervaques répond enfin aux lettres de Julien. Elle finit par lui écrire une lettre quotidienne, que Julien n’ouvre pas et à laquelle il répond par les lettres de Korasov. Mathilde, trouvant l’état actuel des choses insupportable, rencontre un jour Julien dans la bibliothèque. Elle lui reproche de l’avoir négligée, puis s’effondre en larmes. Julien n’entreprend aucune démarche en guise de réponse. Mathilde se reproche alors d’avoir oublié sa fierté. Trouvant les lettres de Mme de Fervaques à Julien toutes fermées, elle est hors d’elle, l’insulte, puis lui avoue son amour, implore sa clémence et s’évanouit à ses pieds. Julien a triomphé.

Mathilde demande à Julien si Mme de Fervaques lui a donné des preuves de son amour. Julien répond non, et exige de Mathilde des garanties qu’elle ne continuera pas ce jeu cruel avec lui. Julien se retire respectueusement, demandant un temps de réflexion. Mathilde a trouvé le bonheur en renonçant à son orgueil. Julien se sent obligé de paraître dans la loge de Mme de Fervaques à l’opéra. Celle-ci croit à tort que les larmes des yeux de Julien sont versées pour elle. Julien aperçoit Mathilde dans une autre loge, en pleurs.

Partie 2 : Chapitres 31-32

S’abandonnant à la joie expansive de son amour dans la solitude de sa chambre, Julien invente un nouveau stratagème pour perpétuer l’amour de Mathilde : il doit l’effrayer. Le lendemain, elle lui propose de s’enfuir avec lui. Il rejette l’offre, lui rappelant que cet état d’esprit passerait bientôt. Se promenant dans le jardin avec Mathilde, Julien avoue qu’il l’y guettait autrefois. Il continue à écrire à Mme de Fervaques malgré la désapprobation de Mathilde.

Mathilde est désormais vraiment amoureuse. Elle agit avec imprudence et annonce triomphalement, à la consternation de Julien, qu’elle est enceinte et que c’est la garantie qu’il exigeait. Elle insiste pour informer son père mais se soumet à l’avis de Julien qui estime qu’il serait préférable de retarder l’écriture de la lettre. Dans sa lettre, Mathilde assume toute la responsabilité et exprime l’espoir que son père leur pardonnera à tous les deux. Elle annonce son intention d’épouser Julien et elle suggère que leur situation future dépendra de la façon dont M. de la Mole recevra cette nouvelle.

Partie 2 : Chapitres 33-34

Après avoir lu la lettre de Mathilde, le marquis est hors de lui. Julien propose de se suicider ou d’être tué par les hommes du marquis. Il va demander conseil à Pirard. Mathilde apprend la lettre de suicide de Julien et dit résolument à son père que si Julien meurt, elle apparaîtra comme la veuve de Julien aux yeux de la société. Dans un moment de tendresse, le marquis donne des actions d’une valeur de 10 000 francs à Mathilde pour Julien. Julien reste chez Pirard, qui est devenu le meilleur allié de Mathilde pour tenter de convaincre le marquis de la nécessité d’un mariage public.

Le marquis ne peut se résoudre à agir. Il envisage tour à tour la mort accidentelle de Julien, puis suit les sages conseils de Pirard. Surtout, il refuse de croire que son ambition pour le brillant avenir de Mathilde est contrariée. Mathilde voit Julien presque tous les jours chez Pirard. Finalement, le marquis offre au couple une propriété en Languedoc pour différer la décision finale. Par lettre, Mathilde demande à son père la permission d’épouser Julien. Le marquis envisage alors la possibilité de protéger Julien, de l’aider à se construire une brillante carrière. Il doute cependant de la sincérité de Julien. A-t-il simplement utilisé Mathilde comme un moyen de s’élever dans la société ?

Partie 2 : Chapitres 35-36

Plutôt que de donner son autorisation pour le mariage, il donne à Julien un titre et une commission dans l’armée. Mathilde répond en essayant de négocier. Elle ne communiquera la nouvelle du titre à Julien que si son père accepte le mariage. Le marquis refuse catégoriquement et exige que Julien parte pour Strasbourg.

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Julien est à Strasbourg, où son maintien digne, son élégance, son audace et son habileté aux armes inspirent l’admiration de ses hommes. Puis arrive une lettre de Mathilde qui annonce que tout est perdu et demande le retour immédiat de Julien à Paris. Julien y apprend que le marquis s’est renseigné auprès de Mme de Rênal sur le passé de Julien. La réponse qu’elle a écrite confirme les craintes du marquis. La lettre accuse Julien d’avoir pour habitude de s’insinuer dans les familles respectables, de séduire les femmes, puis de les ruiner. Julien part aussitôt pour Verrières, où il arrive un dimanche matin. Il achète des revolvers, se rend à l’église et tire sur Mme de Rênal.

Partie 2 : Chapitres 37-38

Julien est emprisonné à Verrières, ignorant que Mme de Rênal a miraculeusement échappé à la mort et que les bons traitements qu’il reçoit en prison sont dus à son intervention. Il écrit ses adieux à Mathilde, lui demandant de ne plus jamais tenter de le revoir. Julien est ravi d’apprendre que Mme de Rênal n’est pas morte. Il s’est confessé à de nombreuses reprises au procureur de la République qui lui rend visite, et il espère, par ce moyen, simplifier la procédure et être laissé tranquille. Il est transféré dans une autre prison, où il se met à revivre son passé avec Mme de Rênal et découvre qu’il y avait du bonheur. Alors il envisage le suicide, puis rejette cette idée.

Julien reçoit les visites de Chélan et de Fouqué. Chélan affaiblit son courage. Fouqué le réconforte. Les interrogatoires continuent malgré l’aveu franc de culpabilité de Julien. Fouqué tente d’intervenir par une visite à Frilair. Ce dernier est de plus en plus intrigué par le mystère de l’affaire Sorel, et il va tenter d’en tirer profit. Julien espère ne pas avoir à subir la visite de son père, et Fouqué est horrifié par ce manque d’amour filial.

Partie 2 : Chapitre 39

Mathilde rend visite à Julien déguisée en Madame Michelet. Elle a fait des démarches partout pour obtenir la libération de Julien. De ces démarches elle ne lui dit rien. Julien la trouve extrêmement attirante. Mathilde a rendu visite à Frilair, chef de la Congrégation de Besançon, autrefois ennemi de son père. Elle révèle à Frilair suffisamment d’informations pour parvenir à une sorte de marché. Elle exercera son influence à Paris au profit de Frilair en échange de l’assurance que celui-ci œuvrera à l’acquittement de Julien.

Mme de Fervaques use de son influence auprès d’un évêque pour négocier avec Frilair. Mathilde a soudoyé les gardes pour avoir un accès permanent à Julien. Ce dernier se reproche de ne pas apprécier les efforts surhumains de Mathilde pour le sauver. Il lui propose de confier leur enfant à Mme de Rênal. Mathilde, offensée par cette suggestion, se trouve de plus en plus obligée de lutter contre le penchant croissant de Julien pour la solitude.

Partie 2 : Chapitres 40-42

Juste avant son procès, Julien plaide coupable de tentative de meurtre avec préméditation devant le juge et son propre avocat, qui se rendent dans sa cellule. Mathilde a réussi à établir un contact entre Mme de Fervaques et M. de Frilair. Frilair est certain de pouvoir contrôler les votes de Valenod, Moirod et Cholin, et de pouvoir obtenir un acquittement. Malgré les protestations de son mari, Mme de Rênal est venue à Besançon et a personnellement écrit une demande de clémence pour Julien à chacun des trente-six jurés.

Tout Besançon se rend au procès. Mathilde rend une dernière visite en larmes à Frilair, qui l’assure que tout est arrangé. Julien décide de ne pas se défendre au procès. Le procès commence. L’auditoire, composé en majorité de femmes, est manifestement sympathique à l’accusé. Le procès dure tard dans la nuit sans interruption. Julien prononce un dernier discours après le réquisitoire malgré sa résolution de ne pas parler. Le jury revient avec un verdict de culpabilité avec préméditation.

Julien est transféré dans la cellule de la mort. Il ne pense qu’à Mme de Rênal, qu’il espère voir avant de mourir. Mathilde trouble son sommeil paisible pour le supplier de faire appel d’un nouveau procès. Julien persiste dans son refus malgré les supplications de Mathilde. Julien donne la même réponse à son avocat.

Partie 2 : Chapitres 43-45

Julien est comblé de joie par la visite de Mme de Rênal. Il accepte de faire appel si elle veut bien lui rendre visite tous les jours dans sa cellule. Ils connaissent le bonheur complet. Au bout de trois jours, M. de Rênal ordonne que sa femme retourne à Verrières.

Mathilde arrive et tente de convaincre Julien de demander un sursis. Julien finit par la renvoyer en lui demandant d’écouter une messe pour lui. Julien partage enfin une bouteille de champagne avec deux autres prisonniers et écoute le récit de la vie de l’un d’eux. Il est ensuite abandonné à ses sombres méditations.

Julien se soumet à la confession et l’opinion publique provinciale s’en trouve satisfaite. Mme de Rênal a quitté Verrières et, installée chez sa tante à Besançon, elle rend visite à Julien deux fois par jour. Cette béatitude est interrompue par les visites quotidiennes de Mathilde. M. de Croisenois a été tué dans un duel pour défendre l’honneur de Mathilde. Julien doit dissuader Mme de Rênal de demander un sursis au roi à Saint-Cloud. Après l’exécution, Mathilde visite la cellule et emporte la tête de Julien. Fouqué, exécutant les dernières volontés de Julien, négocie son enterrement sur une haute colline dominant Verrières. Mathilde accompagne le cortège et enterre de ses propres mains la tête de Julien. Mme de Rênal meurt trois jours après la mort de Julien.

Personnages

Julien Sorel

Personnage central du roman, Julien est le fils d’un charpentier de province âgé de dix-neuf ans. Ambitieux, intelligent, féroce, hypocrite et admirateur de Napoléon, Julien rêve de s’élever dans les rangs de la société française. Sa mémoire photographique lui donne l’opportunité de devenir un prêtre à succès, mais Julien ne veut être qu’un soldat. Il essaie d’équilibrer ses deux élans de carrière en devenant précepteur et en séduisant les femmes.

Comme tout héros romantique, Julien tombe amoureux de ses conquêtes, mais n’a jamais vraiment la moindre idée de ce qu’il fait. Ce qu’il connaît du monde réel vient des livres, jamais de l’expérience. Il est obsédé par l’idée de devenir un Napoléon des temps modernes. Mais il laisse toujours ceux qui l’entourent choisir sa propre voie. Une ambition aveugle le conduit à renoncer à des opportunités moins « glorieuses » et au véritable amour. Son échec à réussir à la fois en amour et dans la vie est aussi l’échec d’une société qui n’a pas de place pour lui.

Mme. de Rênal

Aristocrate et épouse du maire de la ville, Mme. de Rênal est le premier amour de Julien. Mme de Rênal aime vraiment Julien et bien qu’elle trompe son mari, elle est un symbole de pureté morale et de gentillesse. Contrairement à tous les autres personnages, Mme de Rênal est honnête, compatissante et débrouillarde. Elle est l’un des rares personnages de toute la littérature française à mourir d’amour.

Mathilde de la Mole

Fille du marquis, Mathilde s’ennuie de la société parisienne et se prend immédiatement d’affection pour Julien. Légèrement déséquilibrée, Mathilde a un flair pour le dramatique. Elle est obsédée par son ancêtre Boniface de la Mole et prétend que Julien lui ressemble et agit comme lui. Elle tombe amoureuse de Julien et exhorte son père à l’anoblir car elle ne peut oublier le statut de classe inférieure de Julien.

Napoléon

Bien qu’il ne soit pas un personnage physique du roman, l’ascension de Napoléon vers la gloire est un modèle constant pour Julien. Celui-ci rêve de s’élever au sommet de la société française et utilise les techniques militaires de Napoléon pour séduire les femmes.

M. de Rênal

Le maire de Verrières. M. de Rênal est un conservateur partisan de la Restauration. Par conséquent, il est vaniteux, obtus et avide. Il ne se préoccupe que de son titre et de son rang, même s’il est constamment manipulé et ridiculisé. Julien le voit comme un adversaire.

Marquis de la Mole

Le bienfaiteur de M. Pirard et l’employeur de Julien à Paris. Le marquis de la Mole est un symbole de l’aristocratie mourante. Il traite Julien en égal, mais seulement lorsque Julien porte les bons vêtements. Il craint l’intelligence et l’ambition de Julien et l’ennoblit à contrecœur.

M. Chélan

Le curé de Verrières, M. Chélan, reconnaît l’intelligence et la mémoire étonnante de Julien. Mais il voit aussi le manque de dévotion de Julien envers l’Église. Bon et bienveillant, il choisit d’être le mentor de Julien et de lui enseigner le latin.

M. Pirard

Le directeur du séminaire et le protecteur de Julien. M. Pirard fuit la politique mais l’Église est devenue si corrompue qu’il démissionne. Il est un personnage puissant dans la vie de Julien, le promouvant d’abord au séminaire puis le présentant au marquis.

M. Valenod

Un libéral bourgeois et l’ennemi juré de M. de Rênal. M. Valenod a fait fortune en gérant l’hospice local, escroquant les moins fortunés de la société. Il est jaloux de la liaison de Julien avec Mme de Rênal et venge son orgueil en votant pour l’exécution de Julien. Personnage le plus corrompu du roman, c’est aussi celui qui a le plus de succès dans la société.

Mme de Fervaques

Une membre du salon du marquis. Elle est très religieuse, alors Julien utilise son attention pour rendre Mathilde jalouse.

Elisa

La femme de chambre de Mme de Rênal. Elisa est la première femme à tomber amoureuse de Julien. Elle est si jalouse de sa liaison avec Mme de Rênal qu’elle en parle à M. Valenod.

Fouqué

Le seul ami de Julien. Il vit dans les montagnes au-dessus de Verrières et travaille dans le commerce du bois. Il offre à Julien un travail qui promet la richesse mais peu de gloire.

Le Rouge et le Noir : analyse

Le Rouge et le Noir se situe à la croisée des chemins de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles. Comme la plupart des romanciers romantiques, Stendhal a traité des thèmes tels que l’individualisme, la passion, et la recherche du bonheur. Mais il a également été profondément influencé par les œuvres de Voltaire, en particulier Candide. Il méprisait ainsi la sentimentalité religieuse, critiquait ouvertement l’Église catholique et se moquait de la prose flamboyante.

En conséquence, Julien Sorel est à la fois un héros romantique et un simplet maladroit. Bien que Stendhal organise son récit autour des aventures amoureuses de Julien, il utilise les expériences de son protagoniste pour satiriser le gouvernement de la Restauration. Dans ce contexte, les voyages de Candide et de Julien exposent non seulement leurs personnalités, mais aussi les défauts des monarchies absolutistes. Cette combinaison de romantisme et de satire politique a inspiré la génération suivante d’écrivains, dont Gustave Flaubert et Émile Zola.

Stendhal est une présence constante dans Le Rouge et le Noir. Il ne se cache pas derrière ses personnages, mais les juge et les raille, avec douceur ou avec un dédain extrême. Par exemple, Julien se croit maître dans l’art de séduire les femmes, mais n’a en réalité aucune idée de ce qu’il fait. Il ne convainc Mme de Rênal de le laisser passer la nuit avec elle qu’après avoir fondu en larmes. Stendhal se moque également de Mathilde de la Mole, qui est une romantique passionnée mais aussi mentalement instable. Les protagonistes de Stendhal lui ressemblent souvent beaucoup, et Julien Sorel ne fait pas exception. Julien partage l’admiration de Stendhal pour Napoléon ainsi que son amour pour l’armée. En effet, la cadence et le ton de la prose de Stendhal reflètent étroitement ceux du code napoléonien.

L’amour

Le Rouge et le Noir est également l’un des premiers romans à mettre l’accent sur l’observation psychologique, notamment en ce qui concerne l’amour. Stendhal se considère comme un scientifique de l’amour, dont il distingue quatre types : l’amour passionnel, l’amour vaniteux, l’amour physique et l’amour élégant. Contrairement au héros romantique traditionnel, Julien ne tombe pas amoureux de façon fantasque de Mme de Rênal et de Mathilde. Il suit plutôt un ensemble de formules stipulées par Stendhal. Plutôt que d’aimer aveuglément, il ressent un amour vaniteux : le statut social élevé de Mme de Rênal flatte son ego. En retour, Julien manipule Mathilde pour qu’elle l’aime par un large éventail de jeux d’esprit. L’utilisation persistante du désir triangulaire, ou de l’amour par un personnage intermédiaire, introduit également l’étape fondamentale de la jalousie dans chaque relation. Cette insistance sur la représentation objective des émotions irrationnelles a marqué un tournant dans la littérature française.

L’histoire

Un autre thème majeur du roman est le rôle cyclique de l’histoire. Stendhal croyait fermement que l’histoire se répétait. Julien se prend pour le prochain Napoléon, tandis que le marquis de la Mole craint que Julien ne soit le chef d’une nouvelle Terreur. L’accent mis par l’auteur sur l’histoire critique également la tentative de la Restauration de revenir à la situation telle qu’elle était avant la Révolution française de 1789. L’ennui intense de Mathilde et Julien pour la société parisienne et le « terne XIXe siècle » est un symptôme de cette tentative d’ignorer l’excitation militaire et politique de la Révolution et du règne ultérieur de Napoléon. Leur fuite dans l’histoire est donc un rejet du système politique français stagnant.

Stendhal écrivait consciemment un roman historique qui se déroulait dans le présent. Le sous-titre, « une chronique de 1830 », faisait prendre conscience à ses lecteurs contemporains non seulement du contexte historique du roman, mais aussi de leur propre vie. Le choix de Julien entre le noir de l’Église et le rouge de l’armée était une décision que beaucoup de lecteurs de Stendhal devaient prendre eux-mêmes. Même si Stendhal ne fait pas directement référence à la Révolution de 1830, il met en évidence les tensions politiques et la corruption qui avaient récemment atteint un point d’ébullition.

Mais cette insistance sur l’histoire sert aussi d’avertissement aux lecteurs. L’échec de Julien dans sa réussite dans la société française et sa trahison par M. Valenod laissent présager une méfiance à l’égard de la bourgeoisie libérale victorieuse. La mort de l’aristocratie marquerait-elle la mort de la société française ? La comparaison que fait Stendhal entre le pari de la révolution et le rouge et le noir d’une roulette offre un aperçu poignant de la volatilité de la politique française. Une vision qui fascine encore les lecteurs d’aujourd’hui.

Le roman comme miroir

Indissociable de son contexte social, le roman (comme beaucoup d’autres) parle très clairement des gens. De leurs vicissitudes, de la réussite ou de l’échec de leurs ambitions, de leurs relations entre eux et de leurs caractères.

Le miroir que nous impose Stendhal est loin d’être flatteur. Il est dégradant, moqueur et méprisant. C’est peut-être son ton dur qui a fait que Stendhal a été si peu apprécié par ses contemporains.

Que peut-on voir dans ce miroir ? Qui sont les Français de 1830 ?

La réponse est, d’abord et avant tout : des hypocrites. Stendal dépeint les Français comme des gens dont l’âme fière est un dangereux mélange d’hypocrisie et d’auto-illusion. Et qui sont par conséquent perdus dans la confusion. Ils gardent toujours pour eux leurs véritables causes et ne restent fidèles qu’à leur inauthenticité.

Style

L’un des éléments qui caractérisent le roman est le style d’écriture de Stendhal.

Le centre du roman se déplace rapidement d’un personnage à l’autre, et le ton change. Une pensée de Mme de Rênal reçoit un traitement différent de celle de Mlle de La Mole ou de Julien. Avec pour résultat un portrait de chaque personnage d’une manière différente, non seulement selon les vues de Stendhal, mais aussi en relation avec les circonstances de la situation. Cette incohérence structurée est essentielle pour susciter des réactions différentes selon les personnages. Et c’est cette habileté de Stendhal qui le rend d’autant plus intrigant.

Un autre élément du roman qui ajoute à l’habileté de Stendhal est le manque de crédibilité du narrateur lui-même, bien que le lecteur soit presque induit en erreur sur ce point. Le narrateur feint l’omniscience. Il fournit des détails sur les motivations et les personnalités comme s’il s’agissait de faits, pour être ensuite contredit par la négation de détails ou par les actes mêmes des personnages. Lorsqu’on l’étudie attentivement, la narration révèle ses notes contraires et se révèle n’être qu’un assemblage d’angles et de points de vue entremêlés.

Un autre point intéressant dans le style est celui des citations de Stendhal. L’auteur a inventé la plupart d’entre elles, puis les a attribuées à des personnages. Selon Stendhal, une citation n’a pas besoin de prouver un point de vue de manière spécifique ou plus conforme à son contenu. Elle doit seulement enrichir l’expérience du lecteur, tirer les ficelles du cœur plutôt que celles de l’esprit. Et moduler la réaction du lecteur selon le désir de l’auteur.

 

Questions & réponses sur Le Rouge et le Noir

Quel est le thème principal du roman ?

Le thème principal est l’ambition et la lutte sociale. Julien Sorel, jeune homme ambitieux, tente de gravir les échelons de la société en jouant sur son intelligence et son charme, tout en étant confronté aux hypocrisies de la société de son époque.

Pourquoi le titre Le Rouge et le Noir ?

Le « rouge » symbolise la carrière militaire, que Julien admire en référence à Napoléon. Le « noir » représente le clergé, une voie qu’il choisit par opportunisme pour avancer dans une société dominée par l’Église et l’aristocratie.

Comment évolue le personnage de Julien Sorel ?

Julien passe d’un jeune homme ambitieux et calculateur à un personnage plus humain et vulnérable. Ses expériences amoureuses avec Mme de Rênal et Mathilde de La Mole le confrontent à ses émotions et le forcent à revoir ses priorités, bien qu’il reste fidèle à son ambition jusqu’à la fin.

Quel rôle joue Mme de Rênal dans la vie de Julien ?

Mme de Rênal est le premier amour de Julien et incarne une relation sincère et passionnée. Son amour désintéressé contraste avec les calculs de Julien. Mais leur liaison le précipite dans un scandale aux conséquences fatales.

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Comment la société de l’époque est-elle dépeinte dans le roman ?

Stendhal critique une société post-révolutionnaire figée dans ses hiérarchies, marquée par l’hypocrisie de la noblesse et du clergé. Julien, issu d’un milieu modeste, incarne un conflit entre aspiration personnelle et rigidité sociale.

Quelle est la relation entre Julien et Mathilde de La Mole ?

Julien et Mathilde vivent une relation complexe, oscillant entre passion et manipulation. Mathilde est fascinée par Julien pour son côté rebelle. Mais leur relation est empreinte d’orgueil et d’ambition, plutôt que d’amour véritable.

Pourquoi Julien est-il condamné à mort ?

Julien tire sur Mme de Rênal dans une église, car il croit qu’elle a trahi leur amour en écrivant une lettre à son mari pour dénoncer leur relation. Bien que Mme de Rênal survive, Julien est condamné à mort, son procès reflétant les tensions sociales et politiques de l’époque.

Quel rôle joue Napoléon dans l’imaginaire de Julien ?

Napoléon est un modèle d’ambition et de réussite pour Julien. Il symbolise la possibilité de transcender les classes sociales par le mérite et le courage. Cependant, Julien évolue dans une époque où ce rêve napoléonien est réprimé par la Restauration.

Comment Stendhal utilise-t-il le réalisme dans Le Rouge et le Noir ?

Stendhal dépeint avec précision les comportements, les ambitions et les contradictions des personnages, ainsi que les structures sociales de l’époque. Il s’appuie sur des détails psychologiques et historiques pour ancrer son récit dans le réel.

Quelle est la signification de la fin du roman ?

La mort de Julien symbolise son incapacité à s’intégrer dans une société qu’il méprise et dont il ne peut briser les codes. Sa fin tragique souligne l’impossible réconciliation entre ambition personnelle et justice sociale dans le contexte de la Restauration.

Quelle est l’importance de la ville de Verrières dans le roman ?

Verrières représente la société provinciale étroite et hypocrite. C’est dans cette petite ville que Julien commence son ascension sociale et sa relation avec Mme de Rênal, tout en ressentant une profonde aversion pour ce milieu.

Comment Stendhal construit-il la psychologie de Julien Sorel ?

Stendhal explore en profondeur les pensées et les motivations de Julien à travers le procédé d’introspection. Il met en lumière ses contradictions. Son ambition froide et calculatrice coexiste avec des élans de passion sincère.

Pourquoi Julien choisit-il la carrière ecclésiastique ?

Julien choisit cette voie par pragmatisme. Il sait que l’Église offre une des rares opportunités aux hommes de son rang social pour progresser, même s’il méprise en réalité les valeurs religieuses et la hiérarchie ecclésiastique.

Quel est le rôle de l’amour dans le roman ?

L’amour joue un rôle double. Il est à la fois un moteur de l’action et une source de conflit pour Julien. Ses relations avec Mme de Rênal et Mathilde montrent l’opposition entre des sentiments sincères et des ambitions personnelles.

Comment la jalousie influence-t-elle les personnages ?

La jalousie est un moteur narratif important. Mme de Rênal et Mathilde de La Mole éprouvent toutes deux de la jalousie envers d’autres femmes, ce qui alimente leurs passions. Julien, lui, se sert parfois de la jalousie pour manipuler.

Quelle critique sociale Stendhal fait-il à travers le roman ?

Stendhal critique les inégalités sociales, l’hypocrisie des élites et l’immobilisme de la société française sous la Restauration. Julien est un produit de cette société, où la naissance et les apparences comptent plus que le mérite.

Comment le roman illustre-t-il la lutte entre le mérite et la naissance ?

Julien, fils de charpentier, tente de gravir l’échelle sociale par son intelligence et son travail. Cependant, il se heurte constamment aux privilèges de naissance, incarnés par des personnages comme M. de La Mole.

Quelle est la fonction de la narration omnisciente dans le roman ?

La narration omnisciente permet au lecteur de comprendre les pensées et les motivations intimes des personnages, en particulier Julien. Cela donne une profondeur psychologique au récit et éclaire les tensions sociales sous-jacentes.

En quoi Le Rouge et le Noir est-il un roman d’apprentissage ?

Le roman suit Julien dans sa quête d’identité, ses expériences amoureuses et ses désillusions face au monde. Il apprend progressivement que son ambition ne le mènera pas au bonheur et qu’il ne peut échapper à son origine.

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A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !