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« Lazarillo de Tormes », auteur anonyme : Résumé

 Lazarillo de Tormes a initié le roman moderne au sein de la littérature espagnole, en surpassant Don Quichotte de Cervantes, qui a été écrit un peu plus tard. Bien que l’auteur soit anonyme, cet ouvrage, qui traite des aventures et des malheurs d’un voyou, est devenue un véritable succès commercial.

Comme nous le verrons dans le résumé de Lazarillo de Tormes, Lazaro est le représentant maximal du personnage du voyou traditionnel de l’âge d’or espagnol. En tant que tel, il doit toujours utiliser son l’esprit pour survivre.

Ce roman picaresque a été écrit selon un style épistolaire, comme certains fragments de la Pepita Jiménez de Juan Valera. Cela signifie que le récit est présenté comme une longue lettre dans laquelle le protagoniste nous raconte son histoire. Bonne lecture !

 

Résumé général de la Lazarillo de Tormes

Lazarillo de Tormes est une œuvre courte (environ cent trente pages) mais dans laquelle se succèdent de nombreuses épisodes et aventures. Pas d’inquiétude, avec un bon résumé du roman, vous serez en mesure d’avoir une première approche de l’histoire.

Lázaro de Tormes est un jeune homme originaire de Salamanque, en Espagne. Il a des origines très modestes mais un caractère gentil et innocent. Sa mère décide de le mettre au service d’un maître afin qu’il puisse apprendre à survivre.

Le premier personnage qu’il sert est un homme aveugle qui a beaucoup d’argent mais qui n’hésite pas à tromper, maltraiter et affamer Lázaro. C’est au cours de cette première expérience que le protagoniste commence à s’éduquer à la malice. Et, après avoir été piégé par l’aveugle lui-même, il apprend à être plus ingénieux.

Après avoir abandonné l’aveugle, Lázare cherche un nouveau maître et accepte d’entrer au service d’un ecclésiastique. Dans la maison de celui-ci, il découvre qu’il existe une arche avec de la nourriture que l’ecclésiastique garde pour lui. Lorsque l’occasion se présente, le jeune homme demande la clé du coffre et l’utilise pour prendre progressivement du pain et du fromage. Au début, l’ecclésiastique pense que tout ceci est l’œuvre des souris qui se faufilent par les trous du coffre. Mais il finit par se rendre compte que Lázaro est le coupable et il le jette comme un voleur.

Lázaro rencontre bientôt son prochain maître, un hidalgo qui semble avoir de l’argent mais qui est en fait poursuivi par la justice pour ne pas avoir payé ses dettes.

Lázaro enchaîne les maîtres ensuite, et restera notamment au service d’un escroc durant quatre ans avant de s’en séparer.

Vers la fin du roman, notre héros entre dans une cathédrale où un aumônier lui propose d’être le transporteur d’eau de la ville. Lorsqu’il obtient un peu d’argent, il achète de nouveaux vêtements et quitte son emploi pour en chercher un nouveau. Il sert alors un agent de police avec lequel il ne reste pas trop longtemps, le métier étant dangereux.

Après avoir travaillé comme crieur public à Tolède, Lázaro devient le serviteur de l’archiprêtre de San Salvador. Ce dernier propose à son tour le mariage à l’une de ses servantes, ce que le protagoniste accepte. Il finit par être heureux et à mener une vie tranquille.

Résumé chapitre par chapitre de Lazarillo de Tormes

Lazarillo de Tormes n’est pas divisé en chapitres, ou du moins ceux-ci ne sont-ils pas appelés « chapitres », mais « traités ». Tout au long de ceux-ci, sept au total, Lázaro raconte au destinataire de sa longue lettre tout ce qui lui est arrivé. En utilisant comme fil ses différents maîtres et les leçons qu’il a tirées de chacun d’eux.

Le roman commence par un prologue dans lequel Lázaro, qui est le narrateur de la pièce, dit qu’il écrit cette lettre pour justifier une affaire auprès de « Votre Grâce » (dont on ne sait pas qui il est). À la fin de l’œuvre, nous découvrons que cette « affaire » est l’infidélité supposée de sa femme avec son maître, mais avant d’en arriver là, Lázaro déclare que dans chaque histoire, dans chaque livre, nous apprendrons quelque chose. Et c’est pour cette raison qu’il veut nous raconter toute l’histoire de sa vie. Ce n’est que de cette manière que « Votre Honneur » pourra comprendre la situation.

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Traité 1

Lázaro nous est présenté comme un jeune homme innocent et bon, mais aux origines humbles voire quelque peu « honteuses ». Né près de la rivière Tormes (Salamanque), il est orphelin de son père, qui était un voleur et fut banni avant la naissance de son fils. Sa mère s’est remariée et a eu un enfant avec un homme noir, ce qui était mal vu à l’époque. Comme la femme ne peut pas subvenir aux besoins de son fils aîné, elle décide de le mettre au service d’un aveugle.

En tant que serviteur de cet aveugle, Lázaro apprend à être un voyou. Son maître est très gourmand et ne lui donne pas assez à manger. Le protagoniste doit donc réussir à tromper l’aveugle, à obtenir plus de nourriture que celle à laquelle il a droit et ainsi survivre. Cela lui vaut quelques coups et punitions de la part de son maître, qui finit toujours par le découvrir.

La dernière tromperie que Lázaro réalise sous les ordres de l’aveugle est celle qui lui donne la possibilité de s’échapper. Un jour de pluie, le garçon ment en disant à son maître qu’ils se trouvent devant une rivière. Il lui dit également que, pour poursuivre sa route, il doit faire un grand saut et passer ainsi de l’autre côté. L’aveugle, sans méfiance cette fois, saute et se cogne contre un pilier qui se trouvait devant lui. Lazare profite de la stupeur de son maître pour le voler et s’échapper.

Cette expérience auprès d’un homme aussi égoïste et menteur, qui prétendait par exemple être un médecin ou un diseur de bonne aventure, est un excellent apprentissage pour Lázaro. Cette aventure est sans doute celle qui a le plus façonné le voyou qu’il commence alors déjà à devenir.

Traité 2

Lázaro se met en quête d’un nouveau maître et en trouve un. Un ecclésiastique, qui a besoin d’une aide pendant la messe. Cependant, comme pour l’aveugle, la bonté de cet homme n’est qu’apparente. Il maltraite lui aussi notre protagoniste et le nourrit très peu (uniquement lorsqu’il y a des funérailles).

Lázaro témoigne alors de son espièglerie et obtient la clé du coffre où l’ecclésiastique garde le pain qu’il commence à manger en cachette. Pour ne pas éveiller les soupçons, il attribue la disparition du pain aux souris, car le coffre est très vieux et présente des trous par lesquels les rongeurs peuvent se faufiler. L’ecclésiastique décide de poser des pièges, sans succès. Cela lui fait réaliser que c’est peut-être son serviteur qui est en fait le coupable.

Afin de ne pas être découvert, le protagoniste cache et avale la clé qui se coince dans sa gorge, lui faisant émettre un sifflement semblable à celui d’un serpent. Le clerc, effrayé, commence à frapper à l’endroit où il entend le son, pensant qu’il y a un serpent et que c’est lui qui s’attaque à son arche pleine de pain. Finalement, il se rend compte que Lázaro est responsable de tout et finit par le mettre à la porte.

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Traité 3

Le troisième traité commence par l‘arrivée de Lázaro à Tolède. Il y rencontre un noble en apparence, qui est en réalité poursuivi pour ses dettes.

Et ainsi, notre protagoniste se retrouve une fois de plus dans une situation de pauvreté et de faim. De plus, son maître refuse de lui donner de l’argent ou de le nourrir et c’est à Lázaro de se débrouiller pour obtenir de la nourriture, en mendiant pour eux deux. Le point culminant de la situation survient lorsque le châtelain lui-même abandonne Lázaro.

Traité 4

Heureusement, plusieurs voisines du châtelain aident Lázaro et s’occupent de lui jusqu’à ce qu’il entre au service d’un frère. Un homme méditatif qui aime faire de longues promenades et explorer de nouveaux endroits… Ce que Lázaro déteste.

Le frère le traite bien pendant les huit jours qu’ils passent ensemble et lui achète même de nouvelles chaussures qui ne tardent pas à casser tant les deux personnages font de longues marches. C’est un mode de vie qui ne plaît pas à Lázaro, qui finit donc par partir.

Traité 5

Le prochain maître de Lázaro est un buldero, c’est-à-dire un fonctionnaire chargé de l’Église. Derrière les apparences, il se livre à de escroqueries en vendant des taureaux (documents pour exempter du péché). Il n’est d’ailleurs pas seul à le faire, puisqu’il est assisté d’un huissier.

Lázaro n’est pas à l’aise de voir tant de tours qui ne rapportent pas beaucoup d’argent non plus. Il s’en va et abandonne le buldero.

Traité 6

Après un bref séjour chez un peintre de tambourins, Lázaro devient le serviteur d’un aumônier, un homme à la recherche d’opportunités peu légales mais très rentables. Grâce à lui, Lázaro travaille en tant que porteur d’eau du village et obtient ainsi son premier emploi rémunéré.

Avec l’argent économisé durant quatre ans au service de l’aumônier, Lázaro achète de nouveaux vêtements (en réalité usagés) et une épée. Il prend ensuite la décision de repartir.

Traité 7

Le huitième maître de Lazare, avec qui il entame le dernier chapitre de sa vie, est un gendarme auprès de qui il ne reste pas longtemps car son métier est assez dangereux. Il commence à travailler en tant que crieur public à Tolède et, peu après, comme assistant de l’archiprêtre de San Salvador.

Cet homme, qui devait être son dernier maître, lui propose pour épouse une autre de ses servantes. Lázaro accepte, sachant que cela lui apporterait de la stabilité. Il raconte ensuite qu’il y a des rumeurs selon lesquelles cette femme entretenait en fait une relation avec l’archiprêtre, mais tout est résolu. La rumeur reste apparemment un mensonge.

A la fin du roman, Lázaro est un un homme marié et tranquille, avec de la nourriture sur la table.

Pourquoi lire Lazarillo de Tormes ?

Lazarillo de Tormes était et est toujours un roman à grand succès, mais a été également considéré comme dangereux durant l’Inquisition, ce qui le rend peut-être encore plus intéressant.

Il faut croire que parmi les aventures que vit Lázaro au service de ses différents maîtres, il y a aussi une critique, plutôt cynique et avec une pointe d’humour, de la société de l’époque. De l’œil observateur et judicieux de l’auteur, qui qu’il soit, aucune strate ou classe sociale n’est épargnée. Du clergyman au mendiant aveugle en passant par le noble… Tous les personnages témoignent de l’hypocrisie avec laquelle ils vivent.

Tous, d’une manière ou d’une autre, sont victimes des apparences et d’une société déshumanisée, sans espoir et égoïste. Ce portrait, dans lequel l’hypocrisie morale est placée au centre, est ce que l’Inquisition voulait interdire. Mais qu’aujourd’hui, heureusement, nous pouvons continuer à découvrir et à analyser.

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De plus, s’agissant d’un récit d’aventure, l’auteur a su soigner le rythme du roman. Et en faire un récit accessible à tous, de tout âge et de tout siècle. En bref, Lazarillo de Tormes est un travail divertissant et enrichissant.

Ce que nous apprend Lazarillo de Tormes

Il suffit de lire ce résumé du Lazarillo de Tormes et vous aurez déjà une idée de ce que nous, lecteurs, emportons avec nous après avoir terminé le roman. C’est une histoire drôle mais qui nous fait également réfléchir à des questions telles que le concept de classe.

D’autre part, nous ne pouvons pas oublier qu’il s’agit d’une œuvre qui raconte la vie d’un jeune homme. Depuis le moment où il est pratiquement un enfant jusqu’à son mariage. Grâce à cela, il nous invite à réfléchir sur notre propre vie, sur les aventures qui nous ont permis d’apprendre… Et sur le processus que nous avons accompli pour en arriver là où nous sommes. Comme il est écrit à la première personne, il est encore plus facile de se connecter à cette introspection.

Bien qu’il s’agisse d’une grande parodie, elle est également réaliste et semble même être intemporelle. Ce qui en fait une une lecture recommandée et toujours intéressante.

Avez-vous terminé la lecture de l’analyse et du résumé de la Lazarillo de Tormes?

A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !