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Résumé du livre « L’Aveuglement », de José Saramago

Vous cherchez un livre qui ne vous laissera pas indifférent ? L’Aveuglement ne vous décevra pas. Écrit en 1995 par l’écrivain portugais José Saramago, également chroniqueur au journal El País, ce roman part d’une dystopie pour critiquer la déshumanisation.

La cécité, c’est aussi cela, vivre dans un monde où l’espoir a pris fin.

José Saramago.

La réflexion qui se dégage de ce livre semble ne jamais pouvoir se démoder. Peu importe quel sera le moment où vous tenterez sa lecture, il vous donnera matière à réflexion. Après tout, il s’agit de l’une des œuvres littéraires les plus vendues et les plus recommandées. Un film en a même été tiré en 2006 !

 

L’Aveuglement : Un bref résumé

Dès les premières pages, L’Aveuglement pique la curiosité de son lecteur. Un homme au volant de sa voiture devient subitement aveugle. Avec sa femme, il se rend chez un ophtalmologiste pour tenter de comprendre ce qui lui arrive. Mais, malgré ses connaissances approfondies en médecine oculaire, celui-ci ne parvient pas à en trouver la cause.

Alors que l’homme rentre chez lui, le médecin perd également la vue, tout comme les patients ayant partagé la salle d’attente avec le protagoniste principal.

 

La progression

L’épidémie se propage au point que le médecin, sa femme (qui n’a pas perdu la vue mais accepte d’accompagner son mari) et le reste des patients sont admis dans un vieil hôpital psychiatrique. Tous sont contraints d’observer une quarantaine stricte.

Des centaines de personnes supplémentaires arrivent chaque jour à l’hôpital. La cécité se propage rapidement parmi les humains. La situation devient incontrôlable, la nourriture se fait de plus en plus rare. La surveillance des malades est étroite et les militaires n’hésitent pas à tirer sur quiconque tenterait de s’approcher d’eux. Arrive d’ailleurs un moment où certains détenus tentent d’en profiter, en s’emparant de toute la nourriture et en la revendant en échange d’objets de valeur.

Le chaos finit par s’emparer de tous les services de l’hôpital et se termine par un incendie et de nombreux décès. Ceux qui survivent, menés par la femme du médecin qui peut encore voir, constatent que les soldats ont fui.

 

Le dénouement

Dans la ville, c’est aussi le chaos. Tout le monde est aveugle et la population, rassemblée en groupes de nomades, va d’un endroit à l’autre à la recherche de nourriture et d’un abri. L’égoïsme et le désespoir sèment la pagaille. Les épisodes violents se multiplient.

Une nuit, aussi soudainement qu’ils l’ont perdue, tous retrouvent la vue.

 

L’Aveuglement : résumé par chapitres

 

José Saramago a divisé son roman en chapitres. Il s’agit d’un livre complexe, avec de nombreuses intrigues entremêlée.  

 

Chapitre 1

Dans sa voiture, en pleine conduite, un homme devient soudainement aveugle. C’est ainsi que commence L’Aveuglement. Forcément, l’homme se met à hurler et n’a pas la moindre idée de ce qu’il lui faut faire. Un passant a pitié de lui et l’aide à sortir de la voiture. Mais, tandis qu’il souhaite le raccompagner chez lui, le protagoniste principal, se sentant trop vulnérable, lui demande de s’en aller et de le laisser tranquille, craignant qu’il ne s’agisse d’un voleur.

De retour à la maison, l’aveugle tâtonne au hasard de pièce en pièce puis finit par s’endormir en attendant le retour de sa femme. Celle-ci, effrayée, décide de l’emmener dans une clinique d’ophtalmologie. Il faut dire que perdre la vue subitement est rare, d’autant plus que l’homme voit maintenant une couche d’un blanc laiteux et non l’obscurité absolue.

Lorsqu’ils sortent de chez eux pour prendre la voiture et aller chez le médecin, ils se rendent compte que le bon samaritain qui a aidé l’homme plus tôt était bien un voleur. Leur véhicule a disparu.

Furieux, ils parviennent à rejoindre le cabinet du médecin où attendent également une fille atteinte de conjonctivite, un vieil homme atteint de cataracte et un garçon qui louche. En raison de la nature curieuse de son cas, le médecin accepte de recevoir l’homme en urgence. Malheureusement, à sa grande surprise et frustration, le professionnel est incapable d’établir un diagnostic. Les yeux du patient ne semblent pas présenter de dommages qui pourraient expliquer la cécité. Le médecin promet cependant de consulter certains collègues, spécialistes en médecine oculaire.

 

Chapitre 2

Dans cette deuxième partie, José Saramago nous en dit plus sur le voleur de voiture. Son plan initial n’était pas de voler quoi que ce soit. Mais, quand l’aveugle le repousse en oubliant de récupérer les clés du véhicule, il choisit de sauter sur l’occasion.

Après avoir conduit pendant un certain temps, le voleur se gare pour mieux réfléchir à quoi faire. C’est à ce moment que lui aussi devient aveugle.

Pendant ce temps, au cabinet, le médecin passe quelques coups de fil à d’autres collègues. Ils se demandent si la cécité spontanée du patient peut avoir une origine psychologique, mais l’explication ne semble pas convenir. De retour chez lui, le médecin continue de méditer sur le sujet, d’abord autour d’un dîner avec sa femme puis à son bureau. Assis là, parmi les livres et les papiers, il perd lui-même la vue.

C’est ensuite le tour de la femme à la conjonctivite légère. Quelques heures après avoir quitté le cabinet, malgré le respect des recommandations du médecin, elle perd la vue aussi spontanément que les autres.

 

Chapitre 3

Le lendemain, le médecin décide d’alerter le ministère de la Santé d’une éventuelle épidémie de cécité touchant l’homme. Sa seule explication étant qu’il existe un virus, propagé par son patient. Ce-dernier est emmené dans un hôpital, accompagné de sa femme qui affirme être elle aussi devenue aveugle..

 

Chapitre 4

Le médecin et sa femme sont les premiers à arriver dans un hôpital psychiatrique abandonné réquisitionné par le ministère. Là, on découvre que la femme n’est pas vraiment devenue aveugle, du moins pas encore. Elle a cependant préféré le faire croire afin d’accompagner son mari. Le voleur, la femme à la conjonctivite et le garçon avec le strabisme arrivent à leur tour.

Une deuxième aile est mise en place à l’hôpital pour les personnes ayant été en contact avec l’éventuel virus et qui deviendront potentiellement aveugles sous peu.

Lorsqu’ils sont tous installés, les patients reçoivent des instructions (par le biais d’un enregistrement) sur les règles à suivre durant leur quarantaine. Ils recevront trois rations de nourriture par jour et ne pourront en aucun cas quitter les lieux. S’ils le font, ils risquent la peine de mort. Et bien entendu, en cas de mort, il est indispensable de brûler les cadavres..

Après avoir écouté les règles, le voleur et le premier aveugle se reconnaissent et commencent à se battre. La situation est risible, et se termine lorsque le jeune au strabisme demande à aller aux toilettes. Guidés par la femme du médecin, les patients forment une ligne et se mettent en route pour la salle de bain.

Au cours de l’expédition, le voleur tend la main et s’amuse à toucher la femme atteinte de conjonctivite. Celle-ci répond par un coup de pied, en enfonçant son talon dans la jambe du voleur qui commence à saigner abondamment. Avec le peu qu’ils ont et qu’ils voient, le médecin et le premier aveugle parviennent à faire un garrot et à nettoyer la plaie, qui est assez profonde.

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Chapitre 5

Le lendemain matin, la femme du médecin se réveille, surprise de ne pas être encore devenue aveugle. Elle s’occupe donc de la blessure de plus en plus infectée du voleur.

Peu après, en même temps que le repas, de nouveaux aveugles arrivent. Parmi eux, la femme du premier aveugle et quelques personnes ayant croisé la route de la femme atteinte de conjonctivite. Tout au long de la journée, l’hôpital se remplit. Les nouveaux patients sont organisés entre diverses petites salles.

La nourriture se fait rare. Il n’y a pas d’antibiotiques pour soigner la blessure du voleur. Désespéré, celui-ci parvient à sortir dans le patio pour appeler à l’aide. Un soldat effrayé lui tire une balle dans la tête. C’est au reste des patients de récupérer le corps et de l’enterrer.

 

Chapitre 6

L’enterrement du voleur est compliqué. La femme du médecin, qui se fait toujours passer pour une aveugle, demande une pelle et le corps est enterré sans autre forme de cérémonie.

Un mouvement de foule, d’autres aveugles tués, une crise dans le leadership de la zone… Le médecin se rend compte qu’ils se transforment en animaux.

 

Chapitre 7

La femme du médecin se réveille le lendemain, la vue toujours intacte.

Chaque chambre s’engage à répartir équitablement la nourriture. Le problème, c’est qu’aller chercher les cartons de nourriture est devenu dangereux à cause des soldats, qui n’hésitent pas à tirer s’ils voient quelqu’un s’approcher trop près d’eux.

La nourriture n’est plus seulement rare. Certains détenus commencent à la voler, et un vrai traffic s’installe.

Des centaines de personnes supplémentaires arrivent et en quelques heures, toutes les salles d’hôpital sont occupées. Impossible désormais de faire la distinction entre les personnes devenues aveugles et celles qui ne le sont pas encore.

Parmi les nouveaux arrivants, le patient atteint de cataracte du bureau de l’ophtalmologiste.

 

Chapitre 8

La nouvelle se répand que le nombre de cas a déjà atteint un pic. Pourtant, les nouveaux malades ne cessent d’affluer. 

Aucune stratégie claire ne définit ce qu’il faut faire. L’épidémie paralyse toute la ville, personne ne voulant sortir et s’exposer à la maladie.

À l’hôpital, le désespoir gagne les aveugles.

 

Chapitre 9

A l’intérieur de l’hôpital, la saleté devient préoccupante, les aveugles ne prenant même pas la peine d’aller aux toilettes pour se soulager. La femme du médecin est tellement dévastée qu’elle envisage de dire la vérité au reste des détenus pour pouvoir se déplacer librement. Mais elle se rend compte qu’avouer signifierait devoir s’occuper de tout le nettoyage et de la paperasse. Un travail bien trop énorme pour une seule personne.

Au moment d’aller chercher la nourriture, les représentants de l’une des chambres s’emparent de toutes les boîtes et menacent d’une arme quiconque oserait dire quoi que ce soit. Les patients/détenus devront désormais la payer avec des objets de valeur.

Les détenus n’ont pas d’autre choix. Ils se rendent dans leurs chambres pour prendre tout ce qui peut valoir quelque chose afin de le remettre au médecin qui sera chargé d’aller échanger le tout pour de la nourriture. Seuls restent un vieil homme qui ne rend pas sa radio, et la femme du médecin, qui cache une paire de ciseaux.

Au cours de l’échange, le médecin se rend compte que la personne qui tient les comptes en braille de l’homme au pistolet est un homme aveugle depuis toujours.

 

Chapitre 10

Le vieil homme écoute les informations sur sa radio, mais à volume réduit pour que ses voisins directs ne le sachent pas. Un jour cependant, les actualités se taisent. C’est l’annonceur lui-même qui vient de devenir aveugle.

Malgré l’injustice de la situation, l’échange de nourriture est assez efficace et chacun achète ce dont il a besoin.

Cette nuit-là, la femme du médecin décide de se promener dans l’enceinte pendant que tout le monde dort. Dans la salle où vit l’aveugle armé, elle découvre qu’il n’y a que des hommes (une vingtaine au total) et que tout est très propre et bien gardé. Il y a une sentinelle à la porte. 

 

Chapitre 11

L’autocratie imposée par l’aveugle armé commence à faire émerger des tensions. Les autres salles discutent de l’idée de se rebeller et d’attaquer ou non. Même si beaucoup gagnaient, ils n’en sortiraient pas vivants. Et s’ils perdaient, les conséquences seraient désastreuses.

Arrive un moment où les voyous demandent plus d’argent en échange de la même quantité de nourriture. Le reste des détenus n’a hélas plus rien à échanger, tous leurs objets de valeur ayant déjà été utilisés comme monnaie. Les voyous définissent un nouveau moyen de paiement : les femmes, que chaque chambre peut envoyer se prostituer en échange de nourriture.

Contraintes et forcées, les femmes finissent par accepter. Dans la salle des voyous, elles sont violées à plusieurs reprises. La femme du médecin de son côté décide de ne plus se cacher et d’aider à la toilette des malades.

 

Chapitre 12

Lassée de la situation, la femme du docteur décide d’agir. Une nuit, elle s’arme de ses ciseaux, s’approche furtivement de la pièce en question et taillade l’aveugle au pistolet au moment où celui-ci s’apprête à agresser une jeune femme.

Le chaos se répand dans la pièce. L’aveugle faisant office de comptable saisit son arme et se proclame comme le nouveau chef. La femme du médecin lui dit qu’il peut être le chef de cette pièce, mais que tout homme qui en sortira sera poignardé. A partir de là, la gestion de la nourriture passe à elle et à ses camarades de chambre.

Mais l’espoir que tout s’améliore est de courte durée. Les cartons de nourriture cessent d’arriver.

Affamés et confus, les détenus sortent dans la cour pour réclamer leur nourriture. Au milieu du tumulte, la jeune femme que la femme du docteur a sauvée du viol décide de mettre le feu à la chambre des voyous. Le feu finit par se propager dans toute l’enceinte et de nombreux patients sont tués par les flammes. Ceux qui parviennent à survivre atteignent le patio. Là, la femme de l’ophtalmologiste s’aperçoit qu’il n’y a plus de militaires ni personne pour surveiller la porte restée ouverte.

Ils sont libres.

 

Chapitre 13

En sortant, la première chose que font les détenus est d’aller chercher de la nourriture. La femme du médecin arrive, accompagnée de ses camarades, dans une pharmacie où campe une famille. Sans révéler qu’elle peut voir, elle demande au pharmacien ce qu’il se passe. Celui-ci lui explique comment les choses fonctionnent maintenant : les aveugles se déplacent en groupes pour essayer de trouver de la nourriture. Lorsqu’ils ont besoin de plus, ils changent de place et quelqu’un d’autre prend leur ancien abri. Personne ne peut voir ou retrouver son chemin. Ce sont donc tous des nomades.

La femme change de magasin et se rend dans un supermarché. Elle le trouve à moitié vide, avec différents groupes nomades se disputant le peu qui reste. Alors qu’elle s’apprête à partir, elle se rappelle que tous les supermarchés ont une réserve. Elle part alors à sa recherche, en se disant que les aveugles ne l’auront peut-être pas trouvée.

Elle trouve finalement les escaliers qui y mènent. La réserve regorge de nourriture. Alors qu’elle remplit des sacs, elle s’autorise à manger quelque chose parce qu’elle est affamée. Quand elle sort cependant, les aveugles présents dans le supermarché sentent la nourriture et commencent à la poursuivre. Elle réussit à s’échapper mais, triste et effrayée, elle fond rapidement en larmes. Un chien vient la réconforter.

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Après cette pause désespérée, la femme retourne à la tente où son groupe l’attend. Elle distribue la nourriture, puis annonce le plan. Il s’agit de se procurer des chaussures, puis de raccompagner chacun à sa maison respective. 

 

Chapitre 14

La première maison dans laquelle ils se rendent est celle de la fille atteinte de conjonctivite. Dans le bloc d’immeubles, il semble n’y avoir personne mais au premier étage, ils trouvent une vieille femme qui a survécu grâce aux lapins qu’elle a élevés, et dont elle s’est nourrie. La jeune femme atteinte de conjonctivite décide de laisser la clé de son appartement à cette femme, en lui demandant de la garder pour elle au cas où sa famille reviendrait et aurait besoin d’entrer.

Après avoir passé la nuit dans la maison de la jeune fille, le groupe se prépare à partir pour leur prochaine destination : la maison du médecin. En chemin, ils traversent le quartier financier où ils constatent à quel point le désespoir s’est également emparé de l’endroit.

 

Chapitre 15

La maison du médecin est assez spacieuse pour que le groupe puisse s’y installer. Dans les placards, ils trouvent de la literie et des chaussures. Lorsqu’il commence à pleuvoir, ils récupèrent l’eau de pluie et préparent une baignoire de fortune pour se laver.

Il reste de moins en moins de nourriture, et celle-ci est donnée en priorité au jeune atteint de strabisme.

La femme du médecin décide d’aider le premier aveugle et sa femme à retrouver leur maison. Là, ils rencontrent un homme qui prétend être un écrivain. Il leur dit qu’il a documenté, du mieux qu’il a pu, toute son expérience grâce à un stylo et un morceau de papier.

 

Chapitre 16

Le lendemain, le médecin demande à sa femme de l’accompagner dans son cabinet pour voir ce qu’il en est advenu. Ils ne trouvent rien d’inhabituel.Tandis qu’ils rentrent chez eux, en chemin, ils entendent des groupes prononcer des discours sur les prophéties. Le médecin regrette qu’aucun d’entre eux ne dise quoi que ce soit sur l’importance de l’organisation en communauté, ce dont ils auraient vraiment besoin pour survivre.

Ils visitent à nouveau la maison de la jeune femme atteinte de conjonctivite pour découvrir que la vieille femme est décédée. La jeune fille est attristée par sa mort, et par le fait que les clés de son logement restent introuvables. Elle finit par les récupérer, et le corps est enterré dans le jardin.

Dans leur refuge, le groupe continue de vivre ensemble. Des liens spéciaux commencent à se former. La fille à la conjonctivite et l’homme au pansement par exemple se déclarent leur amour et décident de rester ensemble, même si cela signifie de quitter le groupe à un moment donné. 

 

Chapitre 17

La femme du médecin annonce qu’il lui faut retourner au magasin, car ils n’ont plus beaucoup de nourriture. 

Au supermarché, la femme du médecin est surprise de constater qu’il n’y a personne. Alors qu’une forte odeur de pourriture lui parvient, elle découvre une montagne de cadavres en décomposition. La femme ne peut s’empêcher de crier d’horreur, jusqu’à ce que son mari n’intervienne.

Cette nuit-là, le groupe s’apprête à dormir sans avoir rien mangé. Mais une chose curieuse se produit. Le premier aveugle ferme les yeux et voit noir. Cela l’étonne, car il devrait voir blanc. Lorsqu’il ouvre les yeux, il se rend compte qu’il peut à nouveau voir. Bientôt, la ville se remplit de cris : « Je vois, je vois ! »

 

L’Aveuglement : phrases remarquables

José Saramago a marqué la littérature, notamment à travers des livres comme celui-ci. Ici, il ne se limite pas à une critique de l’individualisme et de l’égoïsme. Il montre plutôt où naissent les sentiments sombres, si typiques de la nature humaine.

 

Parmi les phrases notables de L’Aveuglement :

 

« En nous, il y a quelque chose qui n’a pas de nom et c’est ce que nous sommes vraiment. »

 

« Nous sommes faits de cette masse, moitié indifférence et moitié méchanceté. »

 

« Une personne commence par céder sur de petites choses et finit par perdre tout le sens de la vie. »

 

« Comme la vie est fragile si vous l’abandonnez. »

 

« Si nous ne sommes pas capables de vivre entièrement comme des personnes, faisons de notre mieux pour ne pas vivre entièrement comme des animaux »

Beaucoup de ces phrases sont tirées d’un dialogue entre le médecin et sa femme, peut-être les grands philosophes et héros du roman. 

 

La Lucidité

José Saramago a écrit une suite à L’Aveuglement. La Lucidité a été publié en 2004. Les deux romans ont en commun les personnages et la ville fictive où l’histoire se déroule.

Dans ce second tome, la « blancheur » se manifeste différemment puisque l’intrigue tourne autour d’une élection dans laquelle tous les électeurs votent blanc. 

 

L’Aveuglement : analyse

L’Aveuglement nous parle d’une maladie soudaine et des conséquences déshumanisantes qui en découlent. Avec la crise médicale vient l’égoïsme et la panique, qui engendrent la violence, la frustration et le désespoir. José Saramago raconte avec brio comment, dans des situations comme celle-ci, même l’acte le plus horrible justifie la survie.

Tout comme le 1984 George Orwell, L’Aveuglement est une dystopie dont le sens donne lieu à de nombreuses analyses.

Bien sûr, contrairement à 1984, le roman de José Saramago ne se déroule pas dans une société très différente de la nôtre ou dans laquelle existe un système politique qui a changé le mode de vie. Rien de cela. L’écrivain portugais met plutôt en scène une maladie (« la cécité blanche ») qui prive les gens de la vue mais aussi leurs valeurs et intentions morales.

Tout le roman est une allégorie du mythe de la caverne de Platon, qui apparaît également dans Sophia’s World de Joseph Goldstein.

 

La grande allégorie de Saramago

Saramago pose l’épidémie comme une grande allégorie de la caverne de Platon. La maladie qui se répand dans toute la ville est l’ignorance dans laquelle vit la société d’aujourd’hui, mue par des pulsions irrationnelles. Comme si elle ne voyait pas la réalité qui se trouve devant elle. La seule personne qui garde la vue (la femme du docteur) est celle qui voit les choses telles qu’elles sont réellement. Celle qui sait ce qu’il se passe et comment sortir de la grotte… Elle a la vue, qui symbolise la raison. Et elle peut donc guider les autres.

D’autre part, le fait que les personnages n’aient pas de nom (tout comme la ville) laisse également penser que l’écrivain nourrissait une intention allégorique.

 

Que symbolise la cécité dans l’œuvre littéraire de Saramago ?

La cécité elle-même est un symbole, le principal du roman. Via les conséquences de la cécité, Saramago critique l’ignorance et l’irrationalité.

Les humains qui deviennent aveugles voient leur monde limité et cessent de le voir tel qu’il est. Au lieu de cela, ils ne voient que ce que leur imagination pense voir : des menaces, des mensonges, et dangers permanents.

 

Pourquoi le titre L’Aveuglement ?

Saramago a écrit L’Aveuglement non pas comme une histoire, mais plutôt un essai sur l’impossibilité de voir la réalité. Ce que fait l’écrivain portugais, c’est de présenter une thèse sur la survie quand la raison disparaît. Une figure symbolique-allégorique de la perte de la moralité sociale et de la déshumanisation.

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Dans le même temps, il fait l’éloge du savoir et de la collectivisation.

 

A quel type d’oeuvre appartient L’Aveuglement ?

L’Aveuglement n’est ni un essai, ni une nouvelle. En réalité, il s’agirait plutôt d’un roman politique et social.

En plus de l’allégorie de Platon, Saramago fait également dans ce livre des critiques politiques et sociales assez sanglantes. A travers la progression de l’histoire, il nous montre la fatalité de ne pas prendre en compte les vrais problèmes. Si les gouvernants avaient cherché des solutions à l’épidémie (rationnement alimentaire, apprentissage du braille…), peut-être les conséquences n’auraient-elles pas été aussi catastrophiques.

Bien sûr, il fait aussi une parabole de la société d’aujourd’hui pour juger quand les personnes guidées par des motivations individuelles plutôt que collectives. En ce sens, l’intention moralisatrice du roman se précise à la fin lorsque les gens recouvrent la vue juste après que le médecin et sa femme aient écouté les gens parler des systèmes démocratiques.

 

Que nous apporte la lecture de L’Aveuglement ?

Comme déjà évoqué, il est dit que la cécité peut affecter bien plus que la vue.

L’homme avec le bandage par exemple a toujours été aveugle d’un œil à cause de la cataracte, sans avoir jamais rencontré de problème majeur. Cependant, tout change lorsque la cécité commence également à affecter la raison, empêchant les gens de faire la distinction entre le bien et le mal. Et justifiant toutes leurs actions pour survivre.

Par conséquent, un aveugle n’est pas quelqu’un qui ne voit pas l’objet qui est devant lui. C’est plutôt quelqu’un qui ne sait pas comprendre les problèmes et les solutions, et qui se laisse guider par des pulsions irrationnelles et purement égoïstes.

Avec L’Aveuglement, l’auteur portugais a construit une grande allégorie qui nous avertit que nous devons sortir de nos cavernes. Réfléchir de manière éthique et construire un monde dans lequel les yeux ne sont pas aussi importants que l’amour ou la démocratie.

 

Qui est le narrateur dans L’Aveuglement ?

Le narrateur n’est pas un personnage. Il est omniscient et à la troisième personne, autrement dit il sait tout ce qu’il se passe.

 

Où se déroule l’histoire de L’Aveuglement ?

La ville où se déroule L’Aveuglement n’est pas précisée, tout comme les noms des personnages. 

Ce qui apparaît, ce sont des lieux génériques comme l’hôpital psychiatrique, les maisons ou le supermarché.

 

L’Aveuglement : les personnages

Plusieurs personnages apparaissent au cours de L’Aveuglement, certains plus importants que d’autres. Les deux protagonistes principaux pourraient être le médecin et sa femme, puisqu’ils agissent comme des guides pour le groupe dans le service de l’hôpital psychiatrique.

La femme est la seule à ne pas devenir aveugle, malgré un contact continu avec des malades. Malgré tout, elle décide d’accompagner son mari et de ne pas profiter du privilège qui lui est donné de voir, ce qui montre qu’elle est solidaire. Cela est également clair lorsqu’elle profite du fait de voir non pas pour voler de la nourriture, mais pour aider ses compagnons, partager la nourriture avec eux ou assassiner l’homme au pistolet. Cette dernière action est mauvaise bien sûr, mais elle est faite en faveur du bien commun.

Sans aucun doute, cette femme représente non seulement la sagesse dans l’allégorie du mythe de la grotte, mais aussi la démocratie et l’affection que Saramago loue tant.

De son côté, la fille atteinte de conjonctivite peut sembler sans importance. Elle était une prostituée avant de perdre la vue. Pourtant, elle est un symbole de solidarité mais aussi de dignité, puisqu’elle n’accepte pas les abus du voleur lorsqu’il tente de la manipuler.

Lorsqu’elle devient aveugle, elle est traitée plus mal encore que tous les autres. Saramago propose à travers elle une critique des classes sociales de l’ère contemporaine, et de la façon dont certaines sont stigmatisées.

 

Le premier aveugle

Il n’est pas seulement le premier aveugle, mais le premier à recouvrer la vue. Nous ne savons presque rien de lui, seulement qu’il conduisait sa voiture lorsque tout a commencé.

Nous savons également qu’à l’hôpital psychiatrique, il se bat avec le voleur de sa voiture. Une scène quelque part entre le comique et l’ironique car, malgré le fait qu’il soit devenu aveugle, il se préoccupe encore d’événements censés être secondaires. Sans doute un jugement de Saramago envers le capitalisme, qui aujourd’hui pourrait aussi être lu comme un hymne au minimalisme.

 

L’aveugle au pistolet

Il agit comme le grand symbole de la violence. Celui qui essaie de profiter du mal de chacun en oubliant que c’est aussi le sien.

Son personnage offre une analyse de l’autoritarisme et de la manière dont l’homme cherchera toujours à prendre le pouvoir. A l’hôpital après tout, tout le monde est régi par les mêmes règles. Mais cet homme essaie de créer des inégalités au sein du système.

 

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A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !