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« La montagne des revenants » : Résumé du livre de Gustavo Adolfo Bécquer

Avez-vous déjà lu Gustavo Adolfo Bécquer? Si oui, nous osons émettre l’hypothèse que La montagne des revenants est l’une de vos histoires préférées, pas vrai ? Cette histoire de deux cousins à la Toussaint a fasciné les lecteurs depuis sa publication en 1861. Lorsque l’auteur l’a faite paraitre avec seize autres histoires dans le journal Le contemporain.

En seulement trente-six pages, Bécquer parvient à combiner magie, réalité et peur d’une façon que seul l’auteur romantique sait faire. Sa maîtrise est telle que des auteurs contemporains tels que Jorge Luis Borges ont tenté de l’imiter, et de créer la leur à partir de son influence.

Ne vous laissez pas tromper par la brièveté de ce récit. C’est une histoire profonde qui invite à beaucoup d’analyse. Ne manquez pas notre résumé de La montagne des revenants de Gustavo Adolfo Bécquer.

 

La montagne des revenants : bref résumé

La montagne des revenants se déroule dans la province de Soria (Espagne). Plus précisément dans le lieu connu sous le nom de Monte de las Ánimas, pendant la nuit des morts.

Les deux protagonistes, Alonso et Beatriz, sont deux cousins qui partent avec leurs parents (respectivement le comte de Borges et le comte d’Alcudiel) pour une partie de chasse au Monte de las Ánimas, une montagne située dans un village de Soria. La date choisie ne pouvait pas être plus lugubre : la Toussaint (1er novembre), ce qui nous avertit déjà que ce ne sera pas n’importe quelle histoire. Alonso nous plante le décor, alors qu’il raconte la légende du lieu à son cousin.

Le Monte de las Ánimas a appartenu aux chevaliers de l’Ordre du Temple pendant les années qui ont suivi l’expulsion des Arabes du territoire espagnol. Cette appropriation du territoire par les Templiers, qui étaient encore des hommes d’Église, a fortement contrarié les nobles castillans, qui les ont combattus pour récupérer ce qu’ils considéraient comme leur appartenant. La bataille a été sanglante, causant la mort de nombreux guerriers. Depuis, chaque nuit des morts, on dit que les âmes qui y ont perdu la vie se réveillent. Et que ceux qui sont à proximité entendent des chuchotements et des cris, comme si les combats avaient repris.

Une nouvelle légende au Monte de las Animas

L’expédition des cousins se déroule sans grandes surprises. Mais lorsqu’ils rentrent chez eux et que la nuit est tombée, Beatriz se rend compte qu’elle a perdu son ruban bleu sur la montagne. Elle met son cousin au défi de partir à sa recherche. Alonso n’hésite pas, malgré la légende des Templiers, et retourne au Monte de las Ánimas.

Au milieu de la nuit, Beatriz se réveille et, lorsqu’elle voit que son cousin n’est pas encore rentré, elle prie pour qu’il le fasse sain et sauf. Cependant, à l’aube, ce qu’elle voit sur sa table de chevet la terrifie. Le ruban bleu déchiré et plein de sang. Lorsqu’un serviteur va lui annoncer la triste nouvelle que le corps d’Alonso a été retrouvé dévoré par des loups, il trouve Beatriz morte de peur, et peut-être aussi de culpabilité.

Depuis lors, une nouvelle légende court sur le Monte de las Animas. Un chasseur affirme qu’en y passant la nuit de la Toussaint, il a vu non seulement les fantômes des Templiers et des nobles, mais aussi une belle femme ensanglantée et désespérée tourner autour de la tombe d’Alonso. C’est le châtiment éternel que l’âme de Beatriz a reçu.

 

Résumé par chapitres de La montagne des revenants

Gustavo Adolfo Bécquer a composé cette légende avec un préambule initial, trois parties narratives et un épilogue pour clore l’histoire.

Préambule

Dans le préambule, Bécquer pose l’ambiance qui nous accompagnera pour le reste du roman. Il le fait avec un narrateur à la première personne, réveillé par le son des cloches la nuit et qui se souvient d’une légende qu’il a entendue dans la province de Soria.

Le fait que nous soyons en pleine nuit, avec les cloches qui sonnent, le froid de la nuit, le grincement des fenêtres, l’impossibilité de continuer à dormir… Tout ceci n’est pas un hasard, et contribue à nous transporter dans l’histoire.

Partie I

Dans cette première partie, entre en scène le Monte de las Ánimas. Dès le début, il est bien plus qu’un lieu. Il devient une sorte de personnage tout comme la maison de Bernarda dans le drame La maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca.

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Bécquer nous raconte comment Alonso et Beatriz, deux cousins, partent à la chasse avec leurs parents le jour de la Toussaint. Tous les quatre chevauchent vers le Monte de las Ánimas.

Pour animer le voyage, Alonso décide de raconter à son cousin la légende de cette montagne. Selon l’histoire, il y a des années, une grande bataille y a eu lieu entre les nobles de Soria et les Templiers, qui avaient été appelés par le roi pour récupérer Soria et expulser les Arabes vers le sud, vers l’Andalousie.

Une fois leur but atteint, la noblesse, peut-être un peu jalouse, s’est trouvée irritée de ne pas les voir partir. L’inimitié grandit jusqu’à se terminer par une confrontation dans laquelle pratiquement tous les guerriers furent tués. Leurs corps ont été enterrés là. Mais la paix n’est pas venue pour leurs âmes car chaque nuit de la Toussaint, ils se réveillent pour continuer à se battre.

Beaucoup de gens ont, selon Alonso, entendu les cris des morts, le trot des chevaux et le fracas des armes. C’est pourquoi on conseille de ne pas rester sur la montagne après le lever de la lune.

Partie II

De retour à la maison, Alonso et Beatriz ont une conversation au cours de laquelle il lui dit qu’il veut lui offrir un cadeau, car ils vont bientôt devoir se séparer et elle va lui manquer. Il lui donne alors un bijou et lui demande de lui donner en échange quelque chose à elle pour se souvenir d’elle. Beatriz accepte mais, joueuse, elle souhaite lui offrir un ruban bleu qu’elle portait pendant la chasse et qu’elle a perdu sur le Monte de las Ánimas. Si Alonso est assez courageux pour s’y rendre malgré la nuit, il sera à lui.

En voyant le sourire de sa cousine, Alonso, qui est amoureux d’elle, laisse presque toutes ses peurs derrière lui. Sa main ne tremble pas alors qu’il monte sur son cheval pour partir pour Monte de las Ánimas. Il est sûr de pouvoir s’occuper des bêtes nocturnes. Des esprits, un peu moins.

Les heures passent, la nuit devient plus profonde et plus sombre. Beatriz est incapable de dormir car les cauchemars (générés par la culpabilité d’avoir envoyé son cousin à la montagne) ne lui laissent aucun répit. Elle pense que quelqu’un l’appelle par son nom, bien qu’elle soit convaincue que c’est le vent qui fouette la fenêtre. Incapable de s’endormir, elle prie et demande à Dieu qu’Alonso revienne vivant.

Partie III

Lorsqu’elle voit le soleil réapparaître à l’horizon, Béatrice rit en se sentant quelque peu stupide d’être tombée dans le piège d’une simple légende. Cependant, lorsqu’elle se retourne vers sa table de chevet, elle voit quelque chose qui la paralyse : son étoffe bleue, déchirée et ensanglantée.

Peu de temps après, son serviteur fait irruption dans la pièce pour lui dire qu’ils ont trouvé Alonso mort dans les montagnes, dévorés par les loups. Mais Beatriz gît déjà morte.

Depuis lors, la légende des chevaliers de l’Ordre du Temple a été rejointe par une autre légende sur le Monte de las Animas. Un chasseur prétend avoir réussi à y passer toute la nuit de la Toussaint et avoir vu les esprits des Templiers et des nobles, mais aussi celui d’une jeune femme hurler et tourner autour de l’endroit où Alonso est mort et a été enterré (la sépulture). C’est la condamnation que subit l’âme de Beatriz.

 

Analyse de La montagne des revenants

La maîtrise littéraire de Gustavo Adolfo Bécquer est évidente dans La montagnes des revenants où, page après page, mot après mot, il crée une atmosphère d’angoisse qui atteint son paroxysme à la fin du roman. Il parvient à nous faire ressentir, en tant que lecteurs, ce suspense, cette certitude que quelque chose va se produire mais sans savoir quand ni comment.

Comment Bécquer parvient-il à créer cette atmosphère ? De bien des façons. Il le fait principalement avec des éléments qui aident à générer ces sentiments de danger. Pour ce faire, il utilise des procédés stylistiques et littéraires tels que des métaphores ou des allusions à des couleurs comme celles de la nuit et à des sons comme les cloches, le vent ou le chant et les hurlements de différents animaux. L’aspect sensoriel a toujours été très important dans la littérature de cet auteur. Mais surtout dans des légendes telles que celle-ci.

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Mais il y a beaucoup plus. Par exemple, ce n’est pas une coïncidence si la légende de la bataille est façonnée par les Templiers. Ces chevaliers, et l’Ordre des Templiers en général, ont toujours fait l’objet d’une attention particulière et de nombreuses théories de conspiration se sont développées autour d’elle, ce qui contribue à donner à l’histoire cette aura de mystère.

Quel est le thème principal de La montagne des revenants ?

Bien que cela ne soit pas précisé, on comprend qu’Alonso éprouve une sorte d’attirance pour Beatriz. Ou du moins qu’elle exerce une grande influence sur lui, au point de pouvoir le manipuler. Cela répond d’une part à l’envie de Bécquer d’incorporer un certain romantisme dans l’histoire (n’oublions pas qu’il est un auteur romantique du 19ème siècle).

Le combat est l’autre grand thème. Nous le voyons dans la légende principale des Templiers et des nobles de Soria, mais aussi dans la lutte entre la peur et la bravoure qui se déroule dans le for intérieur d’Alonso. Beatriz a une lutte similaire la nuit, lorsqu’elle essaie de dormir mais que la terreur la tient éveillée et la tue ensuite.

En outre, dans La montagne des revenants, nous pouvons entrevoir une réflexion sur les limites jusqu’auxquelles une personne peut aller pour imposer ses désirs. Beatriz veut récupérer son étoffe bleue et n’hésite pas à mettre en danger son cousin pour l’obtenir. En même temps, nous voyons comment Alonso est capable de dépasser ses propres limites pour lui plaire. Encore une fois, la lutte entre deux personnages est différente.

La tradition dans l’histoire

Enfin, il est important de noter la valeur que la tradition et la religion ont dans ce récit (et dans toutes les légendes de Gustavo Adolfo Bécquer). Les allusions à des passages de l’histoire de Soria, comme celle des nobles et des Templiers, ainsi que tout ce qui concerne la Toussaint (le tintement des cloches, par exemple), font partie du folklore de l’époque. Il est clair que la culture est un thème secondaire qui sert de cadre à l’histoire, mais ne la minimisons pas.

Les personnages de La montagne des revenants

La montagne des revenants est une histoire très courte, qui n’a que quelques personnages. Bien que d’autres soient mentionnés (les serviteurs, le comte d’Alcudiel, le comte de Borges, les guerriers, le chasseur…), les personnages principaux sont au nombre de deux : Beatriz et Alonso. Grâce à eux, nous avons toute l’histoire.

Beatriz, fille du comte de Borges, est en quelque sorte l’antagoniste de la pièce. Elle répond assez bien à l’image que Bécquer avait (et construisait) des femmes, qu’il voit comme des réincarnations d’êtres mauvais et mesquins. Qui agissent toujours avec ironie et mépris envers les hommes. Beatriz remplit ce rôle dans la légende. C’est par sa faute, son égoïsme et ses techniques de manipulation qu’Alonso meurt.

Alonso, également fils d’un comte (celui d’Alcudiel), est un jeune homme prometteur qui devient la victime de sa cousine, qu’il veut impressionner. Il joue le rôle opposé de celui de Beatriz : il est un être noble, innocent et serviable. En d’autres termes, Bécquer représente chez Alonso tout ce qui, pour lui, est un homme par opposition à une femme. De plus, il le fait de manière très romantique, avec un héros admirant une femme qu’il place sur une sorte de piédestal dans son cœur.

Enfin, on peut considérer que le Monte de las Ánimas est un personnage à part entière parce que tout s’y passe et qu’elle a un pouvoir spécial. C’est sa présence qui génère le suspense dans l’histoire. Lorsque la possibilité de l’approcher est évoquée, l’incertitude et le danger se glissent dans les mots.

Qui raconte l’histoire de Mont des âmes?

Le récit est fait à la troisième personne, par un narrateur omniscient. Cependant, la première personne apparaît dans le préambule pour introduire ce qui va être raconté.

Questions et réponses sur La montagne des revenants

Quelle punition Beatriz reçoit-elle ?

L’esprit de Beatriz, qui a manipulé son cousin pour qu’il aille à une mort certaine sur le Monte de las Animas, doit sortir en esprit chaque nuit des morts afin de pleurer en tournant autour de la tombe d’Alonso.

Quel genre de livre est La montagne des revenants ?

La montagne des revenants est une courte histoire d’horreur.

Quelles caractéristiques du romantisme apparaissent dans La montagne des revenants ?

Gustavo Adolfo Bécquer était un auteur romantique. La montagne des âmes combine des éléments littéraires qui appartiennent à ce mouvement, parmi lesquels :

  • La prédominance des sentiments par opposition à la raison. Ce qui conduit Alonso à se rendre à El Monte la nuit des morts.
  • Le goût pour la tradition et le folklore.
  • Le pessimisme. L’obscurité du récit va au-delà de la nuit. Elle se manifeste par la présence constante de la mort, le fatalisme des actions.
  • Le réel est relégué au second plan au profit de l’historicisme, de l’imagination, des éléments magiques et du surnaturel.
  • La personnalité perverse de Béatrice, qui apporte le malheur à ceux qui la suivent.
  • L’utilisation de la nature pour représenter les sentiments. La présence du froid, les bruits du vent… Ce sont des éléments qui créent une sorte de « musique », même s’ils n’apparaissent que dans les mots et que nous ne les entendons pas. Ils aident à refléter le tumulte intérieur des personnages.
  • Bécquer raconte tout de manière très poétique, exaltant ainsi les sentiments. Il n’utilise que des mots pour tout décrire de manière déchirante et profonde. Rappelons qu’en plus d’écrire des légendes et quelques romans, Bécquer était aussi un grand poète (comme beaucoup de romantiques).
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Quel est le point culminant de La montagne des revenants ?

Certainement la nuit pendant laquelle Beatrice ne peut pas dormir. La façon dont toute la situation est racontée (les bruits, les ombres, les cauchemars…) nous fait pressentir que quelque chose est sur le point de se produire.

Combien d’histoires apparaissent dans La montagne des revenants ?

La montagne des revenants est l’une des seize histoires de Soria, un recueil de légendes ayant pour cadre la ville castillane que Bécquer a publié le 7 novembre 1861 dans le journal Le contemporain. Cette collection d’histoires a été publiée plus tard sous forme de livre.

Avez-vous aimé l’histoire de La montagne des revenants ? C’est une légende parfaite à raconter à Halloween ou à tout autre moment de l’année, si vous appréciez la littérature de Gustavo Adolfo Bécquer. Si vous voulez lire cette histoire et d’autres, nous vous recommandons de l’acheter avec d’autres légendes de Bécquer via ce lien. Il est temps d’avoir un peu peur !

A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !