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Résumé de « La Celestine » de Fernando de Rojas

Amour, cupidité et trahison. Ces trois mots pourraient décrire l’intrigue de La Célestine, une histoire qui est devenue un succès et qui continue de l’être.

La relation entre Calisto et Melibea a donné naissance à un nouveau genre littéraire signé par Fernando de Rojas.

Nous allons voir tout cela (et plus encore) dans notre analyse et résumé de La Célestine.

Résumé court de La Célestine

La pièce commence avec Calisto se faufilant dans le jardin de Mélibée, une belle dame dont il tombe rapidement amoureux. Voyant que la conquête ne sera pas facile, puisque la jeune femme rejette une première approche, Calisto demande conseil à ses serviteurs, Sempronio et Pármeno. Le premier lui recommande d’aller voir Célestine, une sorcière âgée qui, par sorcellerie, fera en sorte que Melibée lui tombe dans les bras. Calisto l’écoute, mais ne sait pas que Sempronio s’est associé à Célestine pour l’arnaquer et lui soutirer de l’argent.

Par ruse, Célestine contacte Mélibée et lui parle de Calisto, la persuadant de lui donner quelque chose (en particulier une corde, ou une sorte d’élastique) et ainsi compléter le sortilège d’amour. Dans ces tâches, elle est aidée par ses deux servantes (qui sont deux prostituées de la maison close qu’elle dirige), Elicia et Areúsa.

Melibée accepte de rencontrer Célestine une seconde fois et, grâce à sa persuasion et à la sorcellerie de la femme, la jeune femme finit par tomber amoureuse de Calisto. Célestine partage immédiatement les progrès avec Calisto, qui la paie généreusement, ravi d’avoir un premier rendez-vous avec Melibée.

Les deux amoureux se rencontrent et partagent des moments de passion et de plaisir, désir totalement charnel typique de leur jeunesse. Cela provoque une certaine culpabilité chez Melibée, qui craint d’avoir déshonoré sa famille. Cependant, le désir dépasse tout autre sentiment.

Sachant que Célestine a déjà reçu l’argent, Sempronio et Pármeno vont réclamer leur part, mais la femme refuse de partager. En colère, les domestiques l’assassinent puis sont eux-mêmes exécutés pour ce crime. Cela provoque un grand choc chez Areúsa et Elicia, qui perdent à la fois leurs amants et leur mentor. Pour elles, les coupables sont Calisto et Mélibée, alors elles décident de se venger.

Le plan des deux prostituées est d’envoyer Centurio, un soldat violent, et ses acolytes assassiner le couple lors d’un de leurs rendez-vous. Mais deux des nouveaux serviteurs de Calisto font fuir les assaillants. Cependant, le tumulte est tel que Calisto, qui s’était endormi dans la chambre de Mélibée, se réveille en sursaut et tente de s’enfuir pour éviter d’être découvert par le père de son amante. Dans sa fuite rapide, il trébuche dans les escaliers, tombe et meurt. Lorsque Melibée réalise ce qu’il s’est passé, elle pleure la perte de son grand amour et finit par se suicider après avoir avoué son déshonneur à son père.

La Célestine : résumé par actes

Si nous voulons écrire un bon résumé d’une œuvre de théâtre, le mieux est de procéder acte par acte.

Acte I

Dans ce premier acte de La Célestine, nous rencontrons ceux qui formeront le couple principal : Calisto et Melibée.

Calisto entre par hasard dans le jardin de Mélibée, une dame d’une grande beauté, tandis qu’elle poursuit un faucon. Dès qu’il la voit, il s’intéresse à elle, même si elle répond par un rejet et lui demande de partir.

De retour chez lui, il raconte à Sempronio ce qu’il s’est passé. Il lui conseille d’aller voir Célestine, une sorcière et proxénète, qui pourra l’aider à conquérir Mélibée. Bien qu’il hésite, Calisto finit par accepter et ensemble ils se rendent chez la femme.

Ce que le jeune homme ne réalise pas, c’est que la proxénète est de mèche avec Sempronio. Ils envisagent de profiter de lui et de l’arnaquer. Un autre employé de maison de Calisto, Pármeno, l’avertit qu’il sent que quelque chose ne va pas et qu’il ne devrait pas faire confiance à Célestine. Mais Calisto l’ignore.

Finalement, Calisto reçoit la visite de Célestine et elle lui propose de l’aider en échange d’argent.

Acte II

Célestine quitte la maison de Calisto avec la promesse qu’elle commencera à travailler pour l’aider à gagner l’amour de Melibée.

Lorsqu’ils se retrouvent seuls, Calisto et ses serviteurs discutent de la réunion et débattent notamment de la quantité d’or donnée à Célestine. Impatient, Calisto demande à Sempronio de se rendre chez la proxénète.

Acte III

Sempronio se rend chez Célestine et lui explique à quel point Calisto est désespéré. Il insiste sur le fait qu’il faut agir rapidement. La proxénète va alors rendre visite à Mélibée.

Acte IV

Célestine arrive chez Mélibée et rencontre Lucrecia, la servante. Même si cela lui est difficile, elle parvient à entrer dans la maison en trompant Alisa, la mère de Mélibée.

Lorsque Célestine parvient à se retrouver seule avec Mélibée, elle lui montre ses véritables intentions, ce à quoi la jeune femme répond avec colère. Cependant, la proxénète sait faire son travail et la persuade. Finalement, elle repart de la maison avec une corde appartenant à Mélibée, qui lui permettra de réaliser une sorte de sortilège d’amour.

Acte V

Dans cet acte, Fernando de Rojas construit un brillant monologue pour Célestine, qui parle toute seule de ce qu’elle fera ensuite. De retour chez elle, elle rencontre Sempronio et ensemble, ils vont voir Calisto pour le tenir au courant.

Acte VI

De retour chez Calisto, Célestine et Sempronio l’informent de toute l’affaire. Pour le convaincre qu’elle dit la vérité, Célestine lui montre la corde de Mélibée. Pendant ce temps, les domestiques donnent leur avis sur ce qu’il s’est passé. À la fin de la visite, la femme rentre chez elle accompagnée de Pármeno.

Acte VII

Pármeno, sur le chemin du retour, demande à Célestine de lui amener Areúsa, l’une de ses prostituées, en échange de son soutien dans cette affaire avec Calisto. La femme accepte et les laisse tous les deux passer la nuit ensemble.

Acte VIII

Le lendemain, Pármeno revient après son aventure nocturne avec Areúsa. Chez Calisto, il rencontre Sempronio et décide de rejoindre le plan qu’il entretient avec Célestine. Dans sa chambre, Calisto livre un monologue dans lequel il parle de Mélibée et de l’amour qu’il ressent. Ensuite, il décide d’aller à l’église.

Acte IX

Pármeno et Sempronio se rencontrent chez Célestine avec ses deux disciples/prostituées (Areúsa et Elicia). Bientôt, quelqu’un frappe à la porte. C’est Lucrecia qui annonce à Célestine que Mélibée veut la voir.

Acte X

Dans un autre monologue, Mélibée exprime ce qu’elle ressent pour Calisto. C’est à ce moment précis que Lucrecia revient en compagnie de Célestine, à qui Mélibée avoue son amour pour Calisto. Heureuse car ses actions portent leurs fruits, la proxénète organise une rencontre clandestine entre les deux jeunes amants.

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Lorsque la mère de Mélibée revient, elle reproche à sa fille de passer du temps avec Célestine, car elle n’a rien entendu de bon à son sujet. Mélibée la défend.

Acte XI

Lorsque Calisto apprend par Célestine qu’il va avoir un rendez-vous avec Mélibée, il lui offre avec reconnaissance une chaîne en or.

Acte XII

Lors de la première rencontre entre Calisto et Mélibée, la conversation est fluide et la passion palpable. Quand vient le temps de se dire au revoir, ils conviennent de se revoir. Le bruit réveille le père de la jeune femme. Mélibée lui ment et invente une excuse.

Comme ils font également partie du plan, Sempronio et Pármeno se rendent chez Célestine pour lui demander l’argent qui leur revient. Cependant, la femme ne veut rien leur donner. Cela provoque une telle colère chez les domestiques qu’ils finissent par l’assassiner.

Acte XIII

Deux autres serviteurs de Calisto, Sosia et Tristán, racontent à leur maître comment les deux autres domestiques (Sempronio et Pármeno) ont été exécutés sur la place de la ville pour le crime commis. Calisto se sent coupable de ce qu’il s’est passé.

Acte XIV

Le deuxième rendez-vous entre les deux amoureux a lieu dans ce quatorzième acte de La Célestine. Calisto met du temps à arriver, ce qui inquiète Mélibée, mais il apparaît finalement accompagné de Sosia et Tristán. Le temps que les deux passent ensemble est court mais intense pour tous les deux. Cela suscite une certaine inquiétude chez Melibée, qui craint de déshonorer sa famille, même si la culpabilité passe au second plan par rapport au désir.

Acte XV

Attristées par la mort de leur mentor et de leurs deux amants, Areúsa et Elicia décident de se venger. Elles considèrent que Mélibée et Calisto sont coupables. Pour ce faire, elles demandent l’aide de Centurio, un soldat fort et violent avec qui elles avaient entretenu des relations jusqu’à son entrée en guerre.

Acte XVI

Lucrecia surprend une conversation au cours de laquelle les parents de Mélibée, Pleberio et Alisa, envisagent d’arranger le mariage de leur fille. Immédiatement, elle va prévenir sa maîtresse.

Acte XVII

Areúsa rencontre Sosia et obtient d’elle des informations sur Calisto et Mélibée afin de réaliser son plan.

Acte XVIII

Chez Centurio, Areúsa et Elicia planifient l’assassinat des deux jeunes amants.

Acte XIX

Calisto se rend chez Mélibée accompagné de Tristán et Sosia. Pendant que se déroule la rencontre entre les deux amants, Trasio, envoyé par Centurio, tente d’attaquer les deux serviteurs. Mais ceux-ci parviennent à l’effrayer et à s’en sortir vivant.

En entendant les bruits, Calisto, qui s’était endormi, se réveille. Craignant d’être surpris par le père de Mélibée, il s’enfuit. Dans sa fuite, en descendant les escaliers, il trébuche, tombe et meurt. Mélibée, témoin de tout, pleure inconsolable.

Acte XX

Lucrecia, qui voit Melibée souffrir, va en informer son père. Pleberio va consoler sa fille, qui lui dit que son cœur lui fait mal et qu’elle a besoin de musique pour se calmer. Pendant que son père part chercher ce qu’il faut, Mélibéa en profite pour s’échapper et grimper dans la tour. De là, elle demande pardon à ses parents de les avoir déshonorés, avoue sa relation avec Calisto et se jette dans le vide.

Acte XXI

Pleberio annonce à sa femme la mort de Mélibée et le livre se termine avec les pleurs du père.

La Célestine : les personnages

Bien que les relations amoureuses se déroulent normalement entre deux personnes, dans cette tragédie de la littérature espagnole, de nombreux personnages sont impliqués dans la relation. Ce ne sont pas seulement Calisto et Mélibée qui participent et décident. Autour d’eux, les intérêts de chacun jouent un grand rôle dans leur passion et dans leur amour.

Mélibée

Mélibée est l’une des protagonistes féminines de La Célestine. Sa construction, en tant que personnage de fiction, mérite une bonne analyse.

Comment Mélibée est-elle décrite physiquement ?

Telle que la décrit Fernando de Rojas, Mélibée est une femme qui répond aux standards de beauté de l’époque. Elle est très jolie, donc dès que Calisto la voit, il se sent charnellement attiré par elle.

Comment est Mélibée ?

La personnalité de Mélibée est complexe et évolue tout au long du livre. Au début, c’est une jeune femme opprimée, régie par les normes que la société imposait aux femmes de son époque. Cependant, lorsqu’elle rencontre Calisto et que leur relation commence, elle se laisse emporter par le plaisir et la passion. En fin de compte, leur individualisme et leurs besoins personnels triomphent des règles culturelles strictes.

En fait, même si elle craint de déshonorer ses parents, elle n’hésite pas à leur mentir pour obtenir ce qu’elle veut et pouvoir continuer à vivre comme elle l’entend.

Quel âge a Mélibée ?

Mélibée a 16 ou 17 ans.

Pourquoi Mélibée se met-elle en colère et renvoie Calisto ?

Mélibée ne veut rien savoir de Calisto au début. La rigidité de la société pèse sur ses épaules et elle ne veut pas déshonorer sa famille. C’est pourquoi, lorsque Calisto se faufile pour la première fois dans son jardin, elle l’accuse d’être lascif et de vouloir la déshonorer.

Comment Mélibée meurt-elle ?

Brisée par la douleur de la mort de Calisto et la honte d’avoir déshonoré sa famille, Mélibée se suicide en sautant du haut de la tour après avoir avoué son péché et présenté ses excuses à ses parents.

Calisto

Calist, c’est celui qui lance l’intrigue de La Célestine, puisque par passion pour Mélibée, il se rend chez la proxénète et démarre, involontairement, toute une affaire autour de leur relation.

Comment Calisto et Mélibée sont-ils tombés amoureux ?

Calisto tombe amoureux de Mélibée dès qu’il la voit. Pour Mélibée, cela n’est pas si instantané. On suppose que leur engouement mutuel naît grâce à la sorcellerie de Célestine et à ses capacités de persuasion. Cependant, il est possible que, en raison de sa jeunesse, Calisto ait fini par éveiller la passion de Mélibée.

Que fait Calisto lorsque Pármeno critique La Célestine ?

Calisto n’écoute pas les réticences de Pármeno, car il veut croire que la Célestine fera tomber Mélibée amoureuse de lui. De plus, il fait davantage confiance à Sempronio.

Comment Calisto se déclare-t-il à Mélibée ?

Calisto déclare rapidement son amour à Mélibée. Il le fait avec un langage plein d’hyperboles et de flatteries exagérées, auquel Mélibée répond d’abord par le rejet.

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Comment meurt Calisto ?

Effrayé par les bruits qu’il a entendus à l’extérieur (résultat de la bagarre entre ses serviteurs et ses agresseurs), Calisto s’enfuit craignant que le père de Mélibée ne le découvre. En descendant les escaliers, il trébuche, tombe et meurt.

Qui est le personnage principal de La Célestine ?

Bien que Mélibée et Calisto soient essentiels, on pourrait dire que La Célestine est le principal personnage fictif de la pièce. Elle est la cause de tout le complot (l’amour de Mélibée et Calisto, l’avidité des serviteurs, la vengeance d’Areúsa et Elicia et la mort de tous, pas seulement de la sienne).

Quelles caractéristiques décrivent le mieux La Célestine ?

La Célestine est une femme âgée qui se consacre à la sorcellerie et à la prostitution. Ses intérêts personnels et financiers passent avant tout autre facteur. De plus, elle est très persuasive. Comme elle n’a aucun scrupule, elle parvient à manipuler tout le monde.

Qu’a fait Célestine du cordon de Mélibée ?

Elle l’a utilisé pour la faire tomber amoureuse de Calisto.

Quels doutes La Célestine a-t-elle dans son monologue d’ouverture ?

Dans son monologue, elle doute que ce soit une bonne idée d’accepter le travail qui lui a été confié par Calisto. Elle pense que si les choses tournent mal, elle sera perdante et sera punie, d’autant plus que Sempronio et Pármeno sont impliqués. Elle n’avait pas tort, car elle finit par mourir.

Pourquoi La Célestine meurt-elle ?

Elle meurt des mains de Pármeno et Sempronio, qui l’assassinent en la poignardant, parce qu’elle ne veut pas leur donner une partie de l’argent de Calisto. Ils avaient pourtant un accord.

Quel type de conflit les protagonistes de La Célestine doivent-il surmonter ?

L’avidité et l’égoïsme sont les grands conflits des protagonistes de La Célestine. Chaque personnage fictif de l’œuvre est guidé par ses propres pulsions et caprices (passion charnelle, argent, vengeance personnelle…). Mais sans aucun doute, c’est l’avidité de La Célestine qui anime et encourage le reste. Son désir de devenir riche dépasse toutes les normes et finit par la conduire à la mort.

Que signifie être une Célestine ?

La pertinence de La Célestine est telle que le nom du personnage et le titre de l’œuvre sont devenus un nom permettant de caractériser les personnes qui, selon la définition, « facilitent ou favorisent secrètement les contacts politiques, amoureux, commerciaux ou autres ».

Fernando de Rojas a utilisé ce nom pour son personnage de fiction, et a créé un nouveau synonyme de « proxénète ». En fait, il est désormais plus courant d’utiliser « entremetteur » pour désigner une personne qui, dans une certaine situation, a aidé deux personnes à se réunir.

 

La Célestine : analyse de l’œuvre

Nous allons ensuite analyser certains des aspects les plus importants de l’œuvre (son thème, son importance ultérieure, etc.).

Quel est le thème central de La Célestine ?

Le thème principal de La Célestine, c’est l’amour. Mais il revêt de nombreux aspects dans l’œuvre. Habituellement, c’est une sorte d’amour malsain (pour une femme, pour un homme, pour l’argent, pour la vengeance) qui anime tout le développement de l’intrigue et qui guide le comportement de chaque personnage.

La Célestine met en scène l’amour charnel. Dans d’autres livres et histoires, les personnages ressentent un amour plus « pur » qui ne provient pas d’un désir clairement sexuel, comme c’est le cas avec Calisto et Mélibée.

La mort est également protagoniste de l’œuvre, puisqu’elle est présente très tôt. Le résultat est assez tragique. Presque tout le monde finit par mourir ou souffrir de la mort des autres.

Quant à la cupidité, c’est la caractéristique qui définit le mieux certains personnages. C’est pourquoi elle occupe également un rôle central. En fait, c’est l’avidité qui cause la mort de nombreuses personnes.

Quelle est la morale que l’on peut trouver dans l’œuvre La Célestine ?

Sans aucun doute, la grande morale de La Célestine est que l’ambition (amour, argent, pouvoir…) peut blesser et tuer si elle n’est pas bien comprise. Chaque personnage de fiction est victime de son propre destin pour avoir été trop ambitieux.

Quelles valeurs et anti-valeurs y a-t-il chez La Célestine ?

L’un des aspects les plus curieux de La Célestine est peut-être que ses valeurs et anti-valeurs (certaines du moins) sont essentiellement les mêmes.

L’amour est une valeur, mais en même temps une contre-valeur lorsqu’on le pousse à l’extrême. Nous le voyons comme une valeur chez Pleberio et Alisa, qui adorent leur fille et veulent le meilleur pour elle. Mais comme une anti-valeur chez Calisto-Mélibée ou Pármeno-Elicia, puisque leurs sentiments les conduit à la vengeance ou même à la mort.

La grande anti-valeur de l’œuvre, comme nous l’avons déjà commenté, est l’avidité de La Célestine et celle des serviteurs de Calisto. Ceux-ci représentent également une trahison, car ils n’hésitent pas à tromper ou à tuer pour obtenir ce qu’ils veulent.

Où se déroule La Célestine ?

Des études très complètes ont été réalisées, cependant impossible de préciser dans quelle ville se déroule l’œuvre. Il n’y a pas de références directes (uniquement à la maison de chaque personnage, mais pas avec des signes d’identification).

À quel mouvement littéraire appartient La Célestine ?

Certains critiques considèrent qu’il s’agit d’une œuvre sans genre. Au début, elle était définie comme une comédie humaniste, en raison de l’influence de l’école italienne. Cependant, l’auteur lui-même a préféré le mot « tragi-comédie » en raison de sa fin et des controverses et thèmes abordés dans l’œuvre.

Quel type de texte est La Célestine ?

Il est écrit comme une pièce de théâtre, mais sa longueur rend impossible sa dramatisation (du moins si le texte entier est conservé). C’est pourquoi il est davantage considéré comme un roman dramatisé.

La raison en est qu’il est constitué d’éléments littéraires très variés et complexes, qui le situe entre le roman et la pièce de théâtre. On pourrait dire que Fernando de Rojas a pris le meilleur de chaque genre littéraire pour construire sa propre œuvre.

Sur combien de temps s’étale l’intrigue de La Célestine ?

Environ un mois s’écoule du début à la fin de l’histoire. Nous le savons grâce à certaines références temporelles que l’auteur inclut. Trois jours s’écoulent de l’acte I au XVI, un mois passe du XVI au XVII. Un seul jour de l’acte XVII à la fin).

Pourquoi La Célestine est-elle si importante ?

La Célestine devient rapidement un classique de la littérature espagnole mais a traversé également les frontières. En fait, le livre a été traduit et réédité dans toutes les langues savantes dès le XVIe siècle. De plus, il a servi d’inspiration à d’autres auteurs.

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Par exemple, plusieurs écrivains ont écrit des suites. Feliciano de Silva et sa Deuxième Célestine en 1534. Gaspar Gómez de Toledo et sa Troisième partie de la tragi-comédie de Célestine en 1536 ou la Tragédie policière de Sebastián Hernández. Toutes ces productions, qui témoignent de l’apparition et de l’incursion de Célestine dans l’art et la littérature, ont donné naissance au genre celestinesco. Ce genre englobe les imitations, les adaptations, les suites et les refontes de La Célestine de Fernando de Rojas.

Quant aux adaptations, elles sont également multiples. Depuis le XXe siècle en particulier, la pièce a été portée à plusieurs reprises sur la scène du théâtre et sur les écrans (tant à la télévision qu’au cinéma). En Espagne, la plus célèbre est celle qui met en vedette l’actrice Penélope Cruz et l’acteur Juan Diego Botto, dans les rôles de Mélibée et Calisto. Et Terele Pávez dans le rôle de Celestina.

 

Versions de La Célestine

La Célestine nous est parvenu en plusieurs étapes. Le premier manuscrit survivant est celui appelé « Manuscrit du Palais » et il s’agit très probablement d’une première ébauche. Ce texte apparaît copié entre deux pamphlets (compositions littéraires ou scientifiques très courtes) : Diálogo de vida beata de Juan Ramírez de Lucena et un autre anonyme.

Après cette première écriture, la trace suivante que nous avons de l’ouvrage est sa première impression/édition en 1499, dont il ne reste qu’un exemplaire avec des pages manquantes.

En 1500 (Tolède) et 1501 (Séville, Andalousie), l’ouvrage fut réédité. A cette occasion, ont été ajoutés une lettre de l’auteur, un acrostiche composé de onze octaves, l’intrigue de l’œuvre, seize actes, quelques distiques de correcteur et des informations sur le lieu et la date d’impression. L’élément le plus important est peut-être l’acrostiche, puisque la phrase qu’il forme est « Le célibataire Fernando de Rojas a terminé la Comédie de Calysto et Mélibée et est né à Puebla de Montalván ».

Les éditions suivantes, toutes datant de 1502 bien qu’imprimées dans trois villes différentes (Tolède, Séville et Salamanque), portent déjà le titre définitif de Tragicomédie de Calisto et Mélibée. Dans ceux-ci, il y a un prologue de l’auteur et certains actes et scènes sont modifiés.

 

Fernando de Rojas: l’auteur de La Célestine

Fernando de Rojas est né à Puebla de Montalbán (Tolède) vers 1475. Il a toujours été un lecteur assidu et son immense bibliothèque en est la preuve. Bien qu’il ait presque toujours vécu à Tolède, il a étudié à l’Université de Salamanque, ce qui l’a aidé à se former en tant qu’auteur aux influences classiques.

Il mourut en 1541, bien que la date ne soit pas connue exactement. Ses restes furent enterrés dans l’église de Madre de Dios, à Talavera. Ils y furent retrouvés en 1936 et exhumés en 1968.

Comment savons-nous que Fernando de Rojas est l’auteur de La Célestine ?

Fernando de Rojas lui-même a déclaré dans une lettre contenant l’œuvre qu’il avait découvert le premier acte de la pièce et avait décidé de la continuer. Cela nous fait penser qu’il y a eu au moins un deuxième auteur, celui-ci étant anonyme. C’est la théorie défendue par de grands critiques comme Menéndez Pelayo.

Les critiques ont observé des différences stylistiques et linguistiques qui confortent la thèse selon laquelle il existe deux auteurs.

Pourquoi Rojas n’a t-il pas voulu mettre son nom sur l’œuvre ?

Fernando de Rojas ne voulait pas faire face aux reproches de la société, d’autant plus qu’il se consacrait au droit et non à la littérature. C’est pourquoi il a décidé de ne pas signer l’ouvrage. Du moins pas de manière courante, puisqu’il a laissé son identité dans l’acrostiche.

Quel est le but de l’auteur de La Célestine ?

Dans le prologue, Fernando de Rojas déclare que s’il a écrit l’œuvre, c’est avec une intention morale. Si l’on le croit sur parole, La Célestine serait un texte éminemment didactique avec lequel l’écrivain entendait avertir les jeunes des dangers de l’amour malsain et de l’avidité.

Cependant, certains érudits proposent une autre interprétation de son objectif. En tant que juif converti, Fernando de Rojas devait garantir sa croyance en Dieu aux yeux de l’Inquisition. C’est pourquoi il finit par punir les amants qui ne respectent pas le décorum.

Retrouvez l’intégralité de l’œuvre en suivant ce lien !

A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !