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Résumé du livre Le Scaphandre et le Papillon de Jean-Dominique Bauby

Le Scaphandre et le Papillon, c’est une autobiographie de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine français Elle. Le livre est une réflexion sur sa vie, après qu’un accident vasculaire cérébral massif l’ait laissé complètement paralysé, à l’exception de la tête et des yeux.

Piégé dans un corps immobile, Jean s’est retrouvé sans moyen de communiquer avec le monde extérieur. Pourtant, pas question pour le journaliste de se taire. Il a décidé de consigner ses pensées et c’est ainsi que ce livre a vu le jour. Jean a dicté l’intégralité du livre en clignant de la paupière gauche pour choisir une lettre, tandis qu’un transcripteur récitait un alphabet français ordonné par fréquence. Au total, il faudra 200 000 clignements de paupières pendant 4 heures par jour sur une période de 10 mois pour terminer l’ouvrage.

Plongeons ensemble dans ce résumé et cette analyse !

Le Scaphandre et le Papillon : résumé court

Le 8 décembre 1995, Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine de mode français Elle, est victime d’un accident vasculaire cérébral massif. L’homme mondain et charismatique s’en retrouve presque complètement paralysé.

Après s’être réveillé du coma en janvier 1996, Bauby découvre que le seul moyen de communiquer avec le monde extérieur est de cligner de la paupière gauche. C’est la seule partie de son corps sur laquelle il a encore un certain contrôle. Au cours de l’été 1996, avec l’aide de Sandrine, son orthophoniste à l’hôpital de Berck-sur-Mer, et de Claude, son interprète, Bauby compose, lettre après lettre, un mémoire de ses expériences à l’hôpital. De ses souvenirs de sa vie avant l’accident vasculaire cérébral et de ses fantasmes les plus profonds de retour à une existence normale.

En passant l’été 1996 à écrire ses mémoires, Bauby réfléchit à son « syndrome d’enfermement » qui lui donne l’impression d’être enfermé dans un scaphandre. Il appelle les patients des « touristes », car leur pronostic leur permettra de quitter l’hôpital en quelques mois seulement. Il reçoit la visite de son ancienne compagne Sylvie et de leurs enfants Céleste et Théophile, ainsi que de vieux amis et collègues.

En envoyant un bulletin mensuel, il tente de calmer les rumeurs qui circulent dans les rues de Paris selon lesquelles le rédacteur en chef serait devenu un légume. Il surmonte les toilettes à l’éponge et les menus hospitaliers en imaginant les luxueux bains dans sa baignoire et les délicieux repas de son enfance. Il s’imagine être réalisateur de cinéma dans les studios Cinecittá à Rome et endure des séances de physiothérapie et d’orthophonie.

En outre, il lutte contre de terribles cauchemars et la peur de voir ses proches lui échapper. Il raconte des anecdotes ironiques de son passé, divulgue des rêves d’écrire une pièce de théâtre et s’imagine accompagner ses anciens collègues dans des lieux exotiques pour des conférences de mode.

Bauby conclut qu’il a composé ses mémoires comme un moyen de chercher une « clé » qui lui permettra de se libérer du scaphandre. Il sent cependant qu’il doit « continuer à chercher » dans tout le « cosmos » l’objet magique, le miracle qui le mènera à la liberté.

 

Le Scaphandre et le Papillon : résumé long

Prologue

Alors qu’une lueur blafarde annonce le lever du jour, Jean-Dominique Bauby regarde autour de lui dans sa chambre et fait le point sur les objets qui l’entourent. Des photos de ses proches, des posters, des jeux envoyés par des amis, rassemblés dans la chambre où il est confiné depuis six mois. Il a l’impression qu’un scaphandre invisible retient son corps prisonnier.

Le vendredi 8 décembre de l’année précédente, Bauby a été victime d’un accident vasculaire cérébral qui a touché son tronc cérébral, le lien indissociable entre le cerveau et la moelle épinière. Bauby a survécu, mais souffre désormais du syndrome de l’enfermement. Paralysé de la tête aux pieds mais pleinement conscient, Bauby est emprisonné dans son propre corps. Le seul moyen pour lui de communiquer est de cligner de la paupière gauche, l’une des rares parties de son corps qu’il peut encore bouger.

Voilà six mois qu’il vit à l’hôpital naval de Berck-sur-Mer. Il écrit avec l’aide d’un interlocuteur qui interprète ses clignements d’yeux.

Si le scaphandre maintient le corps de Bauby au sol, son esprit est comme un papillon en vol. Sa seule échappatoire, c’est son imagination (et son écriture). À l’aube, une infirmière entre dans la chambre, interrompant le flot de pensées de Bauby. Elle allume la télévision pendant qu’elle effectue les soins, et tandis que Bauby regarde une grenouille de dessin animé se pavaner à l’écran, il commence à imaginer à quoi ressemblerait la vie s’il était transformé en grenouille.

Chapitre 1 : Le fauteuil

Bauby se souvient d’une période où il n’était à Berck que depuis quelques semaines. Il n’avait alors aucune idée précise de ce qu’allait devenir sa situation. D’après ce qu’il avait entendu dire par les infirmières et les médecins, il pensait qu’il recouvrerait très vite la mobilité et la parole. Son esprit s’agitait jour et nuit. Il rêvait de romans, de pièces de théâtre et de ce qu’il ferait une fois rétabli.

Un soir, de façon inattendue, un groupe d’aides-soignants a fait irruption dans sa chambre et a installé Bauby dans un fauteuil roulant. Il s’est alors vu poussé à travers l’hôpital, avant d’être ramené dans sa chambre. Déprimé, l’auteur compare les aides-soignants qui l’ont aidé à se remettre au lit aux gangsters de cinéma qui luttent pour faire rentrer un corps dans le coffre de leur voiture.

Chapitre 2 : Prière

Après l’épisode du fauteuil roulant, Bauby a compris qu’il ne s’en remettrait pas. Il a commencé à abandonner ses projets grandioses. Malgré la tristesse, il a senti un fardeau s’enlever de ses épaules.

Bauby se rend compte maintenant que même s’il ne marchera, ne parlera ou ne bougera plus jamais normalement, il y a un léger espoir d’amélioration. Le battement de ses paupières suggère que son système nerveux a commencé une très lente récupération. Dans quelques années, pense-t-il, il pourra même espérer remuer ses orteils. Il espère que ses fonctions respiratoires reviendront bientôt et qu’il pourra manger sans l’aide de tubes et de machines.

Bauby pense à toutes les personnes qu’il aime et aux prières qu’elles lui ont adressées. Ses amis voyagent beaucoup et lui disent souvent qu’ils ont prié pour lui dans des chapelles en France, des temples au Népal ou auprès de sages au Cameroun. Il pense aussi à sa fille, Céleste, dont il sait qu’elle prie pour lui chaque soir. Comme ils s’endorment tous les deux à peu près au même moment, Bauby se sent protégé par les prières de sa fille en particulier.

Chapitre 3 : L’heure du bain

Chaque matin à 8 h 30, Brigitte, la physiothérapeute, arrive pour lui faire faire des exercices. Bauby estime que cet exercice est inutile. Il a perdu 29 kilos en seulement 20 semaines. Avec ironie, il se souvient avoir entamé un régime la semaine précédant son AVC.

Fait nouveau, il peut tourner la tête d’environ 90 degrés et ouvrir la bouche suffisamment pour insérer une sucette entre ses lèvres. Lorsque la séance de physiothérapie se termine et que Brigitte lui masse le visage, Bauby se sent réconforté. Il admet qu’il trouve au moins amusant qu’à 45 ans, on lui essuie les fesses et on l’emmaillote comme un nouveau-né.

Certains jours, il éprouve un plaisir coupable face à ce retour total à l’enfance. D’autres jours, il est déprimé par son état de santé, surtout pendant son bain hebdomadaire. Chaque semaine, Bauby se souvient des bains luxueux qu’il adorait prendre, des bains pendant lesquels il buvait du bon whisky et lisait pendant des heures. Alors qu’il se souvient de son ancienne vie, il est cruellement conscient de la nouvelle.

Chapitre 4 : L’alphabet

La nuit, Bauby rêve des lettres de l’alphabet. Mais depuis l’accident, elles lui apparaissent dans un ordre étrange. Pour pouvoir dicter son livre, son interprète a disposé l’alphabet selon la fréquence de son utilisation dans la langue française. Le E est le premier, suivi de S, A, R, I, N, T.

Lorsque l’interprète ou les visiteurs de Bauby récitent l’alphabet, il attend d’entendre la lettre par laquelle commence le mot qu’il souhaite dire, puis il cligne des yeux. La récitation recommence, jusqu’à ce que, lentement, les mots que Bauby veut prononcer se rassemblent. Le processus est laborieux et il y a souvent des confusions. Mais Bauby parvient néanmoins à réfléchir sur la nature poétique de la langue française et sur les similitudes entre des mots tels que lunettes et lune.

Chapitre 5 : L’impératrice

Le hall principal de l’hôpital où Bauby est hospitalisé est décoré d’œuvres d’art qui rendent hommage à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Le mini-musée présente une lettre adressée au rédacteur en chef d’un vieux magazine décrivant la brève visite de l’impératrice à l’hôpital le 4 mai 1864.

Bauby aime lire la lettre et imaginer les détails somptueux des vêtements et les voix apaisantes des femmes alors qu’elles rendaient visite aux patients.

Chapitre 6 : Cinecittà

Bauby décrit ici l’hôpital de Berck. Il affiche une silhouette massive et de hauts murs en briques rouges typiques du nord de la France. Construit à l’origine pour accueillir les enfants malades qui avaient besoin d’un climat plus sain que celui des hôpitaux parisiens, la façade de l’hôpital porte toujours l’inscription « Ville de Paris », bien qu’il soit situé dans la région Pas de Calais.

L’intérieur de l’hôpital est un labyrinthe déroutant. Lors de ses promenades en fauteuil autour du bâtiment et du parc, Bauby croise souvent des patients qui se sont perdus. Lors de l’une de ses toutes premières expéditions, peu après son réveil du coma, il a repéré un grand phare rayé rouge et blanc visible depuis le parc de l’hôpital. Bauby demande souvent qu’on l’emmène à Cinecittà, le surnom qu’il a donné à la terrasse perpétuellement déserte depuis laquelle il est possible d’admirer le phare et la mer au-delà.

Cinecittà, c’est le nom du plus grand studio de cinéma d’Europe. Depuis le balcon auquel il a donné ce nom, Bauby regarde la ville en contrebas et réalise des films dans sa tête, attendant le coucher du soleil pour que les rayons pleins d’espoir du phare brillent.

Chapitre 7 : Les touristes

L’hôpital s’occupe aujourd’hui principalement de patients âgés. Il accueille également des patients dans le coma, des patients obèses et un bataillon d’infirmes qui se remettent d’accidents. Bauby appelle ces patients des « touristes », en raison de leur court séjour et de leur bon pronostic.

Bauby en revanche est un oiseau de mauvais augure qui provoque un malaise chez les autres patients lorsqu’il est transporté dans d’autres ailes de l’hôpital. Lors des séances quotidiennes dans la salle de rééducation, Bauby est attaché à une planche inclinée qui est lentement relevée en position verticale. Il subit les regards inquiets et parfois même les plaisanteries cruelles des touristes et de leurs visiteurs.

Chapitre 8 : La saucisse

Chaque jour après sa séance sur la planche, Bauby est ramené dans son lit. Chaque jour sans faute, l’aide-soignante qui le transporte lui souhaite bon appétit car il est presque l’heure du déjeuner. Comme Bauby n’a rien pu avaler depuis huit mois, à part quelques gouttes d’eau et une demi-cuillère à café de yaourt, il trouve ce souhait ridicule.

Bauby est désormais alimenté par sonde. Pour rêver un peu, il doit se tourner vers ses souvenirs de repas délicieux avant son accident. Il pense escargots, œufs à la coque, légumes frais, poissons tendres et steaks gras. Il fait tourner les menus dans sa tête au fil des saisons, imaginant des huîtres et du gibier en automne et des repas plus frais de melon et de fruits en été.

Avec le temps, il devient moins gourmand. Désormais, il se contente d’imaginer des repas composés de choses simples comme une bonne saucisse (le plat préféré de son enfance).

Chapitre 9 : L’ange gardien

Le badge de Sandrine porte la mention « orthophoniste », mais Bauby pense qu’il devrait plutôt porter la mention « ange gardien ». C’est Sandrine qui a créé le code de communication sans lequel Bauby serait coupé du monde.

Bien que les amis et la famille de Bauby aient adopté le système, la plupart du personnel de l’hôpital (à l’exception de Sandrine elle-même et du psychologue) ne l’utilisent pas. Bauby se retrouve alors dans une sorte de solitude, confronté à des membres du personnel qui ignorent complètement ses tentatives de communication.

Les visites de Sandrine sont l’une des rares visites du personnel qui permettent à Bauby de sentir le scaphandre se détacher de lui. Depuis qu’il est en convalescence, il s’émerveille de l’art qu’est l’orthophonie. Il est déconcerté par l’effort qu’il lui faut maintenant pour émettre quelques sons. Sandrine aide souvent Bauby à prendre des appels téléphoniques et lui tient le téléphone à l’oreille pendant que ses proches lui racontent des anecdotes.

Bauby aimerait pouvoir répondre par autre chose que le silence.

Chapitre 10 : La photo

La dernière fois que Jean-Dominique Bauby a vu son père, c’était la semaine de son AVC. Son père étant malade, il lui avait préparé du thé et lui avait rasé la barbe. Cet acte est resté gravé dans la mémoire de Bauby, qui se souvient parfaitement du visage vieillissant de son père. De ses traits émaciés et de ses épais cheveux blancs comme neige.

Bauby n’a pas revu son père depuis qu’il a quitté son appartement. Ils sont tous deux infirmes et enfermés, chacun à leur manière. Le père de Bauby l’appelle de temps en temps et lui a envoyé des lettres. L’une d’elles contenait une photo de Bauby lorsqu’il était petit garçon sur un terrain de minigolf. En regardant la photo, Bauby s’est rendu compte qu’elle avait été prise en 1963 à Berck-sur-Mer. La même ville où il est aujourd’hui patient.

Chapitre 11 : Une autre coïncidence

Bien que Bauby pense que la plupart des lecteurs d’Alexandre Dumas choisiraient comme personnages préférés D’Artagnan ou Edmond Dantès, lui penche désormais pour le sinistre Noirtier de Villefort du Comte de Monte-Cristo. Une créature qui ne communique qu’en clignant des yeux, seul personnage de la littérature atteint du syndrome d’enfermement.

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Les difficultés de Bauby lui ont permis d’explorer de nouvelles perspectives. Il se reconnaît dans des personnages et des expériences qu’il n’avait jamais envisagés auparavant. Il éprouve une empathie et une appréciation nouvelles pour des choses qu’il connaissait depuis toujours.

Chapitre 12 : Le rêve

Bauby réalise que les rêves du mois de décembre précédant son AVC sont gravés dans sa mémoire. Il se souvient de l’un d’eux avec une précision particulière.

Dans ce rêve, il marche avec un ami dans une épaisse couche de neige, pour rentrer en France depuis une station de ski italienne. Une grève interrompt leur voyage à la frontière. Les hommes traversent un pont en béton pour rencontrer un homme d’affaires italien influent, qui a installé un bureau dans une salle sous le pont. À l’intérieur se trouve Radovan Karadzic, le chef des Serbes de Bosnie, qui pratique une trachéotomie sur Bauby avant de l’emmener dans un bar où une hôtesse lui sert de l’alcool.

Bauby perd connaissance et se réveille à cause d’un grand bruit. L’hôtesse lui dit que la police arrive. Alors que Bauby tente de s’enfuir dans la neige, il se retrouve paralysé et incapable de prononcer un mot.

Chapitre 13 : La voix en coulisses

Bauby se souvient de cette matinée de fin janvier où il s’est réveillé pour la première fois du coma. Un ophtalmologue était penché sur lui, en train de lui coudre la paupière droite. Bauby a été terrifié à l’idée que l’homme puisse aussi lui coudre la paupière gauche. Mais heureusement, le médecin s’est arrêté, a rangé ses instruments et a déclaré que l’œil droit aurait besoin de repos pendant six mois.

Bauby a regardé l’homme à travers son œil valide, mais le médecin n’a pas remarqué la tentative de communication de son patient. Les mois qui ont suivi ont attisé son dégoût pour ce médecin inattentif, dont il déteste et savoure les visites, car elles lui permettent de ressentir des émotions fortes. Bauby a souvent l’impression d’être dans une sorte de cocotte-minute à l’hôpital, à tel point que c’est ainsi qu’il veut intituler la pièce qu’il envisage d’écrire en s’inspirant de ses expériences.

Bauby envisage une voix en coulisses, qui fournirait le monologue intérieur du personnage principal.

Chapitre 14 : Mon jour de chance

Bauby passe une matinée difficile. L’alarme de sa sonde d’alimentation sonne sans arrêt. Il transpire abondamment. Sa paupière droite, fermée avec du ruban adhésif depuis que les sutures ont été retirées, est irritée par la sueur, et son cathéter s’est détaché.

Bauby ne peut rien faire. Il reste inerte et fredonne en attendant de l’aide. Lorsqu’une infirmière entre enfin dans la chambre, elle allume la télévision avant même de regarder Bauby. Une publicité pose alors la question : « Êtes-vous né chanceux ? »

Chapitre 15 : Notre propre Madone

Plusieurs amis de Bauby lui ont demandé en plaisantant s’il envisagerait de se rendre à Notre-Dame de Lourdes. Bauby leur a dit qu’il avait déjà fait ce voyage, à la fin des années 1970. Il y était allé en voiture avec sa petite amie de l’époque, une femme nommée Joséphine. Joséphine était en colère parce que Bauby était absorbé par la lecture d’un roman de sept cents pages et ne voulait participer à aucune activité en cours de route.

Après s’être enregistré dans un hôtel, Bauby a voulu continuer à lire mais Joséphine a insisté pour voir la Madone, dans une grotte dont les sources auraient des pouvoirs de guérison. Ils sont sortis malgré la menace d’un orage, et à la Madone, ils ont croisé un groupe de paraplégiques en fauteuil roulant.

Alors que la pluie commençait à tomber, ils sont retournés en ville où Bauby a acheté une petite lampe de la Madone pour Joséphine. De retour dans leur chambre, après que Joséphine se soit endormie, Bauby s’est accordé une promenade nocturne.

Chapitre 16 : A travers un verre sombre

Sylvie, l’ex-compagne de Bauby, le pousse dans son fauteuil dans un couloir de l’hôpital, tandis que leurs deux enfants, Théophile et Céleste, marchent à côté. Théophile essuie la bave qui coule du menton de son père avec un mouchoir. Lorsque le fauteuil ralentit au bout du couloir, Céleste couvre le front de Bauby de baisers.

Aujourd’hui, c’est la fête des pères. Une fête que Bauby et sa famille n’avaient jamais célébrée avant son AVC. Bien qu’il soit heureux d’avoir ses enfants avec lui en ce jour symbolique, il craint que son apparence et son immobilité ne les dérangent. Sylvie pousse Bauby jusqu’à une petite dune de sable à l’extérieur des murs de l’hôpital. Tandis que Théophile et Céleste lui parlent, Bauby se lamente de ne pas pouvoir répondre.

Ils jouent tous les trois au pendu, mais Bauby est distrait, trop déprimé par la souffrance qu’il ressent à interagir avec ses enfants dans son état actuel. Il se met à pleurer doucement tandis que Théophile gagne la partie. Il regarde Céleste faire des roues sur le rivage, puis se mettre à chanter et à danser. Ce petit spectacle renvoie Bauby dans le passé.

Bientôt, il est tard, et il est temps pour la famille de Bauby de partir. Ils le ramènent dans sa chambre et lui disent au revoir.

Chapitre 17 : Paris

Bauby est triste de constater que son ancienne vie s’estompe. Elle brûle encore en lui parfois, mais ses souvenirs se transforment lentement, mais sûrement en cendres. Il se souvient de deux voyages médicaux effectués à Paris depuis son accident.

Lors du premier, alors qu’il regardait la ville à travers les vitres de l’ambulance qui le transportait, il s’est ému en passant devant le gratte-ciel qui abritait les bureaux du magazine Elle, dont Bauby a été un temps le rédacteur en chef. Lors du deuxième voyage, les rues de la ville lui sont apparues comme un décor de film. Un décor dont il était le seul élément manquant.

Chapitre 18 : Le légume

Au début du mois de juin, six mois après son AVC, Bauby commence à rédiger un bulletin d’information pour ses amis et associés, qu’il rédige et envoie chaque mois avec l’aide de Sandrine. Il a appris que ses anciens collègues ont lancé des rumeurs selon lesquelles il serait devenu un légume et souhaite essayer de les dissiper.

Son orgueil, qui a motivé la première lettre, a eu des résultats gratifiants. Ses amis et anciens associés savent maintenant qu’ils peuvent l’atteindre dans son scaphandre. Bauby reçoit désormais de nombreuses lettres, des plus sérieuses et existentielles aux plus insignifiantes. Il les conserve toutes comme un trésor.

Chapitre 19 : La sortie

Dans la chaleur étouffante de l’été, Bauby fait une excursion en fauteuil le long de la promenade qui longe le rivage. Il n’y est pas allé depuis l’hiver. Bien que le chemin soit épuisant, une fois arrivé, il passe du bon temps.

Il ne connaît Claude, son interprète, que depuis deux semaines. Est également présent Brice, son ami de 20 ans, qui lui raconte des histoires sur l’ancienne vie de Bauby. Celui-ci se délecte de l’émerveillement de Claude alors qu’elle écoute les histoires sur celui qu’il était autrefois. Le trio continue la promenade en passant devant un carrousel, avant d’atteindre une friterie en bord de mer. Ils s’arrêtent pour que Bauby puisse s’imprégner de l’odeur.

Chapitre 20 : Vingt contre une

Alors que Vincent, un vieil ami de Bauby, se rend à Berck pour lui rendre visite, Bauby se souvient de l’époque où ils travaillaient dans un quotidien aujourd’hui disparu. Un dimanche, ils sont allés à l’hippodrome. Bien qu’aucun des deux ne soit fan des courses, le correspondant de l’hippodrome leur a donné un tuyau sur un « gagnant assuré ». Un cheval appelé Mithra-Grandchamp, dont la cote était de vingt contre une.

Les deux hommes ont déjeuné dans un restaurant surplombant l’hippodrome. Ils ont fumé des cigares, ont mangé, bu et se sont attardé si longtemps dans le restaurant qu’ils ont oublié de parier. Impuissants, ils ont assisté à la course et Mithra-Grandchamp, comme prévu, a gagné avec une avance de cinq longueurs.

De retour au présent, alors que Vincent arrive à Berck et entre dans la chambre, Bauby remarque une lueur passagère de peur sur le visage de son vieil ami. Néanmoins, Vincent s’approche de Bauby, l’embrasse sur le front et s’assoit à côté de lui. Jusqu’alors, Bauby avait complètement oublié l’histoire de Mithra-Grandchamp, mais il voit désormais le cheval comme une métaphore plus large de toutes les choses que Vincent et lui ont manquées de peu dans la vie.

Chapitre 21 : La chasse aux canards

Bauby décrit le grave trouble auditif dont il souffre depuis son AVC. Son oreille droite est complètement bouchée tandis que son oreille gauche amplifie et déforme tous les sons. Même le bruit d’un avion qui passe au-dessus de sa tête est aussi fort que celui d’une machine à café.

Les aides-soignants qui s’occupent de lui oublient souvent de fermer la porte de sa chambre, si bien qu’il est à la merci du chaos ambiant dans les couloirs de l’hôpital. Bauby décrit les brancards et les machines à cirer les sols comme un avant-goût auditif de l’enfer. Mais le pire, ce sont les autres patients.

Il y a un jeune enfant qui a reçu en cadeau un canard en peluche sonore équipé d’un détecteur de mouvement. Ou bien une femme, tout juste sortie du coma, qui a crié « Au feu ! »

Dans ses rares moments de paix et de tranquillité, Bauby aime se concentrer sur les papillons qui voltigent doucement dans sa tête. Leurs battements d’ailes à peine audibles nécessitent une attention particulière. Bauby est étonné de sa capacité à les entendre de mieux en mieux, même si son audition ne s’améliore pas.

Chapitre 22 : Dimanche

Bauby regarde par la fenêtre les briques rouges des bâtiments de l’hôpital s’imprégner de la lumière éclatante de l’aube. L’ombre lui rappelle un livre de grammaire grecque qu’il adorait quand il était lycéen.

Malgré ces bons souvenirs, Bauby est rempli d’angoisse. Aujourd’hui c’est dimanche. Il déteste les dimanches, car s’il n’a pas de visiteurs, il n’y aura rien pour rompre sa monotonie. Ni kinésithérapeute, ni orthophoniste ou psychologue. Même les infirmières semblent moroses et léthargiques ce jour-là.

En regardant le calendrier accroché au mur, Bauby est confronté au paradoxe du temps. Bien que les heures traînent, les mois défilent à toute vitesse. Nous sommes déjà en août et l’été est presque terminé. Il ferme les yeux et imagine les vacances d’été de ses amis en famille : leurs promenades en bateau, leurs séances de peinture ou de nage. Ce faisant, une petite mouche se pose sur son nez. Il essaie de secouer la tête pour la chasser, mais il ne parvient pas à la déloger.

Chapitre 23 : Les dames de Hong-Kong

Dans son ancienne vie, Bauby aimait voyager. Au fil des ans, il a stocké suffisamment d’images, d’odeurs et de sensations dans son esprit pour pouvoir oublier Berck en utilisant uniquement son imagination et ses souvenirs. La semaine est pluvieuse et ennuyeuse et chaque matin, Bauby vole dans son esprit vers Hong Kong, où il sait qu’une conférence pour les éditions internationales d’Elle a lieu.

Il a toujours le sentiment que le magazine est le sien. Bauby imagine ses collègues, infatigables ambassadrices du style français, se promenant dans les hôtels et discutant mode.

Chapitre 24 : Le message

Chaque fois que Bauby est conduit en fauteuil roulant à travers la cafétéria, il se sent complètement seul. On le regarde sans pitié ni compassion. Sur une table se trouve une machine à écrire, une feuille de papier rose déjà insérée dans le rouleau. À chaque fois que Bauby passe devant, il vérifie si un message l’y attend.

Chapitre 25 : Au musée de cire

La nuit précédente, Bauby a visité en rêve le musée Grévin. Mais au lieu de voir des figures de cire, il a trouvé les visages des infirmières et infirmiers qui s’occupent de lui à Berck. Beaucoup d’entre eux ont terrifié Bauby pendant ses premiers jours à Berck. Mais maintenant, il comprend qu’ils font de leur mieux pour accomplir une mission très délicate.

Bauby leur a maintenant donné des surnoms et a développé une affection pour plusieurs d’entre eux.

Chapitre 26 : Le beau parleur

Bauby se souvient d’un de ses camarades d’école lorsqu’il était petit garçon. Un dénommé Olivier qui racontait des histoires folles sur ses voyages, ses drames, sa vie en général, prétendant tour à tour être orphelin puis enfant unique choyé. Les histoires n’avaient aucune cohérence et pourtant, même face aux protestations de Bauby et d’autres enfants, Olivier maintenait que tout était vrai.

Ayant cherché à retrouver Olivier quelque temps avant son AVC, Bauby a découvert que l’homme travaillait dans la publicité. Bien qu’il ait autrefois méprisé Olivier pour ses histoires absurdes, il l’envie maintenant pour sa maîtrise de l’art de raconter des histoires. Désormais, dans son état d’enfermement, Bauby lui-même est obligé d’inventer des histoires fantaisistes qui lui permettent d’échapper à la monotonie de sa nouvelle vie.

Chapitre 27 : « A day in the life »

Bauby se souvient de la journée de son AVC, le vendredi 8 décembre 1995. Il a repoussé la description de cette journée, même s’il a prévu de l’inclure dans ce livre depuis qu’il a commencé à la composer dans sa tête. Il redoute de décrire les heures insaisissables de son dernier jour dans le monde normal. La manière mécanique dont il a accompli les tâches les plus simples, qui lui semblent maintenant insurmontables l’embarrasse.

Le jour de son AVC, Bauby avait engagé un chauffeur pour lui permettre de tester un nouveau modèle de BMW. Après avoir brièvement embrassé sa compagne Florence pour lui dire au revoir, il est monté dans la voiture, et le chauffeur a commencé à le conduire à travers la ville. Bauby devait aller chercher ses enfants plus tard chez leur mère. Depuis sa séparation avec Sylvie, il ressentait des tensions dans sa relation avec eux et espérait pouvoir les retrouver lors d’un beau week-end ensemble.

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Au travail, Bauby a longuement échangé au téléphone avec une célébrité dont il n’a pas donné le nom, à propos d’une interview à paraître. Il a ensuite assisté à un déjeuner au dernier étage du magazine. Après le travail, le chauffeur a de nouveau pris Bauby et l’a conduit jusqu’à la maison de Sylvie. Il se souvient avoir vu Théophile l’attendre après quoi tout est devenu flou.

Il s’est installé au volant de la BMW tout en se sentant mal. À la première intersection après la maison de Sylvie, Bauby est sorti du véhicule et a demandé au chauffeur de le conduire jusqu’à la maison de sa belle-sœur Diane. Une fois chez Diane, celle-ci a demandé au chauffeur de se rendre directement à une clinique située à 16 kilomètres de là. Le chauffeur a foncé vers la clinique et lorsque Bauby a essayé d’ouvrir la bouche pour lui demander de ralentir un peu, aucun son n’est sorti.

Chapitre 28 : Le temps du renouveau

Nous sommes à la fin du mois d’août, l’été touche à sa fin. Alors que la vie reprend son cours normal, le travail et l’école remplaçant les vacances et les loisirs, Bauby se rend compte qu’il a commencé une nouvelle vie. Une vie dans les couloirs de Berck, et nulle part ailleurs.

Il attend avec impatience de recevoir de nouvelles visites d’amis qui lui raconteront leurs étés mouvementés, et se délecte d’une étrange sorte de soulagement : pour la première fois de sa vie, il n’a pas l’horrible impression d’un compte à rebours qui accompagne la fin des vacances.

Tandis que Claude lit à Bauby les pages du livre qu’ils ont lentement assemblé, Bauby est à la fois plein de fierté et d’anxiété. En observant la pièce qui l’entoure et en regardant attentivement Claude, il remarque quelques objets qui dépassent de son sac à main : une clé de chambre d’hôtel, un pass de métro et un billet de cent francs. Il voit ces objets comme des objets ramenés par une sonde spatiale envoyée sur Terre pour étudier la vie des Terriens. Pensif, il se demande si le cosmos détient les clés pour ouvrir son scaphandre, comme une ligne de métro sans terminus ou une monnaie suffisamment forte pour racheter sa liberté. Bauby décide qu’il doit continuer à chercher.

 

Le Scaphandre et le Papillon : Personnages

Jean-Dominique Bauby

Le narrateur et protagoniste du livre. Jean-Dominique Bauby était le rédacteur en chef du magazine de mode Elle dans les années 1990.

Riche, charismatique, sa vie mondaine a changé à jamais lorsqu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral le 8 décembre 1995. L’accident a sectionné son tronc cérébral de sa moelle épinière et l’a laissé complètement paralysé. Capable de cligner uniquement de l’œil gauche pour communiquer avec le monde extérieur, Bauby est devenu un cas rare du syndrome d’enfermement dans lequel les facultés mentales d’un patient sont intactes mais celui-ci est physiquement incapable de parler ou de bouger.

Armé d’un sens de l’humour aiguisé sur sa situation, Bauby, avec l’aide d’une orthophoniste et d’une interprète, a commencé à retranscrire ses mémoires plusieurs mois après l’accident. Au cours de l’été 1996, il a composé des phrases dans sa tête, les répétant parfois dix fois afin d’aiguiser son langage et de se préparer à la tâche de cligner des yeux pour taper lettre par lettre, Le Scaphandre et le Papillon.

L’œuvre, célèbre dans le monde entier, a fait de Bauby une figure importante du journalisme et de la littérature française, même des décennies après sa mort en 1997, deux jours seulement après la publication du livre.

Vincent

Vincent est un vieil ami et ancien collègue de Bauby qui lui rend souvent visite à l’hôpital et lui permet de se sentir moins seul.

Sylvie

La mère des enfants de Bauby. Sa relation avec Bauby semble s’être refroidie avant son AVC. Sylvie tient néanmoins profondément à Bauby et lui rend visite avec ses deux enfants, Céleste et Théophile.

Sandrine

Sandrine est l’orthophoniste de Bauby à Berck-sur-Mer. Il la considère comme un ange gardien car elle a créé le code de communication qui lui permet de participer au monde. Il a le sentiment que Sandrine a ouvert son scaphandre, même si ce n’est qu’un tout petit peu.

Claude

Claude est l’interprète qui aide Bauby à composer ses mémoires en utilisant le code de communication alphabétique imaginé par Sandrine.

Florence

La compagne actuelle de Bauby.

Diane

La sœur de Sylvie. Elle est infirmière et est la première à réaliser que Bauby était peut-être en train de faire un AVC.

Analyse du livre Le Scaphandre et le Papillon

Résilience de l’esprit humain et volonté de vivre

Après l’AVC, la conscience et les facultés mentales intactes de Bauby se sont retrouvées enfermées dans un corps paralysé. Malgré cet état physique, Bauby a refusé de laisser son esprit mourir. La persistance de son esprit et sa volonté de trouver et d’apprécier la beauté et les plaisirs de la vie, anciens et nouveaux, constituent le fil conducteur de ses mémoires. Même les passages qui décrivent l’obscurité qui l’assaille inévitablement sont rendus avec des détails si brillants et précis que le lecteur peut facilement les comprendre comme une affirmation de la vie. Une affirmation de l’intelligence émotionnelle et une déclaration de la volonté de vivre malgré de grandes difficultés.

Le Scaphandre et le Papillon est devenu un livre inspirant pour beaucoup au cours des vingt années qui ont suivi sa publication initiale. Histoire pleine d’humour et de résilience face à une perte et un isolement immenses, le récit de Bauby sur son combat herculéen pour communiquer, examiner son propre passé et repousser ses nouvelles limites montre en fin de compte que l’esprit humain, en cas de besoin, peut persévérer dans des circonstances extraordinairement difficiles. Bauby soutient également que plus la tâche est impossible, plus la personne confrontée à cette tâche a le potentiel d’accomplir des exploits.

Au moment où il commence à composer Le Scaphandre et le Papillon, il a retrouvé un certain contrôle sur les muscles de son cou et la capacité de prononcer, sans véritable qualité sonore, les lettres de l’alphabet. Sa résilience commence à peine à être mise à l’épreuve. Pourtant il continue à repousser ses limites en décidant de commencer à écrire ses mémoires.

Bauby n’explique pas expressément pourquoi il était si déterminé à pousser les limites de ses capacités jusqu’aux toutes dernières pages du livre. Il écrit avoir essayé de trouver une « clé » qui lui permettrait d’ouvrir son scaphandre. Incapable d’en voir une dans le monde qui l’entoure, il a dû en fabriquer une autre. Sans aucun moyen de sortir de sa situation, le seul moyen, selon lui, était de la traverser. En tirant le meilleur parti de son temps, de son expérience et de son point de vue uniques, ainsi que des ressources à sa disposition.

Il n’existe peut-être pas de miracles ni même de remèdes aux maux qui affligent l’humanité. Mais grâce à une résilience déterminée et à un travail conscient et constant, il peut y avoir des « clés » qui libèrent un potentiel inconnu et extraordinaire.

Mémoire, imagination et liberté

Tout au long des mémoires de Jean-Dominique Bauby, la seule ressource dont il dispose face à la paralysie, c’est son esprit. Grâce au pouvoir de ses souvenirs et de son imagination, Bauby parvient à trouver la liberté même dans les limites du scaphandre que son corps est devenu. Il soutient, à travers les souvenirs, les rêves et les fantasmes, que les gens peuvent trouver la liberté, le soulagement et même l’évasion grâce à leur esprit.

Bien qu’une grande partie des mémoires concerne la vie quotidienne de Bauby en tant que patient à l’hôpital de Berck-sur-Mer, les sections les plus détaillées, joyeuses et profondes concernent ses souvenirs et son imagination. Au travers de ces courts chapitres, Bauby démontre le pouvoir de l’esprit humain et suggère qu’il ne se contente pas de trouver une échappatoire ou une distraction dans ses souvenirs et ses envolées imaginaires. Il se guérit véritablement de l’intérieur et trouve refuge en revisitant ses souvenirs, en tirant des leçons de son passé et en envisageant un présent (et un avenir) alternatif.

Bauby se remémore les moments les plus beaux et les plus douloureux de sa vie pour combler le vide auquel il fait face chaque jour, et pour essayer de donner un sens à l’homme qu’il a été et à l’homme qu’il est. En faisant le récit de ses souvenirs même les plus difficiles, il accomplit le travail nécessaire de faire face à la somme de ses expériences sur terre. Il décide d’utiliser le pouvoir de son esprit pour le bien plutôt que pour l’oisiveté. Il utilise ses souvenirs pour réexaminer l’ami et l’amant qu’il a été, et pour trouver du sens dans des événements qui lui semblaient auparavant banals.

Bauby utilise également sa mémoire et ses connaissances historiques pour inventer des scénarios alternatifs. Il imagine des menus de saison, ou de longs bains paresseux un verre de scotch à la main. Ces envolées imaginaires montrent que Bauby aspire à retrouver son ancienne vie et qu’il est nostalgique de tout ce qu’il a perdu. Mais elles soulèvent également une question plus vaste sur les expériences ressenties par rapport aux expériences imaginées. Les routines de son passé (un voyage d’affaires, une promenade dans les rues de Paris, un repas dans un café) sont soudain brillantes de texture, de couleur et d’ampleur. Et le désir de Bauby de faire partie du monde est au moins quelque peu assouvi par son imagination intense.

Isolement et communication

Bien que Jean-Dominique Bauby suggère que la liberté peut être trouvée dans le pouvoir de l’esprit même lorsque tout espoir semble perdu, il utilise également Le Scaphandre et le Papillon pour commenter la double nature du syndrome de l’enfermement. Son esprit est son seul refuge, et c’est souvent un refuge agréable. Mais en fin de compte, Bauby est bel et bien enfermé dans son propre corps. L’isolement que cela engendre se retrouve tout au long du récit.

La capacité de Bauby à communiquer avec le monde extérieur se limite au clignement de sa paupière gauche. Il utilise ce minuscule degré de contrôle pour se libérer de sa prison, raconter son histoire et communiquer avec ses soignants et ses proches. Alors que Bauby oscille entre la douleur et la gratitude, il met en lumière la bataille que tous les humains doivent mener contre le désir d’abandonner. Et soutient finalement que la capacité de partager nos pensées, nos sentiments et nos histoires vaut la peine d’être combattue.

La découverte qu’il peut encore cligner de la paupière gauche signifie que l’isolement de Bauby n’est pas aussi profond qu’il pourrait l’être. Plutôt que de se laisser décourager par l’effort, Bauby choisit de ne pas s’isoler davantage, mais plutôt de raconter son histoire à ses amis, à sa famille et au monde entier. Journaliste toute sa carrière, il sait que la seule façon de rompre son isolement est de rechercher la communication, aussi difficile soit-elle.

Avec l’aide de Sandrine et de Claude, Bauby est capable de raconter son histoire et d’échapper ainsi au poids de son scaphandre métaphorique. Il sait qu’il ne sera plus jamais considéré comme l’homme qu’il était autrefois. Mais il refuse de se réfugier dans la honte et l’isolement. Il veut montrer à ses collègues qu’il n’est pas un légume. Son essence n’a pas changé et sa croyance dans le pouvoir de la communication n’a pas vacillé.

Le scaphandre

Le symbole central, le plus puissant et le plus marquant du livre est celui du scaphandre, qui symbolise la vie du protagoniste à l’intérieur de son corps paralysé. Après son accident vasculaire cérébral, Bauby se sent submergé et isolé, incapable de voir, d’entendre ou de ressentir l’environnement qui l’entoure. Pourtant, il est resté lui-même à l’intérieur, avec tous ses souvenirs intacts et son imagination comme seul outil dans ce nouveau monde étrange. L’image du scaphandre est évoquée fréquemment tout au long du texte. Elle sert de symbole aigu et dévastateur de l’isolement et de l’incertitude de Bauby, bien qu’avec le temps, elle commence également à représenter une sorte d’aventure en solitaire dans les profondeurs de la conscience humaine.

Les papillons

Bien que moins souvent évoqués, les papillons apparaissent néanmoins comme un symbole important de l’imagination et de la vie intérieure de Jean-Dominique Bauby. Il s’imagine entendre des papillons invisibles battre doucement des ailes dans les recoins de son esprit. Au cours de l’été, ils en viennent à symboliser sa propre imagination qui prend son envol alors qu’il dicte ses mémoires.

La capacité de Bauby à se perdre dans la rêverie est l’une des seules choses qui le maintient à flot. Aux heures des repas, lorsqu’il est alimenté par sonde, il s’imagine manger de délicieuses viandes et des légumes frais. Pendant ses bains hebdomadaires à l’éponge, il se souvient des longs bains qu’il prenait dans la baignoire de sa maison parisienne. Il s’imagine en voyage à Hong Kong avec ses collègues d’Elle, découvrant de nouveaux paysages et se sentant au centre du monde de la mode. Les papillons symbolisent ces diverses envolées imaginaires qui soutiennent Bauby alors qu’il mesure le poids du scaphandre que son corps est devenu.

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A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

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J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !