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Résumé du livre Le Désert des Tartares de Dino Buzzati

Publié en 1940, Le Désert des Tartares propose une méditation sur la condition humaine, sur le devoir et la fuite du temps. Avec ce roman, Dino Buzzati obtint un important succès critique qui le hissa parmi les principaux écrivains italiens du XXe siècle. Voyons tout cela plus en détails.

 

Le Désert des Tartares : résumé court

Le Désert des Tartares met en scène Giovanni Drogo, un lieutenant envoyé servir dans la garnison de la « Forteresse Bastiani », un détachement militaire relégué aux confins du monde, au sommet d’une montagne impénétrable. La Forteresse semble abandonnée, voire presque oubliée de tous. Pourtant, elle lie entre eux les soldats du bataillon non seulement par une discipline de fer, mais aussi par l’attente perpétuelle d’un ennemi arrivant de la frontière. Un symbole du rêve d’une gloire à conquérir, et d’un destin auquel croire.

Lorsque Drogo arrive à la Forteresse, c’est un jeune lieutenant fier et déterminé, convaincu qu’il ne passera que quelques mois dans ce lieu désolé. Mais la torpeur calme et monotone qui régit l’avant-poste fait son œuvre et très bientôt, sans s’en rendre compte, notre protagoniste adopte le rythme et les attentes de ses compagnons. Il renonce à la femme qu’il aime, aux avancements professionnels et aux distractions de la ville. Et ainsi passent de nombreuses années.

Pour Drogo, comme pour ses camarades, l’espoir de voir un ennemi apparaître à l’horizon se transforme progressivement en une obsession métaphysique. Le désir de démontrer son héroïsme se superpose à la recherche d’une vérité sur l’existence.

Au fil des décennies, tandis que ses camarades de la Forteresse retournent à la vie civile ou meurent, comme le lieutenant Angustina, Drogo reste enchaîné entre espoir et désillusion. Et lorsque enfin, un jour, les Tartares tant attendus marchent vers la Forteresse, Drogo est cloué au lit, condamné par une maladie incurable. Alors que se présente l’occasion qu’il a espérée toute sa vie, Drogo, frustré et vaincu, est renvoyé de Bastiani. Il passe sa dernière nuit dans une auberge, sur le chemin du retour.

La mort est finalement vécue comme une révélation pour le protagoniste. Après une existence ternie par l’attente d’un événement qui donnerait un sens à sa vie, Drogo choisit d’affronter avec une dignité sereine une mort solitaire. Le tout sans même savoir si le combat attendu a eu lieu, et sans même avoir la certitude complète que les Tartares approchaient vraiment.

 

Le Désert des Tartares : résumé par chapitre

Le roman se divise en 30 chapitres. Découvrons comment avance l’intrigue dans chacun d’eux.

Chapitre 1

Le livre s’ouvre sur Giovanni Drogo. Celui-ci enfile son uniforme d’officier et se regarde dans le miroir avec mélancolie. Voilà qu’il quitte l’école militaire de Turin pour se rendre à la Forteresse Bastiani, et les années insouciantes de sa jeunesse semblent déjà lui manquer.
La Forteresse est plus lointaine qu’il n’y paraît, et notre protagoniste n’y parvient que le soir.

Chapitre 2

Dans la vallée, Giovanni aperçoit un homme à cheval, en uniforme. L’homme se présente comme le capitaine Ortiz, et il se trouve que lui aussi se dirige vers la Forteresse. Les deux hommes parlent ensemble de la Forteresse. Ortiz semble surpris d’apprendre que Giovanni y est envoyé sans y avoir postulé. Le capitaine décrit l’endroit comme une petite structure ancienne et médiocre, mais dont il parle avec tendresse.
Il évoque une zone désertique située au nord de la Forteresse et dont la légende raconte qu’elle est habitée par les Tartares. Pour autant, personne ne sait s’ils s’y trouvent réellement. Enfin, Giovanni aperçoit la Forteresse. Avec ses murs jaunâtres, elle lui apparaît silencieuse et sombre mais en même temps fascinante. Il se tourne vers Ortiz et le voit, enchanté, dans un mélange de joie et de tristesse, observant la forteresse, bien qu’il la connaisse depuis dix-huit ans.

Chapitre 3

À son arrivée, Giovanni est accompagné par le dénommé Carlo Morel vers le cœur de la Forteresse, pour se rendre auprès du major Matti. C’est un homme rondouillard, bon vivant et souriant, qui parle comme s’il avait appris les formules de politesse par cœur. Giovanni lui exprime rapidement son désir de rentrer chez lui et Matti lui suggère de rester quatre mois, jusqu’à la visite médicale, après quoi il pourra repartir avec un faux certificat.
Giovanni semble agacé, bien que la Forteresse ait déjà commencé à piquer sa curiosité. Après l’entretien, Giovanni parvient à escalader les parois de l’enceinte avec l’aide de Morel. Il est fasciné par ce qu’il voit. Morel explique qu’il y a un autre endroit depuis lequel il est possible de voir plus loin mais que de toute façon, le désert n’est constitué que de rochers blancs. L’horizon se fond dans le brouillard.

Chapitre 4

Assis au bord du lit, Giovanni se sent seul. Son installation à la Forteresse effectuée, il regarde par la fenêtre orientée au sud, scrute les collines et s’allonge sans parvenir à trouver le sommeil. Un bruit, « ploc », résonne dans le silence. Il tire alors sur le cordon d’urgence et un soldat arrive. Ce dernier lui explique que le bruit vient de la citerne et qu’il n’y a rien à faire. Giovanni est assailli par la peur qu’on ne le laisse jamais retourner chez lui.

Chapitre 5

Deux jours plus tard, Drogo prend son commandement sur les remparts nord. La relève des sentinelles s’effectue sous la surveillance du major Tronk. Affecté à la Forteresse depuis vingt-deux ans et, expert en réglementation, il en connaît les moindres recoins.
Giovanni est impressionné par la froideur militaire de Tronk, qui regarde toujours vers le nord en attendant l’ennemi.

Chapitre 6

Giovanni espère trouver du réconfort en racontant à sa mère le malaise qu’il ressent à la Forteresse, puis il se ravise. Cela ne sert à rien de l’inquiéter alors il se contente de lui écrire que tout va bien.
Ce chapitre comporte une phrase, une réflexion clé du roman.
Cette nuit-là même, l’irréparable fuite du temps commença pour lui.
Alors que, dans la jeunesse, on avance paisiblement, sous le regard encourageant des adultes qui montrent le chemin, arrive un moment où l’on se demande si, par hasard, on n’est pas arrivé à destination. Alors soudain, une porte se ferme derrière nous et il n’y a plus de retour en arrière possible.

Chapitre 7

Un jour, Drogo réceptionne des vêtements de la ville, dont un magnifique manteau. Il se sent particulièrement élégant dans ce manteau mais plus il descend les escaliers, plus cela lui semble déplacé de le porter. Il va donc trouver le tailleur Prosdocimo, pour lui demande de lui confectionner un nouveau manteau. Le tailleur critique le manteau que porte Giovanni et affirme n’être à la Forteresse qu’à titre exceptionnel.
Les assistants du tailleur rient de cette déclaration. En réalité, Prosdocimo est à la Forteresse depuis quinze ans. L’un des trois hommes met en garde Giovanni contre ce genre de confusion qui frappe ceux qui viennent à la Forteresse. Tous, croyant que quelque chose ou quelqu’un est sur le point d’arriver, finissent par y rester, car ils pensent que c’est du désert du nord que viendra leur fortune.

Chapitre 8

Le comte Lagorio, après deux ans passés dans la Forteresse, s’apprête à partir pour la ville. Il tente de convaincre son ami Angustina de faire de même, mais ce dernier souhaite rester à la Forteresse. Lagorio invoque sa santé, l’absence de sa mère, le souvenir d’une femme, Claudina… Mais Angustina, absorbé, se déclare déterminé à rester.
Lagorio se souvient de la beauté de la ville. Malgré la nostalgie, il réalise qu’il y a toujours quelque chose à la Forteresse qui retient les hommes.

Chapitre 9

Trois mois se sont écoulés. Le 10 janvier, Drogo consulte le médecin Ferdinando Rovina. Celui-ci suggère à Drogo d’écrire sur le certificat qu’il souffre de problèmes cardiaques et ne supporte pas le vide. Alors qu’il regarde par la fenêtre et pose ses yeux sur un point de vue qu’il n’avait jamais remarqué, il réalise qu’il ne connaît pas beaucoup de gens ici et qu’il pourrait se faire des amis. Il repense aussi à l’ennui de la ville, qui contraste si vivement avec le charme de ces remparts et du nord. Il décide donc de rester à la Forteresse.

Chapitre 10

Drogo s’est habitué à la vie confortable de la Forteresse, où les jours se ressemblent tous. La garde, les manières de parler, les lieux, les bruits, les collègues, la cantine, les parties d’échecs, la chambre, le ruissellement de la citerne…  Tout est devenu une habitude pour Drogo.
Voilà comment le temps s’écoulait à son insu.
Alors qu’il monte la garde, il se sent heureux dans son uniforme militaire. Il réfléchit au temps qui passe, mais il se sent encore jeune et se croit capable de tout. Il se demande comment il est possible qu’à un certain moment, certaines personnes finissent par ne plus attendre que la mort.

Chapitre 11

Vingt-deux mois se sont écoulés, et Giovanni est toujours à la Forteresse. Pour lui, le temps s’est arrêté.
Dehors, il aperçoit des apparitions semblables à des fées tirant des voiles. À la fenêtre du bâtiment d’en face, il remarque la présence d’Angustina. Giovanni aperçoit un cortège de petits fantômes avec une chaise à porteurs, qui s’arrête devant Angustina. Les petits fantômes l’invitent à grimper dans la chaise à porteurs : il enjambe alors le rebord de la fenêtre et s’y allonge. Giovanni se dit alors qu’Angustina ne reviendra jamais.
La chaise à porteurs s’élève vers le ciel.

Chapitre 12

Une nuit, lors d’un tour de garde, le regard de Giovanni Drogo est une fois encore attiré par le désert du nord. Il imagine une bataille acharnée contre des milliers de Tartares, à l’issue de laquelle le roi lui-même viendrait le féliciter. À un moment donné, lui et Tronk remarquent un point noir qui se déplace dans le désert. À l’aube, Tronk réveille Drogo et lui montre qu’il s’agit d’un cheval noir, avec une selle.
Peut-être est-ce un cheval tartare qui s’est enfui pendant la nuit pour trahir leur présence. Mais il pourrait aussi s’agir du cheval d’un chasseur solitaire. Drogo décide donc de ne pas donner l’alerte. Un jeune homme récemment entré dans la Forteresse, Giuseppe Lazzari, croit reconnaître le cheval comme étant le sien. Rapidement, bravant le scepticisme des autres soldats et le règlement qui leur interdit de quitter la forteresse, il rejoint le cheval mais constate qu’il ne lui appartient finalement pas. Ses compagnons tentent de couvrir son absence lors de l’appel, mais Tronk soupçonne que quelque chose ne va pas.
Il est sur les remparts lorsqu’il voit Lazzari arriver avec le cheval. Après deux « Qui va là ?», Lazzari demande à entrer. Il réalise trop tard qu’il y aura des conséquences pour avoir violé les dures lois de la Forteresse. Il abandonne le cheval et implore la clémence de la sentinelle. Mais les hommes doivent faire leur devoir. Lazzari est tué.

Chapitre 13

Le coup de feu fait trembler la Forteresse. Le major Matti porte un regard très positif sur la sentinelle qui a tué Lazzari. Compte tenu de l’obscurité, la visée a été excellente. Tronk, lui, aurait préféré que l’homme rate son tir

Chapitre 14

À l’aube, une traînée noire se dessine à l’horizon, s’approchant lentement. Des rumeurs commencent à circuler, certains voient l’ennemi brandir des drapeaux. Un coup de canon retentit en guise d’avertissement. Le pressentiment de l’invasion grandit.
Un sentiment aigu et solennel se faisait déjà sentir, comme si l’heure était venue et que rien ne pouvait l’arrêter.
Le colonel Filimore est âgé et a passé toute sa vie à la Forteresse à attendre l’ennemi. Il n’ose pas croire à la venue de l’ennemi, car il a été trop souvent trompé. Le major Matti montre au colonel Filimore que ce sont bien trois rangées d’hommes que l’on aperçoit au loin, et il s’apprête à parler aux troupes. Cependant, avant qu’il ne puisse le faire, il reçoit un courrier international dans laquelle le chef d’état-major l’informe que ces hommes sont simplement venus établir la frontière.

Chapitre 15

Le capitaine Monti et le lieutenant Angustina se mettent en route vers la frontière avec une quarantaine d’hommes. Monti est remonté contre Angustina : ce dernier a chaussé des bottes et Monti sait qu’elles lui feront mal. Il accélère le pas, tout en remarquant qu’Angustina est très pâle et fatigué. Après une pause, le groupe commence à escalader la paroi rocheuse, pour atteindre le sommet. Monti décide de poursuivre avec quelques soldats, en demandant à Angustina de rester en bas.
Mais Angustina poursuit sa route, malgré le froid et la douleur qui le tourmentent. Les hommes au sommet laissent des cordes pour leur permettre de grimper. Monti incite les troupes à se mettre à l’abri. Il appelle une dernière fois Angustina, qui répond qu’il arrive. Il tente de se lever, dit quelques mots, sa tête tombe en avant, un léger sourire aux lèvres. Monti le secoue : il est mort.

Chapitre 16

Un bref échange entre Drogo et Ortiz a lieu au-dessus la tombe d’Angustina. Tout d’abord, ils évoquent Angustina comme un héros après quoi Ortiz exhorte Giovanni à retourner en ville. Depuis tout ce temps, rien ne s’est encore produit à la Forteresse. Mais Drogo sent que quelque chose le retient.

Chapitre 17

Le printemps arrive. Les prairies se couvrent de fleurs, les femmes portent des chapeaux et sourient depuis leurs balcons. La Forteresse, elle, ne change pas. Le temps a passé pour tout le monde, et Giovanni s’est enfin décidé à rentrer. Il fait ses adieu au tombeau d’Angustina, à sa chambre, à la cour, à la plaine du nord.

Chapitre 18

De retour à la maison, Giovanni discute un peu avec sa mère. Elle vit seule désormais, ses frères étant partis. Lorsqu’elle part pour l’église, Giovanni erre dans la maison comme un étranger. Ses anciens amis sont loin. Un soir, il va à un bal, déterminé à s’amuser, mais les choses ne se passent pas comme prévu.

Chapitre 19

Giovanni retrouve Maria, la sœur de son ami Francesco Vescovi. Elle porte une robe bleu clair. Ils sont assis dans le salon, et Giovanni réalise qu’un mur les sépare désormais. Elle est très formelle, tandis qu’il aimerait plaisanter avec elle comme avant. Un piano joue à l’étage, leur rappelant leur amour.
Maria s’apprête à partir pour la Hollande, et lui fait comprendre qu’elle regrette ce départ maintenant qu’il est là. Ils se dirigent vers le jardin pour continuer à discuter, mais ils doivent se rendre à l’évidence. Ils se sont éloignés. Elle lui serre fort la main et le regarde dans les yeux. Il n’y a rien à faire.

Chapitre 20

Alors que Drogo pense pouvoir être transféré définitivement de la Forteresse, une ordonnance militaire lui apprend que celle-ci a un nouveau règlement. Les transferts sont désormais accordés en fonction des années de service, et une vingtaine de compagnons de Drogo l’ont déjà demandé.

Chapitre 21

Ainsi Drogo retourne à la Forteresse, avec l’espoir de la quitter tôt ou tard. Rapidement, il reprend ses vieilles habitudes. De tous les hommes, seul le capitaine Ortiz semble ne pas avoir demandé à partir. Giovanni voit partir Morel, l’un des rares amis qui lui restaient. Il avoue alors à Ortiz son ressentiment face au fait qu’aucun de ses compagnons ne l’ait prévenu des nombreux transferts demandés.

Chapitre 22

Simeoni, présent à la Forteresse depuis trois ans, invite Giovanni à grimper sur les remparts et à observer le désert avec son télescope. Depuis cinq jours, dit-il, un point noir bouge. Il suppose que quelqu’un construit une route militaire. Visiblement, Drogo n’y croit pas. Il dit au garçon que l’État-Major serait sûrement au courant s’il s’agissait d’une route, et lui conseille de n’en parler à personne.
Quelques jours plus tard, Simeoni réveille Giovanni et lui montre qu’avec le télescope, on peut aussi voir une lumière, dit-il, celle du chantier. Drogo se surprend à imaginer, par moments, un palais au bord de la mer, où règnerait la paix qu’il a perdue. Une angoisse le tourmente, le sentiment de ne pas avoir le temps. Il se dit alors qu’il doit prendre une décision rapidement, qu’il ne peut pas rester à la Forteresse toute sa vie. Puis, réalisant qu’il n’a encore que vingt-cinq ans, il se calme.
Drogo passe dès lors beaucoup de temps avec Simeoni, même s’il ne l’apprécie pas particulièrement. Il écoute ses hypothèses, voit les points bouger : d’ici six mois, la route sera peut-être à portée de canon de la Forteresse.

Chapitre 23

Un jour d’hiver, l’ordre est finalement donné de ne pas utiliser de télescopes trop puissants qui pourraient déformer la réalité. Giovanni attend alors que Simeoni, qui semble l’éviter, ait fini de jouer aux cartes et entame la discussion sur l’ordre du jour. Simeoni le taquine en lui disant que toute cette histoire de route n’était qu’un moyen de passer le temps.

Chapitre 24

En juillet, Giovanni commence à revoir la lumière, et il y a même une sentinelle qui la voit à l’œil nu. Le jour, on distingue nettement des points noirs. Cette idée de guerre, si longtemps latente, renaît dans la Forteresse.

Chapitre 25

Il faudra quinze ans pour construire la route. Et maintenant qu’elle est si proche, personne ne s’en soucie plus.
Rien n’a changé durant toutes ces années. Seuls les visages des soldats ont vieilli. Giovanni retourne à la Forteresse après quelques mois passés en ville. Celle-ci lui est devenue étrangère. Sa mère est morte, plus personne ne l’accueille en ami et il ne se sent pas à l’aise. Il est toujours convaincu que quelque chose d’extraordinaire doit se produire tôt ou tard.
Physiquement, il ne se sent pas changé. Il ne monte simplement plus les marches deux à deux, il a diminué la fréquence de ses promenades à cheval. De retour à la Forteresse, il rencontre le très jeune lieutenant Moro. Il réalise alors qu’une génération entière s’est écoulée, qu’il a gâché sa vie, et il a pitié du jeune lieutenant qui espère encore atteindre la gloire et l’amour. Il sent son destin peser lourdement sur lui.

Chapitre 26

Les cheveux de Giovanni ont blanchi, son visage est marqué par la vieillesse. Giovanni a pitié du jeune Moro qui contemple la plaine avec intérêt et espoir. Ortiz se retire alors et retourne en ville. Giovanni l’accompagne jusqu’à un certain point, et Ortiz lui dit qu’il est encore jeune, que tout peut encore arriver, tout en espérant en son fort intérieur que ce ne sera pas le cas. Si la guerre éclatait alors qu’il n’est plus là, ce ne serait pas juste. Une boule serre la gorge d’Ortiz alors qu’il pense au temps écoulé depuis son arrivée.

Chapitre 27

Drogo a maintenant cinquante-quatre ans et souffre de problèmes de foie. Il est ami avec le Dr Rovina, désormais très âgé, qui lui conseille d’aller au bord de la mer. Mais il a peur de partir, peur de rater l’occasion qu’il attend depuis toujours. Alors il se lève et titube jusqu’à la fenêtre. Tout le monde semble heureux et il se sent mieux.
On frappe à la porte. Le tailleur Prosdocimo l’informe, tout excité, que des renforts sont envoyés à la Forteresse. Drogo prie pour se sentir mieux au moins quelques jours, le temps de faire la guerre. Ayant atteint péniblement les remparts, il prend la longue-vue et scrute l’horizon. Des lignes ennemies se dessinent au loin. Il s’évanouit, soutenu par Simeoni.

Chapitre 28

Simeoni va trouver Giovanni dans sa chambre pour prendre de ses nouvelles. Il lui annonce qu’une voiture va venir le chercher afin qu’il puisse être mieux soigné. Giovanni tente de lui expliquer qu’après trente ans d’attente, il n’a pas envie de rentrer. Il promet que le lendemain, il se lèvera et ira aux remparts. Mais Simeoni, irrité, lui fait comprendre qu’il est désormais inutile. Il lui ordonne de partir afin de libérer la chambre pour les nouveaux renforts.

Chapitre 29

Certains viennent le saluer, comme Moro, qui s’est pris d’affection pour lui. Drogo part en calèche. Tandis qu’il contemple les murs de la Forteresse, un sentiment de colère l’envahit. Un mélange d’envie et de mépris envers ceux qui restent et qui s’approprieront la gloire. Il décide de passer la nuit dans une auberge où il voit une femme avec un enfant qui dort, et il s’étonne d’avoir lui aussi dormi si paisiblement un jour. Il éprouve de la pitié pour lui-même. Désormais, il est seul au monde. Personne ne l’aime.

Chapitre 30

Le lieutenant Drogo sent que la mort est proche. Le temps est comme arrêté par un enchantement sinistre. Sa vie s’était donc réduite à une sorte de plaisanterie, à un pari qu’il avait fini par perdre. Ses dernières pensées sont dirigées vers cette bataille finale, dont il se demande si elle est vraiment en train de se dérouler.
Du puits amer du passé, des désirs brisés, des méchancetés subies, jaillit une force qu’il n’aurait jamais osé espérer. La porte de la chambre vibre d’un léger grincement. Peut-être est-ce un souffle de vent, une simple aspiration d’air en ces nuits de printemps agitées. Se ressaisissant, Giovanni redresse légèrement le torse, ajuste le col de son uniforme d’une main, jette un dernier coup d’œil par la fenêtre, un très bref regard, pour apercevoir sa dernière portion d’étoiles. Puis, dans l’obscurité, bien que personne ne le voie, il sourit. 

Le Désert des Tartares : personnages principaux

  • Giovanni Drogo. Le protagoniste principal, affecté à la Forteresse Bastiani. De jeune officier plein d’espoir, il devient un personnage statique qui attend l’événement qui devra donner un sens à sa vie. Il incarne l’attente, l’illusion de grandeur, et le passage monotone du temps. Il finit par s’attacher à la Forteresse malgré l’ennui et l’isolement, et passe sa vie à espérer une guerre glorieuse qui ne viendra jamais.
  • Le capitaine Ortiz. Rigide et digne, il peut être considéré comme une projection de Drogo lui-même. Attaché à la discipline militaire au point d’être aveuglé par son devoir, sa mort, sans avoir connu le moindre combat, témoigne de la vanité de son sacrifice.
  • Le sergent-major Tronk. Expérimenté et fidèle, il participe à l’accompagnement de Drogo au fil des années. Tout comme Monti ou Simeoni cependant, son attitude est plutôt cynique, prise dans la monotonie de leur existence.
  • Angustina. Rêveur et particulièrement exalté, le courage dont il fait preuve jusqu’au dernier instant est assombri par les illusions qui étaient les siennes et desquelles il ne parviendra pas à se sortir. Une fois mort, il saisit la clé du mystère existentiel. Ce sera sa figure, son fantôme, qui guidera Drogo vers la même révélation.
  • La Forteresse. Écrasante et enveloppante, les descriptions qui en sont faites la rendent parfois presque vivante. De ce néant séduisant arrivent de mystérieux messagers : un cheval, des nuages, des points noirs, de la fumée… Et ainsi, les soldats de Bastiani trouvent en eux le courage et la motivation pour attendre encore.
  • Les Tartares. Évoqués tout au long du roman sans être vraiment présents, les Tartares sont une tribu d’origine turque qui habitait autrefois les steppes de l’actuelle Mongolie. Buzzati les intègre dans son récit pour leur donner simplement le rôle d’ennemis génériques.
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Analyse du livre Le Désert des Tartares

« Je peux considérer Le Désert des Tartares comme le livre de ma vie », confiait Dino Buzzati à Yves Panafieu, spécialiste de l’œuvre de l’auteur. Une poignée de réflexions ressortent particulièrement de cette lecture. Le passage continu du temps, l’attente du moment parfait, le poids écrasant de la hiérarchie.

Et puis il y a le désert bien sûr, dont l’immobilisme et la solitude s’opposent aux tromperies apparentes de la ville. Le désert et la Forteresse sont eux aussi riches en tromperies, mais celle-ci sont plus insidieuses.

L’absence d’ancrage spatial ou de chronologie précise est un procédé particulièrement caractéristique de l’écriture de Buzzati. La période exacte à laquelle se déroule l’histoire n’est pas précisée, mais l’on peut la situer approximativement au XIXe siècle. L’auteur nous parle en effet de lampes à huile et de calèches. Seules 4 années s’écoulent durant les 21 premiers chapitres. Les descriptions sont d’abord longues et très précises, avant de devenir plus succinctes au cours des derniers chapitres. Une manière de représenter la monotonie du lieu et la longue attente de Drogo. À mesure que les habitudes s’ancrent, le temps passe plus vite. Ce temps est rythmé par le jour et la nuit, par les saisons et par le vieillissement du protagoniste.

Symbolisme dans Le Désert des Tartares

  • La Forteresse Bastiani. Symbole central du roman, elle représente l’immobilisme et le confort trompeur de l’ordre établi. C’est une forme de prison mentale, que l’on peut voir comme une métaphore de la société, du milieu professionnel, ou même de la condition humaine. Les miradors, les barbelés, mais aussi la couleur jaunâtre des ses murs sont évoqués dans le texte et participent à renforcer l’angoisse et la menace. Personne ne parvient à quitter la forteresse. Elle devient une obsession pour tous. Entre ses murs, la vie des soldats a un sens : combattre les Tartares. À l’extérieur, ils n’ont pas de but. On perçoit ici un vide existentiel.
  • Le désert. Face à la routine rassurante, il symbolise l’inconnu, la menace diffuse, mais aussi l’espoir d’un destin héroïque. C’est du désert que doit surgir l’opportunité que tout le monde attend. Vide et silencieux, c’est pourtant vers lui que tous les regards sont tournés.
  • L’ennemi. Cet ennemi dont chacun parle, n’arrive jamais. Il sert simplement de prétexte, c’est une justification à l’attente et à l’inaction. Il devient presque une illusion collective, la projection d’un avenir qui aurait un sens et qui semble finalement ne pas exister.
  • La mort. Présente en filigrane, c’est la mort qui finit par donner un ultime sens à l’existence de Drogo. Il meurt seul, loin du champ de bataille rêvé, mais en ayant trouvé une forme de dignité intérieure.
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Thèmes du livre Le Désert des Tartares

  • Le passage du temps. Le thème central du roman. Drogo pense ne rester que peu de temps à la Forteresse, mais les années défilent presque sans qu’il n’en ait conscience. Le temps s’écoule lentement, presque imperceptiblement. Et pourtant, tout se consume avec lui : les rêves, les corps, les ambitions. Le roman montre ainsi l’usure de la vie, dans l’attente de quelque chose qui ne viendra jamais.
  • L’attente et l’inaction. Les personnages attendent une attaque ennemie hypothétique, qui justifierait leur présence dans la Forteresse. Cette attente éternelle devient un mode de comportement, une normalité pour tous les hommes. La Forteresse est un monde clos où les hommes vivent dans une solitude profonde, parfois même entre eux. La vie est gâchée dans une attente sordide qui n’aura servi à rien. Chacun vit en organisant son existence en fonction du lendemain alors que la seule certitude à la fin c’est que, tôt ou tard, c’est la mort qui viendra à notre rencontre. Telle est la signification symbolique du livre.
  • L’absurdité de la condition humaine. Influencé par l’existentialisme, le roman suggère que la vie est souvent dépourvue de sens clair. Drogo se sacrifie pour une cause vide, dans un lieu figé. Il n’y a rien d’honorable dans le sacrifice ou dans le devoir militaire. Tout n’est qu’absurdité. Ce thème n’est pas sans rappeler les errances des personnages de Kafka (La Métamorphose ou Le Château) ou de Camus (L’Étranger ou Les Justes), confronté à des monde froids et indifférents. Flottant entre le réel et l’imaginaire, l’écriture de Dino Buzzati traduit aussi à sa manière le sentiment d’inquiétante étrangeté mis en lumière par Freud.

Le Désert des Tartares : contexte historique

L’inspiration pour les événements du livre est venue à Buzzati de son expérience journalistique pour le compte du Corriere della Sera, et du déclenchement de la seconde guerre mondiale à laquelle l’Italie participe dès 1940, précisément au moment de la publication du roman.

Dino Buzzati écrit sous le régime de Benito Mussolini, qui dirige l’Italie depuis 1922. L’époque est marquée par une propagande militaire, un culte de la discipline, et l’exaltation du devoir patriotique. Alors que l’Europe est sur le point d’entrer en guerre, on constate une peur diffuse dans le pays, et un sentiment d’attente tendue accentuée par la mobilisation de nombreux jeunes italiens dans l’armée royale, envoyés dans un conflit qu’ils ne comprenaient pas.

La Forteresse, structure archaïque isolée du monde, peut ainsi représenter la bureaucratie militaire rigide, et plus globalement l’aveuglement d’un système obsolète. Pour autant, si l’on peut aussi penser à une critique implicite du fascisme, Buzzati a toujours nié cette idée en rappelant que son roman n’était pas une critique politique mais simplement centré sur la condition humaine.

Le Désert des Tartares : citations

  • Il est difficile de croire en quelque chose quand on est seul et qu’on ne peut en parler à personne. C’est précisément à ce moment-là que Drogo comprit que les hommes, malgré leur amour profond, restent toujours distants ; que si l’un souffre, sa douleur est entièrement la sienne, personne d’autre ne peut en prendre sur lui, même la plus infime partie, et c’est là toute la solitude de la vie.
  • Pendant ce temps, le temps s’écoulait, son rythme silencieux marquait la vie de plus en plus rapidement. Impossible de s’arrêter, même un instant, pas même un regard en arrière. « Arrête, arrête !» voudrait-on crier, mais on se rend compte que c’est inutile. Tout s’enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s’accrocher aux pierres, de résister au sommet d’une falaise, les doigts fatigués, les bras affaissés, inertes : on est à nouveau entraîné dans le fleuve, qui semble lent mais ne s’arrête jamais.

 

Questions et réponses sur Le Désert des Tartares

Compréhension de l’intrigue

Comment Giovanni Drogo est-il amené à rejoindre la Forteresse, et quels sont ses premiers sentiments à son arrivée ?

Giovanni Drogo est affecté à la Forteresse Bastiani à la fin de sa formation à l’école militaire. Dès son arrivée, il ressent un sentiment de malaise mêlé à une pointe de fascination face à l’isolement et à l’atmosphère étrange du lieu.

Décrivez la routine quotidienne des soldats de la Forteresse et expliquez en quoi elle reflète le thème de l’attente.

La routine des soldats à la Forteresse Bastiani est rythmée par des tâches mécaniques : veilles et patrouilles, exercices, repas à heures fixes. Rien ne semble jamais changer, tout est fait dans l’attente d’un ennemi hypothétique qui donnerait un sens à leur quotidien.

Quel événement déclenche la prise de conscience de Drogo sur la futilité de son engagement ?

La prise de conscience de Drogo survient lorsqu’il tombe gravement malade et comprend qu’il va mourir loin de ce combat tant attendu. Il réalise alors que toute sa vie a été consacrée à une attente inutile, et qu’il n’atteindra aucune gloire ni accomplissement.

Analyse des personnages

En quoi le personnage de Drogo incarne-t-il le conflit entre l’ambition et la résignation ?

Drogo incarne ce conflit par son désir initial de carrière et de gloire, qu’il sacrifie peu à peu en restant à la Forteresse. Au fil du temps, l’ambition s’efface devant l’habitude et la peur du changement. Il se laisse finalement entraîner vers une résignation totale face à son destin.

Comparez le colonel Filimore et le lieutenant Simeoni dans leur vision du service militaire.

Le colonel Filimore incarne l’attachement rigide à la discipline et au devoir. Malgré les années passées, il reste convaincu du sens de la mission de la Forteresse. Le lieutenant Simeoni, plus jeune et plus lucide, doute cependant de l’utilité réelle de leur présence. Il montre une vision plus critique et désabusée du service militaire.

Thèmes et symbolisme

Analysez le symbolisme du « désert » dans le roman et sa portée philosophique.

À travers le désert, Buzzati symbolise l’inconnu, le vide et l’isolement existentiel. Il incarne l’attente stérile d’un événement, une attente et une espérance qui conduisent les hommes à une destinée tragique.

En quoi l’obsession de l’invasion tartare devient-elle une métaphore de l’existence humaine ?

L’obsession de l’invasion tartare représente la quête futile d’un but ultime ou d’un destin glorieux. Elle illustre comme il est facile de perdre pied avec le présent, et d’oublier sa propre liberté. C’est aussi une manière de mettre en évidence l’absurdité de la guerre.

Contexte historique et littéraire

Situez Le Désert des Tartares dans le contexte de l’entre-deux-guerres et discutez de ses influences littéraires.

Le roman est effectivement ancré dans l’atmosphère de l’entre-deux-guerres, dont il reflète les incertitudes et les angoisses. Il s’inspire du réalisme magique et de l’existentialisme, en mêlant les influences de Kafka, de Camus et de Musil pour explorer l’absurde et la condition humaine.

Comparez l’œuvre de Buzzati avec l’absurde de Kafka : quelles sont les convergences et divergences ?

Comme Kafka, Buzzati explore l’absurdité de l’existence, l’attente vaine et l’impuissance face à des structures opaques (on peut mettre en parallèle la Forteresse chez Buzzati et l’administration kafkaïenne). Pour autant, là où Kafka plonge dans un univers plus onirique et déroutant, Buzzati garde une narration plus réaliste et linéaire, avec une dimension plus mélancolique que cauchemardesque.

Quelle est la réception critique du roman à sa publication en 1940, et comment a-t-il évolué dans l’histoire littéraire ?

À sa parution en 1940, Le Désert des Tartares reçoit un accueil discret mais positif. C’est avec le temps qu’il devient un classique de la littérature italienne et européenne, et qu’on le reconnaît pour sa portée existentielle et son style sobre. Au fil des ans, plusieurs documentaires sur Buzzati voient le jour, et le roman est adapté en 1976 par Valerio Zurlini.

Style et procédés d’écriture

Comment le style concis et journalistique de Buzzati renforce-t-il l’atmosphère du récit ?

Le style concis et dépouillé de Buzzati, hérité de son expérience de journaliste, accentue la monotonie du décor et de la Forteresse. La sobriété narrative employée par l’auteur renforce l’impression de vide, de lenteur et d’absurde, en parfaite adéquation avec le thème de l’attente.

Étudiez l’usage des descriptions paysagères pour instaurer le sentiment de claustration.

Les descriptions des paysages (vastes, désertiques, figés) créent un contraste oppressant avec l’enfermement de la Forteresse. Cette nature immobile, silencieuse et inhospitalière reflète le vide intérieur des personnages et renforce le sentiment de claustration physique et mentale.

Quelle fonction narrative jouent les ellipses temporelles dans la construction du rythme du roman ?

Les ellipses temporelles soulignent la lente érosion du temps et l’effacement progressif des espoirs de Drogo. Elles accélèrent artificiellement le récit tout en montrant la stagnation réelle. Elles renforcent l’impression d’une vie engloutie dans l’attente.

A propos de l’auteur
Lauriane

En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.

J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.

J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.

Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.

Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !