Les Épisodes nationaux de Benito Pérez Galdós sont composés de quarante-six romans historiques. L’auteur les a écrits entre 1872 et 1912 afin d’enregistrer, à travers ces récits, ce qui s’est passé entre 1805 et 1880.
Ce grand ouvrage est donc un voyage à travers le XIXe siècle. Il ne peut être considéré comme un manuel d’histoire, même s’il nous permet de connaître le contexte et les faits les plus pertinents de ces presque quatre-vingt ans.
Résumé général (par série) des Episodes nationaux par Pérez Galdós
Galdós a publié au total cinq séries (de dix romans chacune, plus ou moins), qui s’étendent sur 10 à 15 ans chacune. Dans certaines d’entre elles, le protagoniste est toujours le même, alors que dans d’autres, il varie selon les romans. Quoi qu’il en soit, chaque série est centrée sur une période spécifique de l’histoire.
Première série des Episodes nationaux
La première série des Episodes nationaux compte un seul protagoniste dans neuf de ses dix romans. Ce personnage est Gabriel de Araceli, que nous voyons grandir dans un contexte historique unique. Son enfance et son adolescence se déroulent pendant l’invasion française de l’Espagne et plus particulièrement lors de la bataille de Trafalgar, au cours de laquelle les deux troupes se sont affrontées. Au fil des romans, Gabriel passe du statut de voyou à celui d’homme d’honneur, amoureux d’Inés et faisant son devoir d’ancien combattant. La série s’achève avec la fin de la guerre d’indépendance et le désengagement français.
Deuxième série des Episodes nationaux
Le personnage principal de la deuxième série est Salvador Monsalud, un homme d’affaires aux idées libérales. Celles-ci l’ont conduit à être un ennemi du régime absolutiste de Ferdinand VII après la guerre d’indépendance. Ainsi, à travers ses honneurs et ses malheurs, nous apprenons l’histoire de cette période (1814-1833). Il est accompagné principalement de deux femmes : sa fiancée, qui représente l’Espagne traditionnelle, et une maîtresse qui reflète l’avenir du pays. Il est également accompagné d’un demi-frère (Carlos Navarro « Garrote »), absolutiste jusqu’au bout des ongles. Et d’un ami (Juan Bragas de Pipaón) à l’idéologie plus progressiste et moderne.
Troisième série des Episodes nationaux
Galdós fait une pause de vingt ans avant de reprendre son travail. Dans ce troisième épisode, il fait preuve d’une plus grande maturité littéraire mais aussi en tant qu’historien. Une preuve évidente en est qu’il mélange différents styles (épistolaire, narration de différentes personnes…). Il inclut différents personnages, même s’ils ne sont plus aussi symboliques. L’un des principaux est Fernando Calpena, qui est le fil conducteur de tous les événements qui se déroulent.
Historiquement, ils se situent entre la régence de Maria Cristina (en raison de la minorité de sa fille Isabelle), les guerres carlistes et le mariage d’Isabelle II. Galdós suit principalement la confrontation entre les libéraux, qui soutiennent la reine régente, et les absolutistes traditionnels, qui cherchent à établir l’infant Carlos (le frère de Ferdinand VII) comme roi.
Quatrième série des Episodes nationaux
La quatrième série des Episodes nationaux se concentre sur le règne d’Isabelle II à partir de 1848. Le personnage fictif qui nous accompagne, à travers ses mémoires inventées, est José García Fajardo, marquis de Beramendi et donc un témoin privilégié du passage du libéralisme à l’absolutisme qu’Isabelle II a mis en œuvre.
D’une manière générale, c’est une période de changement et de modernisation pour l’Espagne. Au milieu des années 1970, l’Espagne connaît une période de modernisation, avec l’apparition de restaurants de luxe, de compagnies d’assurances et un grand développement économique, qui conduit la grande bourgeoisie et la petite noblesse à s’allier. Parallèlement, des intrigues se déroulent à Paris autour des exilés espagnols et au Maroc, territoire des colonies.
Cinquième série des Episodes nationaux
La cinquième, dernière et inachevée, commence par le triomphe de la Glorieuse Révolution et la fin du règne d’Isabelle II. Les six romans qui composent cette partie sont beaucoup plus biographiques, puisque Galdós a vécu la période de la Restauration. Ils se concentrent également davantage sur ce qu’Unamuno appelait l’intrahistoire, c’est-à-dire la vie des individus dans le contexte historique, toujours présent. Plusieurs années s’écoulent, entrecoupées de vacance du pouvoir, de tentatives de nouvelle monarchie et de république. Tristement, cette série est restée inachevée.
Résumé par romans des Episodes nationaux
Étant donné le nombre considérable d’événements et d’histoires qui sont racontés dans les épisodes nationaux, il est préférable de faire un résumé de chacun d’entre eux individuellement.
Série I, Trafalgar
Le premier de ces épisodes nationaux commence avec Gabriel de Araceli, âgé de quatorze ans. Sans trop savoir comment, ce petit voyou plein d’esprit se retrouve au service d’un vétéran de l’armée. Tous deux sont ainsi impliqués dans la bataille de Trafalgar. Le navire amiral de l’Armada espagnole, la Santísima Trinidad, est ici utilisé. Dans cette bataille navale, l’alliance entre le Royaume-Uni, l’Autriche, la Russie, Naples et la Suède a tenté de limiter l’expansion napoléonienne de 1805. Galdós raconte donc les événements avec de grandes proportions épiques et donne un caractère héroïque à son protagoniste.
Série I, La cour de Charles IV
Après avoir participé à la bataille de Trafalgar, Gabriel commence à vivre à la cour. Ce deuxième épisode se déroule donc deux ans après la défaite, en 1807. Notre protagoniste est maintenant un peu plus âgé et travaille comme serviteur d’une actrice, grâce à laquelle il rencontre et tombe amoureux d’Inés. Il devient ensuite le serviteur d’un aristocrate, ce qui lui confère une position privilégiée pour assister aux intrigues et aux luttes qui se déroulent au sein de la cour de Charles IV. Notamment entre Godoy, le favori du roi, et le prince Ferdinand de l’époque.
Série I, 19 mars et 2 mai
L’un des événements les plus importants relatés ici est l’émeute d’Aranjuez (19 mars), fomentée par le prince Ferdinand et conduisant au renversement de Charles IV et de Godoy. Cependant, elle a également conduit à l’intervention (et à la conquête) des Français en 1808 et au soulèvement du 2 mai qui a suivi. Galdós raconte l’histoire de ce soulèvement du peuple espagnol contre l’empire napoléonien. Il le fait à travers Gabriel, sa famille et ses amis, qui n’ont pas hésité à se joindre au combat.
Série I, Bailén
Gabriel est à nouveau le protagoniste de cet épisode, qui se concentre sur l’un des événements les plus épiques et les plus importants du début du 19e siècle en Espagne : la victoire des troupes du général Castaño contre les Français. Elle a lieu en juillet 1808, lorsque le général a rassemblé ses soldats et a réussi à vaincre trois divisions napoléoniennes, en les prenant d’assaut sur la route de Cordoue.
Série I, Napoléon à Chamartin
Avec plus de vingt mille prisonniers français et la défaite de Castaño et de ses hommes, Napoléon doit se rendre en Espagne pour réorganiser son armée. C’est cet épisode qui est raconté dans le cinquième roman de la première série. Par la voix de Gabriel, Galdós raconte comment la solution de l’empereur français a été d’encercler Madrid. Les Madrilènes, que l’auteur décrit de manière détaillée et réaliste, se préparent à affronter les Français, en tentant de reconnaître Joseph Bonaparte comme Joseph Ier d’Espagne. Une chose qui finit par se produire à la fin de la pièce.
Série I, Saragosse
La guerre d’indépendance se poursuit. Dans cet épisode Gabriel raconte à la première personne le deuxième siège de Saragosse qui a eu lieu en 1809. Le protagoniste s’enfuit dans cette ville pour rejoindre les troupes, où il rencontre la dure réalité de la guerre : la stratégie, le manque de nourriture, la violence et, surtout, l’épidémie de fièvre jaune qui secoue les habitants et les place dans une position d’infériorité encore plus grande par rapport aux Français. Pendant cet épisode, Gabriel vit avec d’autres personnages fictifs mais aussi avec dees personnages réels et des personnages historiques, comme le général Palafox.
Série I, Gérone
Contrairement aux autres romans de cette première série, Gérone n’est pas raconté par Gabriel, mais par Andrés Marijuán, qui est apparu en arrière-plan dans l’épisode de Bailén. Cet homme raconte ce qui s’est passé à Gérone pendant le siège français. C’est une période de grande faiblesse, de manque de ressources et de désespoir pour l’armée espagnole, qui a perdu toutes les batailles à l’exception de Bailén. C’est dans cette situation qu’Andrés nous raconte l’arrivée de Gabriel, qu’il met au courant de tout ce qui s’est passé à Gérone et de son service auprès d’Álvarez de Castro.
Série I, Cadix
En 1812, le célèbre Cortès de Cadix. Nous savons ce qui s’est passé au cours de ce processus historique grâce à Gabriel, qui joue une fois de plus le rôle de narrateur. Il nous raconte ce qui a été discuté lors des séances et comment, après de grandes discussions politiques, une constitution a été élaborée, qui avait un caractère progressiste pour l’époque. Galdós semble être objectif sur cet événement. Malgré ses licences littéraires, il parvient à capturer tout ce qui s’est passé d’une manière synthétique et assez précise.
Série I, Juan Martín el Empecinado
Dans cet épisode, Gabriel est déjà officier dans l’armée et décide de s’engager dans la guérilla. Galdós dresse un portrait très détaillé de cet homme et de sa capacité à remporter des victoires dans des conditions difficiles. Cependant, il fait également une critique voilée de cette typologie du leader sans éthique.
Série I, La bataille d’Arapiles
Le dernier des épisodes de la première série raconte le début de la fin de la longue guerre d’indépendance. Galdós nous emmène en voyage jusqu’aux Arapiles, où se déroula la bataille définitive qui mit fin à la domination française. Le roman commence par le rassemblement à Salamanque des troupes alliées (Portugal, Espagne et Grande-Bretagne), dirigées par l’historique Lord Wellington, que Galdós décrit en détail. Cependant, la majeure partie du roman est consacrée à la narration de la bataille elle-même. À la fin, Gabriel réussit à retrouver Inés et à s’installer à Madrid.
Série II, Les bagages du roi Joseph
Salvador Monsalud se présente comme un homme libéral, ancien soldat de Joseph Bonaparte. Cet épisode raconte le fanatisme à l’égard de Ferdinand VII et l’absolutisme que les Français ont laissés derrière eux lorsqu’ils ont fui après avoir perdu la guerre d’indépendance. Les événements sont racontés à la troisième personne, par différentes voix (pas seulement celle de Monsalud). Pour échapper à la pauvreté, le protagoniste s’enrôle dans la Guarda Jurada et commence à voyager à travers l’Espagne d’après-guerre, toujours avec un regard pessimiste. Ses voyages sont aussi le début de son histoire personnelle, pleine d’aventures amoureuses, ce qui donne à la série une touche plus folklorique.
Série II, Mémoires d’un courtisan en 1815
Par l’intermédiaire de Juan Bragas de Pipaón, Galdós nous propose un ton très humoristique et cynique. L’histoire se déroule à la cour de Ferdinand VII, où l’absolutisme permet presque tout. Les épisodes se succèdent, au cours desquels ceux qui le peuvent profitent de la situation de manière égoïste et sans penser à l’Espagne.
Série II, La deuxième jaquette
Pipaón est désenchanté par ce qu’il voit à la cour de Ferdinand VII. La Révolution espagnole gronde, et beaucoup d’Espagnols, également désespérés par le régime absolutiste, commencent à se rallier. C’est le germe qui a donné naissance au soulèvement de Riego et à l’assermentation de la Constitution par Ferdinand VII, qui marque le début du triennat libéral. Ce roman mêle la terreur de l’Inquisition avant le libéralisme et les conflits politiques aux intrigues plus folles des personnages.
Série II, Le Grand Est
Le Grand Orient a réellement existé. Il s’agissait d’une association secrète qui a tenté de rétablir l’absolutisme et de mettre en échec la vie politique de l’Espagne entre 1820 et 1823, pendant le triennat libéral. Il s’agit d’une période d’intrigues sociopolitiques qui se mêlent à celles, plus personnelles, de Monsalud, qui redevient le protagoniste d’un épisode. Malgré la lourdeur du contenu et des personnages historiques, Galdós parvient à donner un bon rythme à son roman.
Série II, 7 juillet
Ce cinquième épisode de la deuxième série de Galdós nous ramène à la tentative de coup d’État de la Garde royale qui, en 1822, a tenté de proclamer un régime absolutiste. Afin de représenter les débats politiques de l’époque et les opinions opposées, l’auteur inclut plusieurs personnages aux idéologies différentes. Monsalud est un libéral, mais son père est un absolutiste, par exemple.
Série II, Les cent mille fils de Saint Louis
Ferdinand VII veut mettre fin au triennat libéral et s’allie pour cela aux Français, qui lui envoient la fameuse armée des cent mille fils de Saint Louis. Cette fois, Galdós donne la parole à Jenara, la fiancée de Monsalud, qui raconte ce qui s’est passé d’un point de vue démagogique. Elle joue un rôle important dans l’épisode, devenant même la négociatrice du roi et côtoyant des personnages historiques. À la fin, le roi et le régime absolutiste sont restaurés.
Série II, La terreur de 1824
Monsalud, comme beaucoup d’autres libéraux, a été persécuté et emprisonné lorsque Ferdinand VII a retrouvé le pouvoir absolu. L’événement le plus important en termes de valeur et de signification est l’exécution de Rafael del Riego, leader libéral. C’est ainsi qu’a commencé la décennie noire et sa terreur.
Série II, Un volontaire réaliste
Galdós présente ici Pepet Armengol, un volontaire royaliste de Catalogne. Il avait fait partie du corps de soldats de la milice que Ferdinand VII avait formée pour restaurer son pouvoir. Cependant, en 1827, ce groupe de volontaires a considéré Ferdinand VII comme modéré et a planifié un soulèvement contre lui. C’est ce qu’ils firent lors de ce que l’on appelle la Guerre des lésés, bien qu’ils soient vaincus.
Série II, Les Apostoliques
Il se concentre sur l’arrivée de María Cristina de Borbón, épouse de Ferdinand VII et future mère d’Isabelle II, et sur le début des guerres carlistes. Ce conflit est dû au fait que la nouvelle reine a réussi à faire signer son mari, déjà mourant, pour que sa fille hérite du trône.
Série II, Un factionnaire de plus et quelques frères de moins
Galdós raconte la dernière année de la vie du roi. Sa fille devant devenir reine, le frère de Ferdinand VII, Don Carlos, gagne des appuis et déclenche une guerre civile parce qu’il veut être l’héritier. Finalement, ses troupes se retirent et María Cristina est proclamée reine régente. L’auteur raconte tout cela à travers Monsalud (libéral) et son frère (carliste).
Série III, Zumalacárregui
Il s’agit d’un roman d’initiation dont les personnages ne réapparaissent pas. Au centre de l’histoire se trouve la figure de Zumalacárregui, un officier militaire carliste. Par l’intermédiaire d’un aumônier dont il a la charge, José Fago, Galdós raconte les avancées des troupes de Carlos de Borbón.
Série III, Mendizábal
Mendizábal est le ministre qui a initié l’initiative du désaisissement des biens de l’Église qui n’étaient pas utilisés. C’est cet événement que Galdós raconte dans cet épisode. Le personnage principal est Fernando Calpena, un romantique qui rencontre le ministre, ce qui lui sert de prétexte pour raconter les événements.
Série III, D’Oñate à La Granja
Dans ce roman, Galdós présente de manière très descriptive les confrontation entre les deux Espagnes. Il le fait en racontant la tentative presque victorieuse des troupes carlistes de déposer María Cristina et sa fille Isabel II, encore mineure à l’époque, lors de la « mutinerie des sergents ». Ce soulèvement a consisté en un assaut contre La Granja, où se trouvaient sa belle-sœur et sa nièce.
Série III, Luchana
Galdós est toujours dans la première guerre carliste, notamment la bataille de Luchana, à Bilbao. Là, alors que la ville est assiégée par les troupes carlistes, le personnage principal, Calpena, se retrouve au milieu d’un triangle amoureux. À la fin, le Général Espartero est envoyé par María Cristina, libérée de Bilbao.
Série III, La campagne du Maestrazgo
Le titre dérive de la bataille entre le général carliste Ramón Cabrera et les armées de María Cristina, qui s’est déroulée dans le Maestrazgo. Le rôle du protagoniste passe de Calpena à Beltrán de Urdaneta, un noble emprisonné par les troupes de Cabrera.
Série III, La Stafeta romantique
Cet épisode maintient un style épistolaire. Le récit est basé sur des lettres échangées entre Fernando Calpena et son ami et ecclésiastique Pedro Hillo. À travers ces missives, Galdós retrace des événements historiques tels que la tentative de prise de Madrid par Charles et la signature d’une une nouvelle constitution par la reine régente. Il mentionne également le suicide de Larra, célèbre écrivain et journaliste romantique.
Série III, Vergara
Nous nous trouvons en 1839, époque de l’étreinte de Vergara entre Espartero et l’armée carliste du général Maroto. Cet accord signifiait une trêve de six ans dans la guerre civile. Calpena a joué un rôle important dans cet accord, car il faisait partie des troupes d’Espartero et servait de messager entre Espartero et Maroto.
Série III, Montes de Oca
Cet épisode se déroule entre 1840 et 1841 dans plusieurs villes espagnoles. Le protagoniste de ce roman est Santiago Ibero, partisan d’Espartero, qui vient d’être nommé régent à la suite de l’abdication de María Cristina.
Série III, Les Ayacuchos
Les Ayacuchos étaient la garde d’Espartero, sous le règne duquel se déroule cet épisode. L’auteur décrit la tentative d’enlèvement d’Isabelle II par les modérés et le soulèvement de Barcelone, qui a été bombardé en réponse.
Série III, Mariages royaux
La troisième série des Episodes nationaux de Galdós se termine par le mariage entre Isabelle II et son cousin Francisco de Asís. Cet événement marque le début du règne d’Isabelle II, sans régence. À cette occasion, les personnages fictifs sont ceux de la famille Carrasco, dont le père tente d’entamer une carrière politique à une époque où l’Espagne est en pleine mutation.
Série IV, Les tempêtes de 48
José García Fajardo commence son rôle de narrateur de l’histoire à travers son journal. Grâce à ces mémoires, Galdós pénètre dans l’esprit et l’âme (et la décadence) de la société espagnole.
Série IV, Narvaez
Isabelle II accorde un entretien au protagoniste de cette série, José García Fajardo. À travers les notes qu’il prend dans son journal, Galdós décrit ce qu’était la classe monarchiste et plus particulièrement la reine.
Série IV, Les elfes de la clique
Cet épisode raconte ce qui s’est passé en 1850 après la chute politique du modéré Nárvaez et l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement du libéral Bravo Murillo. Au cours de cette période, de nombreux avantages ont été rétablis pour l’Église. La religion catholique a été reconnue comme la seule religion en Espagne. Galdós décrit un pays parcouru de mouvements réactionnaires, avec la tentative d’assassinat de la reine par un ecclésiastique libéral. Comme d’habitude, l’auteur montre comment ce qui se passe en haut lieu influence ceux qui sont en bas de l’échelle.
Série IV, La révolution de juillet
Dans son journal, Fajardo raconte les intrigues personnelles et politiques qui assaillent l’Espagne. Deux événements historiques sont d’une grande importance dans cet épisode. D’une part, les procès contre l’ecclésiastique qui a tenté d’assassiner la reine. D’autre part, la révolution de juillet (la Vicalvarada), menée par le modéré Leopoldo O’Donnell.
Série IV, O’Donnell
Le cinquième épisode de la quatrième série des Episodes nationaux se concentre sur la figure de Leopoldo O’Donnell et le soulèvement qu’il a organisé. Nous savons ce qui s’est passé grâce aux notes d’un nouveau personnage galdosien, Clío de Apolo. Cette période comprend également la chute des différents dirigeants modérés de l’époque et le second désengagement de l’Église.
Série IV, Aita Tettauen
Cet épisode, et les deux suivants, sont consacrés à la politique étrangère de l’Espagne. Galdós y raconte l’intention de l’Espagne, gouvernée par O’Donnell, de s’emparer de territoires tels que Tetuan. Il décrit les pertes humaines et les batailles de l’armée espagnole. La guerre d’Afrique aboutit à la consolidation de la présence espagnole dans la région. C’est un roman pour lequel Galdós s’est même déplacé en Afrique du Nord, ce qui lui a permis de mieux faire comprendre ce qui s’est passé et certains éléments culturels et linguistiques de la région.
Série IV, Charles VI à La Rapita
Ce chapitre continue l’histoire de l’Afrique du Nord, bien que, d’après le titre, on puisse s’attendre à ce qu’il aborde également la tentative de coup d’État des troupes carlistes en 1860. Plusieurs experts s’accordent à dire que dans ce roman, Galdós prend pour référence l’histoire du Captif.
Série IV, Autour du monde sur le Numancia
Diego Ansúrez est le narrateur de cet épisode, qui s’étend de 1860 à 1867. L’histoire se concentre sur l’intervention fatidique de l’armée espagnole, plus précisément de la Numancia, au Pérou et au Chili pendant la guerre du Pacifique. Galdós n’épargne aucun détail pour décrire le conflit et les bombardements. Cet épisode est intéressant car il nous permet de voir les populations péruviennes et chiliennes à travers les yeux des personnages de Galdós.
Série IV, Prim
Prim était un général progressiste qui voulait rompre avec les traditions impérialistes et cléricales. Pour Galdós, il est donc une référence républicaine, une idéologie dont l’auteur se rapproche de plus en plus. Cette période est celle qu’il a lui-même vécue dans sa jeunesse madrilène. C’est pourquoi il utilise deux personnages, Iberito et Teresa, pour représenter la nostalgie d’un changement à venir.
Série IV, Celui des tristes destins
Enfin, Isabelle II quitte le trône et part en exil. Galdós considère cet événement comme important, car il marque la fin d’un règne frivole fondé sur l’immoralité. Il reflète cette idée à travers les personnages de Santiago Ibero et Teresa Villaescusa, qui incarnent le désir de liberté. Galdós pensait que ce serait le dernier épisode.
Série V, L’Espagne sans roi
Après l’exil d’Isabelle II, l’Espagne est divisée entre monarchistes et républicains. En toile de fond, nous avons l’histoire de la famille de Santiago Ibero, dont les conversations nous donnent un aperçu des querelles politiques de l’époque.
Série V, Tragique Espagne
Vicente Halconero est le narrateur de cet épisode, un homme dont la personnalité est assez proche de celle de Galdós. Cette façon de raconter l’histoire nous permet de comprendre son idéologie et son esprit. Il couvre des événements très tragiques, comme l’assassinat du général Prim ou celui de l’infant Enrique de Borbón après un duel contre le duc de Montpensier.
Série V, Amadeo I
Galdós s’éloigne du réalisme dans cet épisode plus fictif et fantaisiste que les autres. Pour commencer, un nouveau personnage est inventé, Tito Liviano, qui est journaliste et républicain. Apparaît également Mariclío, une sorte de sorcière qui transforme Tito Liviano en lutin invisible afin qu’il puisse être le témoin d’événements politiques majeurs. Parmi ces événements, citons la tentative des carlistes de déclencher une nouvelle guerre ou le court règne d’Amadeo de Savoie, qui finit par abdiquer et proclame ainsi la Première République.
Série V, La première République
Le premier président républicain fut Figueras, qui dut faire face à un pays en crise et toujours victime des insurrections carlistes et cantonalistes. Plusieurs gouvernements se succèdent, que Galdós raconte grâce aux personnages de l’épisode précédent : Tito Liviano et Mariclío.
Série V, De Carthage à Sagunto
Tito Liviano, comme Galdós, qui devenait aveugle, se trouve dans un état complexe dans lequel il mélange la réalité et le rêve. Dans cette situation, il visite des maisons closes dans toute l’Espagne, montrant son mépris et son désaccord avec la société religieuse et puritaine. Vers la fin du roman, il se retrouve à Carthagène, où il vit le siège de la ville par les troupes cantonalistes. Tout se termine par la chute du gouvernement républicain et le rétablissement de la monarchie.
Série V, Cánovas
Les dernières années que Galdós passe en revue dans ses Épisodes se situent entre 1874 et 1880. Il situe les événements dans le sillage du pronunciamiento militaire, qui a engendré la fin de la Première République et l’alternance au gouvernement de Cánovas et Sagasta. Galdós utilise le personnage de Mariclío pour exprimer ses conclusions sur tout ce qui s’est passé.
Pourquoi lire les Épisodes nationaux par Galdós ?
Comme vous pouvez le voir dans le résumé des Épisodes nationaux de Benito Pérez Galdós, avec cette œuvre vous pouvez comprendre non seulement la littérature galdosienne mais aussi un siècle d’histoire.
C’est une façon très divertissante d’aborder ces événements qui ont eu une telle influence sur la politique et la société espagnoles à notre époque. Cela est dû au fait que Galdós mélange de manière très intelligente personnages réels et personnages fictifs. Les deux plans se combinent et se complètent pour que le récit soit plus complexe, plus complet et plus riche.
Ce qui est peut-être le plus intéressant, c’est que vous pouvez les lire à n’importe quel moment et qu’ils conservent la même pertinence. De plus, bien qu’ils soient classés par ordre chronologique, vous pouvez les aborder à votre guise et même n’en lire qu’un seul.
Que nous apporte la lecture des Épisodes nationaux ?
Souvent, trop souvent, notre approche de l’histoire est celle de l’étude et de l’érudition. En réalité, cela nous éloigne de l’histoire. Galdós a trouvé une formule presque magique pour montrer ce qui s’est passé dans un siècle convulsif, et pour l’écrire avec un bon rythme narratif.
Au-delà du fait que les Épisodes nationaux nous aident à comprendre notre passé, ils le font en racontant l’histoire de ceux qui sont au bas de l’échelle. Il insère des épisodes quotidiens dans les épisodes les plus épiques et les plus importants de l’histoire. En d’autres termes, Galdós raconte ce qui s’est passé non pas à travers les personnages principaux, même s’ils sont nombreux, mais à travers la bouche des personnes (inventées) qui ont vécu, ressenti et souffert.
Par conséquent, si vous lisez les Épisodes, vous rencontrerez la réalité des gens et leur propre épopée et leur héroïsme. Non ceux de ces rois, politiciens ou généraux qui ont déjà trop de biographies et de livres écrits en leur nom. En bref, il s’agit d’une nouvelle façon de comprendre l’histoire.
Si vous avez aimé ce résumé des Episodes nationaux de Pérez Galdós, lisez vite l’ensemble de l’œuvre (ou au moins quelques-uns des romans) !
En tant que spécialiste de la littérature Européenne, j'ai toujours été intéressée par les différentes façons dont les écrivains de différentes cultures abordent leur travail. Je suis née en France, et mes parents étaient tous deux enseignants. J'ai grandi dans un foyer rempli de livres, et mon amour pour la littérature s'est développé très tôt.
J'ai étudié l'anglais à l'université et, une fois diplômée, j'ai déménagé à Londres pour poursuivre ma passion pour l'écriture. Je vis maintenant Nice depuis plus de dix ans, et mon travail a été publié au sein de plusieurs sites Web, magazines et revues spécialisées.
J'ai bien évidemment étudié en profondeur tous les classiques de la littérature espagnole, française, anglaise. Mais ce que j'aime vraiment, c'est explorer le travail d'écrivains contemporains issus de cultures et de milieux différents. À mon avis, il n'y a pas une seule "bonne" façon d'écrire de la littérature. Chaque écrivain a sa propre voix unique, et c'est cette diversité qui rend la littérature si intéressante.
Je crois que chaque personne a une histoire à raconter, et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'en parler. C'est ainsi que je m'intéresse particulièrement à la manière dont ils sont influencés par leur milieu culturel. Je crois que la littérature peut être un outil puissant pour comprendre le monde qui nous entoure, et je m'efforce d'apporter cette compréhension à mes lecteurs.
Je suis toujours à la recherche d'écrivains nouveaux et passionnants à lire, et j'espère que mes articles et résumés de livres vous feront découvrir quelques-uns des meilleurs ouvrages contemporains du monde entier. Merci de vous joindre à moi dans ce voyage littéraire !



